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Philosophiques

Volume 21, numéro 1, printemps 1994, p. 125-135

Direction : Josiane Boulad-Ayoub (directeur) et Daniel Dumouchel (directeur adjoint)

Éditeur : Société de philosophie du Québec

ISSN : 0316-2923 (imprimé)  1492-1391 (numérique)

DOI : 10.7202/027253ar

philoso
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Article

Le Socrate malsain de l'Assemblée nationale : Burke et Rousseau

Patrick Thierry

RÉSUMÉ

Que Burke se soit vu rapproché de Rousseau peut déconcerter : l'intéressé d'abord, sans doute, le lecteur des deux ensuite. Burke fait en effet de Rousseau le responsable sur le plan de la moralité des divagations et des excès de l'époque révolutionnaire et lui confère ainsi la dimension d'un Contre-éducateur. Le rapprochement cependant n'est pas inconcevable à partir du moment où chez tous deux l'écart se marque avec les théories contractualistes et où l'on prend en compte la conception organique que se fait Burke du corps social. Mais Rousseau est un bien médiocre théoricien à ses yeux et ses talents littéraires sont nettement plus dévastateurs. Ce qu'il fait des passions humaines provoque l'irruption de la sentimentalité intempérée dans le champ du politique et cet effet est bien plus décisif pour le juger. La réponse de Burke est donc morale; cela fait qu'il peut se dispenser d'une réfutation — qui aurait pu être plus délicate — des thèses politiques.

ABSTRACT

It must have seemed strange enough for Burke to be told that there was a deep agreement between himself and Jean-Jacques Rousseau. Rousseau's ideas are for Burke the storehouse of revolutionary morals and the Nouvelle Héloïse provides the members of the National Assembly with a convenient textbook. This kind of thinking is unfit, in Burke's eyes, for a serious perusal and his followers must be hold in disgust. Nevertheless, likes and dislikes are not satisfactory explanations and as Burke is, even unwillingly, a political philosopher, he needed to be compared to Rousseau on some essential topics : the general will, the organic nature of society, the critique of contractualism.

Auteur : Patrick Thierry
Titre : Le Socrate malsain de l'Assemblée nationale : Burke et Rousseau
Revue : Philosophiques, Volume 21, numéro 1, printemps 1994, p. 125-135
URI : http://id.erudit.org/iderudit/027253ar
DOI : 10.7202/027253ar

Tous droits réservés © Société de philosophie du Québec, 1994

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