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Philosophiques

Volume 31, numéro 2, automne 2004, p. 439-443

Direction : Denis Fisette (directeur) et Christine Tappolet (directrice adjointe)

Éditeur : Société de philosophie du Québec

ISSN : 0316-2923 (imprimé)  1492-1391 (numérique)

DOI : 10.7202/009822ar

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Compte rendu

Denis Fisette et Sandra Lapointe (dir.), Aux origines de la phénoménologie. Husserl et le contexte des Recherches Logiques, Paris et Québec : Vrin et Presses de l’Université Laval, coll. « Zêtêsis », 2003, 311 pages.

Bruno Leclercq

Université de Liège


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Bien qu’il soit aujourd’hui plus que centenaire, le projet philosophique de la phénoménologie tel qu’Husserl en dessina l’esquisse dans les deux tomes de ses Recherches logiques continue d’intriguer. L’évolution propre de la pensée husserlienne, mais aussi et surtout l’extraordinaire influence qu’elle a eue sur la philosophie du xxe siècle et le grand nombre d’auteurs qui, à la suite de Husserl, ont revendiqué pour leurs travaux le titre de « phénoménologie », ont en effet eu pour paradoxale conséquence d’obscurcir sensiblement les ambitions et les thèses initiales de celui qui fut à la fois l’élève de Kronecker et Weierstraß et celui de Brentano et Stumpf. À cet égard, resituer dans son contexte cette « oeuvre de percée » que constituent indissociablement les Prolégomènes à la logique pure et les six Recherches pour la phénoménologie et la théorie de la connaissance ne peut que faire oeuvre utile. Or, c’est précisément à ce travail que se sont attelés une série de philosophes et historiens de la philosophie réunis autour de Denis Fisette et Sandra Lapointe, co-directeurs de l’ouvrage collectif intitulé Aux origines de la phénoménologie. Husserl et le contexte des Recherches logiques.

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À vrai dire, le décor général des Recherches logiques est déjà planté par Fisette dès l’introduction à ce riche volume. Les héritages, notamment brentanien et bolzanien, sont rappelés, mais est aussi mise en évidence, dans une note très intéressante, une filiation psycho-phénoménologique kantienne qui passe par Reinhold, Fries, Beneke et Herbart. La place des Recherches dans l’itinéraire philosophique personnel de Husserl est également reprécisée. Des indications utiles sont en outre fournies tant sur la toute première réception des Recherches que sur les influences spécifiques qu’aura cette élaboration du projet phénoménologique, indépendamment de son développement ultérieur par Husserl.

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Les études des différents contributeurs se focalisent alors sur des éléments particuliers de ce décor général. Ainsi, Sandra Lapointe et Paul Rusnock s’intéressent à certains aspects méconnus de l’héritage bolzanien des Recherches logiques. La première souligne la thématisation, dans les Recherches, d’un « principe de priorité » — priorité sémantique de l’énoncé sur ses termes —, et d’un « principe de contexte » — les termes n’ont pas de signification isolée, mais seulement dans le contexte d’un énoncé —, dont la formulation diffère cependant sur certains points significatifs de celle que Frege en avait donnée quelques années auparavant avec l’importance que l’on sait pour le développement de la philosophie analytique. Or, selon Lapointe, les particularités de la conception husserlienne de ces deux principes — et notamment leur insertion dans une critique de la théorie picturale de la représentation, le crédit accordé à la possibilité d’une nominalisation des contenus propositionnels, mais aussi les réserves maintenues à l’égard du principe de contexte, régulièrement contrebalancé chez Husserl par des affirmations qui vont plutôt dans le sens inverse d’une compositionalité intrapropositionnelle des significations —, correspondent dans une large mesure à des réflexions déjà présentes dans la Wissenschaftslehre de Bolzano, dont l’articulation sémantique/syntaxique reçoit d’ailleurs, par cette même comparaison, un nouvel éclairage.

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Paul Rusnock se penche pour sa part sur la notion bolzanienne d’« intuition » — dans son opposition à la notion de « concept » — et il montre combien elle préfigure certaines des réflexions les plus originales de la philosophie analytique, y compris post-frégéenne, comme la dualité russello-quinienne des authentiques indexicaux et des descriptions définies ou même la conception kripkéenne des termes d’espèces naturelles comme des indexicaux. Le seul regret qu’on puisse avoir face à ce stimulant travail, c’est que le rapport de cette notion bolzanienne d’intuition avec la notion d’intuition mise en place dans les Recherches logiques ne soit pas davantage analysé.

