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M/S : médecine sciences

Volume 22, numéro 2, février 2006, p. 206-211

La peau

Direction : Michel Bergeron (directeur) et Jean-Claude Dufour (directeur)

Rédaction : Gérard Friedlander (rédacteur en chef) et Michel Bouvier (rédacteur en chef)

Éditeurs : SRMS: Société de la revue médecine/sciences et Éditions EDK

ISSN : 0767-0974 (imprimé)  1911-0561 (numérique)

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Article

Progrès scientifiques et nouvelles armes biologiques

Patrick Berche

Service de microbiologie,

Hôpital Necker-Enfants-malades,

149, rue de Sèvres,

75015 Paris,

France.

berche@necker.fr

Résumé

Les armes biologiques sont différentes des armes conventionnelles, car les germes vivants détiennent un extraordinaire et imprévisible potentiel de multiplication, de propagation et de variation génétique au cours de leur diffusion dans une population sensible. Aux pathogènes naturels (armes de 1re génération), seuls utilisés dans le passé (variole, peste, charbon, toxines…), s’ajoutent des menaces nouvelles liées aux rapides progrès des connaissances scientifiques et à leur diffusion exponentielle sur Internet. Il est aujourd’hui possible de synthétiser des micro-organismes à partir de leurs séquences in silico (poliovirus, influenza…), « désanctuarisant » certains agents très dangereux conservés par quelques laboratoires de haute sécurité (virus Ebola…). Les germes pathogènes sont améliorables par manipulation génétique, les rendant plus résistants ou plus virulents (armes de 2e génération). Enfin, on peut créer de novo des agents infectieux nouveaux par « évolution moléculaire dirigée » (armes de 3e génération), aux effets potentiellement dévastateurs pour des populations « naïves ». La fabrication d’armes biologiques ne requiert pas d’importants moyens techniques et est accessible aux terroristes, notamment du fait de leur faible coût et de leur facilité d’emploi. Si les conséquences destructrices sont difficilement prévisibles, on sait que les dégâts psychologiques et sociaux seront considérables, du fait de la forte charge émotionnelle dans la population liée à cette transgression par l’homme d’un tabou de la vie.

Summary

Scientific progress and new biological weapons

The biological weapons are different from conventional weapons, because living germs hold an extraordinary and predictable potential for multiplication, propagation and genetic variation during their dissemination in a susceptible population. Only natural pathogens (1rst generation weapons) have been used in the past (smallpox virus, plague, anthrax, toxins…). However, new threats are emerging, due to the rapid progress of scientific knowledge and its exponential worldwide diffusion. It is possible to synthesize microorganisms from in silico sequences widely diffused on Internet (poliovirus, influenza…), thus resulting in the accessibility of very dangerous virus confined today in high-security laboratories (virus Ebola…). It is possible also to « improve » pathogens by genetic manipulations, becoming more resistant or virulent (2nd generation weapons). Finally, one can now create de novo new pathogens by molecular breeding (DNA shuffling), potentially highly dangerous for naive populations (3rd generation weapons). Making biological weapons does not require too much technological resources and appears accessible to terrorists, due to low cost and easy use. Although the destructive consequences are difficult to predict, the psychological and social damages should be considerable, because of the highly emotional burden in the population associated to the transgression by man of a taboo of life.

Auteur : Patrick Berche
Titre : Progrès scientifiques et nouvelles armes biologiques
Revue : M/S : médecine sciences, Volume 22, numéro 2, février 2006, p. 206-211
URI : http://id.erudit.org/iderudit/012394ar

Tous droits réservés © M/S : médecine sciences, 2006

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