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Usager en libre accès

Philosophiques

Volume 32, numéro 1, printemps 2005, p. 149-168

Questions d’interprétation

Sous la direction de Martin Montminy

Direction : Denis Fisette (directeur) et Christine Tappolet (directrice adjointe)

Éditeur : Société de philosophie du Québec

ISSN : 0316-2923 (imprimé)  1492-1391 (numérique)

DOI : 10.7202/011068ar

philoso
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Article

Entre l’injustifiable et le superfétatoireLes normes rationnelles de l’interprétation

Isabelle Delpla

Université Paul Valéry, Montpellier III

idelpla@aol.com

Résumé

Les justifications a priori ou pragmatiques des normes rationnelles d’interprétation, comme le principe de charité, placent l’interprétationnisme devant un dilemme : soit échouer à justifier ces normes, soit les rendre inutiles et impertinentes par cette justification même. Les justifications a priori du principe de charité, proposées par Davidson, reposent sur un retour implicite à l’analycité et à une forme de détermination du sens incompatibles avec la position interprétationniste. La même critique s’applique à la justification pragmatique de ces normes opérée par Dennett. L’usage pragmatique du mythe de la rationalité suppose d’accorder une valeur de norme à ce qui marche. Mais ériger les maximes pragmatiques de l’interprète en critères, au lieu d’en faire de simples guides, sape l’intelligibilité et la validité des principales thèses de Quine sur l’indétermination de la traduction et l’inscrutabilité de la référence. L’extension pragmatique du principe de charité pour pallier une indétermination, absente en pratique, est dès lors superfétatoire et infondée.

Abstract

In attempting to provide a priori or pragmatic justifications for rational norms of interpretation, such as the principle of charity, interpretationism faces the dilemma of having to choose between failing to justify those norms or making them useless and irrelevant by this very justification. Davidson’s a priori justification of the principle of charity relies on an implicit return to analyticity and to a form of determinacy of meaning, which are incompatible with the interpretationist stance. The same critique applies to Dennett’s pragmatic justification of these norms. The pragmatic use of the myth of rationality presupposes taking what works as constituting a norm. But treating the interpreter’s pragmatic maxims as norms, and not simply as guides, undermines the intelligibility and validity of Quine’s main thesis on the indeterminacy of translation and the inscrutability of reference. A pragmatic extension of the principle of charity aiming at compensating for indeterminacy, absent in practice, is therefore superfluous and unfounded.

Auteur : Isabelle Delpla
Titre : Entre l’injustifiable et le superfétatoire : les normes rationnelles de l’interprétation
Revue : Philosophiques, Volume 32, numéro 1, printemps 2005, p. 149-168
URI : http://id.erudit.org/iderudit/011068ar
DOI : 10.7202/011068ar

Tous droits réservés © Société de philosophie du Québec, 2005

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