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À côté de celle de Bolzano, l’influence de l’école brentanienne est elle aussi envisagée, sous l’angle cependant original de l’importante médiation de Carl Stumpf. Guillaume Fréchette souligne en effet la distinction opérée par Stumpf entre la matière et le contenu du jugement, distinction qui le mène à accorder, contrairement à l’empiriste Brentano, une certaine objectivité et une certaine autonomie aux états de choses. Fréchette met alors en évidence tout à la fois le profit qu’Husserl tire de cet enseignement et les modifications qu’il lui fait subir dans les Recherches logiques. Il montre aussi et surtout les critiques que Daubert adressera très tôt à Husserl à cet égard, critiques qui mèneront Daubert à parler de « Kenntnisverhalt » à côté du « Sachverhalt », mais critiques qui mèneront aussi Husserl à réélaborer en 1908 sa théorie des états de choses pour les doubler de « situations de choses ».

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La genèse proprement husserlienne des Recherches logiques et la continuité de ces études de 1900-1901 avec les travaux antérieurs de Husserl est quant à elle envisagée par trois des collaborateurs de ce collectif. Depuis une quinzaine d’années, plusieurs commentateurs ont montré comment le thème logique s’était progressivement imposé dans les réflexions husserliennes à la suite de difficultés — rencontrées au début des années 1890 — à penser l’arithmétique comme pur système symbolico-déductif ; sur ce point, l’abandon de certaines des positions de la Philosophie de l’arithmétique au profit d’une conception théorique — et non plus normative — de la logique, mais en faveur aussi de l’adoption d’une doctrine générale des formes de théorie possibles qui place Husserl au plus proche du formalisme hilbertien lors de son arrivée à Göttingen, est désormais bien connu.

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René Jagnow, pour sa part, s’intéresse aux préoccupations géométriques de Husserl, préoccupations initiées pendant cette même période de maturation des Recherches logiques. Distinguant la géométrie formelle d’un Hilbert, la géométrie appliquée des physiciens et, à leur intermédiaire, une géométrie « matérielle » qui serait, comme chez Kant, synthétique a priori et fondée dans l’intuition pure, Jagnow montre les difficultés que rencontre Husserl — comme Carnap après lui, quoique pour d’autres raisons — à penser cette géométrie matérielle sans la dissoudre dans les pures formes non déterminées intuitivement de la géométrie formelle. Cette démonstration, que Jagnow poursuit au-delà des Recherches jusqu’aux leçons sur Chose et espace, est assez convaincante. À lire ces considérations, cependant, on en vient à se demander si tout le travail de Husserl pendant ces années-là n’est pas précisément d’interroger cette dissolution des mathématiques intuitives dans les mathématiques formelles, c’est-à-dire ce saut que la géométrie comme l’arithmétique effectuent des rapports intuitifs aux rapports purement formels, saut qui prétend néanmoins inscrire les seconds dans la continuité des premiers, si bien qu’ils peuvent toujours être qualifiés de « géométriques » ou d’« arithmétiques ».

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Robert Brisart et Denis Fisette font, quant à eux, l’un et l’autre de manière très éclairante, porter sur le versant « psychologique » du travail husserlien leur recherche de fils conducteurs entre la Philosophie de l’arithmétique et les Recherches logiques. C’est de la doctrine husserlienne des actes d’abstraction que Robert Brisart suit l’évolution dans la multitude de textes épars des années 1890. Si la doctrine de l’abstraction de la Philosophie de l’arithmétique recelait effectivement encore des ambiguïtés qui lui vaudront, on le sait, la féroce critique antipsychologiste de Frege, Brisart montre qu’elle contient aussi en germe, comme Couturat l’avait bien vu, une théorie de l’abstraction catégoriale pensée autour de la notion formelle d’objet en général et conçue en outre dans les termes d’une réflexion sur les actes proprement psychiques d’abstraction. Avec cette théorie, Husserl tenait donc déjà en main les clés d’une constitution non psychologique des significations formelles et de leur fondation dans des représentations intuitives susceptibles de leur conférer leur caractère d’objectivité ; ce que Brisart montre bien à propos de l’exemple géométrique comme de l’exemple arithmétique.

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C’est la caractérisation « psychologique » des représentations sans objet que, de son côté, Denis Fisette choisit comme fil conducteur. Or ce fil est lui aussi un excellent guide dans la mesure où il rend parfaitement compte de la succession des développements de Semiotik, d’Anschauung und Repräsentation, des Psychologische Studien et de Intentionale Gegenstände, développements qui préfigurent, on le sait, de nombreuses analyses des Recherches logiques. Mais le mérite du texte de Denis Fisette est aussi de montrer le parallélisme et la cohérence de ces développements husserliens sur le versant « psychologique » avec ses développements contemporains sur le versant logico-mathématique, et en particulier l’étroite interrelation de la question psychologique des représentations sans objets avec celle — logico-mathématique — du statut des nombres imaginaires.

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Trois textes sont consacrés à la nécessité idéale des lois logiques — et plus généralement des lois de la rationalité —, nécessité idéale qui est évidemment un des éléments majeurs des Recherches logiques. A la suite de Kevin Mulligan, Jimmy Plourde s’interroge sur le statut de cette nécessité. Citations à l’appui, il montre que, dans les Recherches logiques, Husserl s’efforce de penser l’objectivité des liens nécessaires entre certains contenus de pensée, nécessité objective du « ne-pas-pouvoir-être-autrement » irréductible à quelque nécessité subjective du « ne-pas-pouvoir-se-représenter-autrement » que ce soit, même idéale et transcendantale et non psychologique. En outre, Plourde présente plusieurs arguments en faveur de l’attribution à Husserl d’une thèse d’irréductibilité de ces lois objectivement nécessaires à de simples lois d’essence. Prenant « au sérieux » la nécessité et les autres modalités logiques, Husserl aurait donc — de manière très originale — affirmé leur objectivité sans la subordonner ni à un subjectivisme transcendantal ni à un pur et simple essentialisme. Cet « objectivisme modaliste » auquel aboutit la démonstration de Plourde laisse cependant le lecteur un peu perplexe, au point qu’il en vient à se demander si ce n’est pas précisément l’indétermination de ce statut de la nécessité des Recherches logiques qui a amené ultérieurement Husserl à insister davantage encore, d’une part sur le lien structurel de cette nécessité avec des lois d’essence et d’autre part sur la corrélation fondamentale entre ces lois d’essence objectives et une légalité subjective idéale.

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À cet égard, l’article de Wioletta Miskiewicz est d’ailleurs très instructif. Cette dernière s’interroge en effet elle aussi sur le statut des rapports nécessaires de dépendance et d’indépendance entre contenus de pensée, rapports qu’Husserl thématise explicitement depuis 1894 et dont il fournit une théorisation approfondie dans la troisième Recherche. Que ces rapports prétendent à une validité objective et non pas seulement « subjective », c’est ce qu’Husserl affirme en effet à de nombreuses reprises. Néanmoins, c’est dans le vécu — et dans les possibilités ou impossibilités du « se représenter » — que s’expriment ces rapports nécessaires. Husserl, affirme Miskiewicz, prend conscience, dès les Recherches logiques, d’un « a priori corrélationnel de l’objet de l’expérience et de ses modes de donation », a priori corrélationnel tel que les nécessités objectives sont aussi bien et indissociablement des nécessités du vécu. Ce que dénonce Husserl, c’est seulement une mécompréhension de ce vécu et des rapports nécessaires qui s’y expriment, mécompréhension naturaliste qu’Husserl avait déjà pour cible dans les Prolégomènes, mais que, s’engageant dans un dialogue critique avec Dilthey, il condamnera de manière beaucoup plus sûre encore dans la Philosophie comme science rigoureuse ou dans ses cours de 1925. Sur ce point, Miskiewicz montre bien que, pour Husserl, l’erreur majeure du psychologisme n’est pas de rapporter l’idéal logique au vécu, mais bien d’envisager d’emblée celui-ci dans la perspective des sciences naturelles ; c’est d’ailleurs la raison pour laquelle Husserl lui-même s’efforcera de lever toute ambiguïté quant au statut de sa propre phénoménologie, en montrant que les évidences, les descriptions et les conceptualisations de cette science du vécu n’impliquent pour leur part aucune naturalisation du vécu, sinon tout à fait « superficielle ». Outre l’éclairage qu’il apporte donc sur l’entreprise phénoménologique et sa méthode, ce texte de Miskiewicz a aussi — et explicitement — pour intérêt de mettre en garde contre la résurgence contemporaine de projets de pure et simple naturalisation du vécu et de la rationalité qui le régit.

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Cette problématique de la rationalité et des rapports nécessaires dont elle structure le monde, Jocelyn Benoist l’aborde pour sa part sous l’angle — fécond — de la comparaison des Recherches logiques avec le Tractatus logico-philosophicus mais aussi avec les travaux ultérieurs de Wittgenstein. Une différence majeure oppose en effet les deux penseurs sur la question des fondements de la logicité du monde : alors que, pour Wittgenstein, les contraintes de la rationalité seront intégralement déterminées par les limites du pensable que définit la langue, Husserl s’efforce de thématiser une distinction — assez kantienne — entre les limites a priori du pensable et celles plus strictes du connaissable. Chez Husserl, en effet, comme le montre très clairement Benoist, l’a priori de l’intention de signification possible est plus large que chez Wittgenstein et il contient en son sein l’a priori plus restreint de l’intuition possible, c’est-à-dire du remplissement possible de l’intention de signification.

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Deux textes du recueil sont consacrés à des questions de théorie de la connaissance. Bruce Bégout met en évidence une certaine « contamination » du projet proprement phénoménologique de Husserl dans les Recherches logiques par ses préoccupations gnoséologiques. Le premier projet est celui de la mise en place d’une ontologie phénoménologique — dans sa dimension formelle autant que dans ses spécificités matérielles ou régionales — susceptible de remplacer l’ontologie réale ou du moins ontique de la métaphysique traditionnelle, en ce comprises les théories de l’objet de disciples de Brentano comme Meinong. Or une telle ontologie phénoménologique n’entend pas se limiter à une classification des types d’être des phénomènes, mais elle prétend aussi, pour chacun d’entre eux, élucider son mode propre de « constitution » dans le vécu, c’est-à-dire mettre en évidence les modes vécus de visée et de donation qui sont « constitutifs » de son objectivité spécifique. Cela suppose évidemment que ce fondement de la constitution de toute objectivité qu’est le vécu ne soit pas lui-même un être objectif d’un type particulier ; et Bégout, qui complète sur ce point certaines des analyses de Miskiewicz, passe en revue les différents efforts qu’Husserl déploie dans la foulée des Recherches logiques pour éviter d’identifier la science de l’essence du vécu à une simple ontologie régionale, celle du « psychique ». Rapidement, cependant, la théorie de la constitution est réinterprétée par Husserl dans un sens gnoséologique comme théorie de la justification des connaissances relatives aux différents types d’objets. Dans cette perspective, la sphère du vécu apparaît comme le réservoir d’évidences absolues, de connaissances primitives et auto-justificatrices parce qu’immanentes et donc parfaitement adéquates. À la manière de Descartes, Husserl entend désormais fonder tout savoir sur l’immédiateté et l’indubitabilité du rapport de l’ego à ses propres vécus. C’est alors seulement que le motif du retour au vécu se double de celui du retour à la subjectivité et de l’anéantissement du monde.

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Quant à Dagfinn Føllesdal, il met en question la lecture qui est traditionnellement faite de ce projet gnoséologique cartésien de Husserl. Føllesdal conteste en effet qu’Husserl adopte comme Descartes une position épistémologique purement fondationnaliste. Rappelant toutes les subtilités de la théorie husserlienne de l’évidence, Føllesdal met à mal l’idée selon laquelle Husserl serait à la recherche de certitudes primitives parfaitement infaillibles. En outre, il met en évidence des caractères holistiques et cohérentistes de la conception husserlienne de la justification. C’est en définitive une théorie épistémologique de l’« équilibre réfléchi » proche de celle de Goodman que, selon Føllesdal, il convient d’attribuer à Husserl.

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Le dernier texte de l’ouvrage se centre sur la réception britannique de la phénoménologie husserlienne. Mathieu Marion fournit sur ce sujet une foule d’informations précieuses. Mais, au-delà de son grand intérêt du point de vue de l’histoire de la pensée du xxe siècle, la préoccupation de Marion dans ce travail constitue aussi pour lui une occasion de reparcourir les Recherches logiques pour y identifier les traits susceptibles d’intéresser — ou au contraire de révulser — les philosophes anglo-saxons du xxe siècle très largement acquis à des convictions empiristes, nominalistes et anti-idéalistes. Or, si, sur ce dernier point, le « réalisme » de la phénoménologie d’avant le tournant transcendantal aurait pu susciter en Grande-Bretagne un même intérêt qu’à Göttingen, à Munich ou à divers endroits d’Europe centrale, son attractivité y était en fait très nettement réduite par les tendances platonisantes qui accompagnaient ce réalisme dans les Recherches logiques. Mais, comme le montre Marion en replaçant donc lui aussi les Recherches dans leur « contexte », c’est surtout la concurrence d’autres pensées réalistes, développées à la même époque par Russell et Moore à Cambridge ou par Cook Wilson à Oxford, qui priva la phénoménologie naissante de tout succès outre-Manche.

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Telles sont, rapidement esquissées, les grandes lignes de force des diverses contributions de cette publication collective, dont l’ambition n’est donc pas de faire une hypothétique synthèse des différents aspects de la question de la place des Recherches logiques dans la philosophie contemporaine, mais bien plutôt d’apporter un ensemble d’éclairages originaux sur l’un ou l’autre des ces aspects. Quiconque s’intéresse aux origines de la phénoménologie husserlienne y trouvera des éléments neufs pour enrichir sa réflexion.


Auteur : Bruno Leclercq
Ouvrage recensé : Denis Fisette et Sandra Lapointe (dir.), Aux origines de la phénoménologie. Husserl et le contexte des Recherches Logiques, Paris et Québec : Vrin et Presses de l’Université Laval, coll. « Zêtêsis », 2003, 311 pages.
Revue : Philosophiques, Volume 31, numéro 2, automne 2004, p. 439-443
URI : http://id.erudit.org/iderudit/009822ar
DOI : 10.7202/009822ar

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