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Philosophiques

Direction : Denis Fisette (directeur) et Christine Tappolet (directrice adjointe)

Éditeur : Société de philosophie du Québec

ISSN : 0316-2923 (imprimé) 1492-1391 (numérique)

philoso

Volume 35, numéro 2, automne 2008, p. 297-630

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Articles  

   

Marcus Sacrini A. Ferraz

Perception et culture chez Merleau-Ponty

Pages 297–316

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Résumé

L’auteur essaie de montrer que le paradigme anthropologique de l’incarnation, présenté par Thomas Csordas sous l’inspiration de Merleau-Ponty, entre autres, ne trouve pas de soutien dans la Phénoménologie de la perception, mais dans les textes intermédiaires de Merleau-Ponty (sections 1-5). En plus, l’auteur propose que l’idée de perception informée culturellement, contenue dans ces textes, permet d’assouplir l’opposition entre conceptualistes et non-conceptualistes dans le débat contemporain sur la perception (sections 6-7).

   

Bruno Leclercq

Les données immédiates de la conscience. Neutralité métaphysique et psychologie descriptive chez James et Husserl

Pages 317–344

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Résumé

L’intérêt durable porté par Edmund Husserl aux travaux de William James en dépit de la divergence de leurs projets philosophiques s’explique sans doute par deux traits saillants de la psychologie de James qui l’inscrivent dans le prolongement de celle de Franz Brentano et lui confèrent même une certaine supériorité par rapport à cette dernière. Ces deux traits sont d’une part la capacité de James à articuler de manière particulièrement convaincante les analyses de psychologie descriptive aux explications en termes neurophysiologiques et d’autre part sa capacité à penser le caractère dynamique du flux de conscience et la genèse en lui de la structure intentionnelle. Bien plus, loin de la condamner au psychologisme, ces deux traits de la pensée de James s’inscrivent sur fond d’une critique très sévère de la « psychologist’s fallacy » commise notamment dans l’école associationniste, critique qui marqua profondément Husserl.

   

Candida Jaci De Sousa Melo

Controverse sur la causalité mentale dans l’action

Pages 345–367

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Résumé

Le problème métaphysique central en philosophie de l’esprit concerne la relation entre l’esprit et le corps des agents. Quand on tente d’expliquer, par exemple, le rapport entre les pensées et les actions humaines, on est alors immédiatement confronté avec la difficulté, apparemment insurmontable, d’expliquer la causalité mentale. On doit répondre à la question : nos états de pensée causent-ils effectivement ce que l’on fait? Bien sûr, nos croyances, nos intentions et nos désirs sont à la base de notre comportement, dira le sens commun et une longue tradition philosophique. Cependant, certains philosophes ont récemment manifesté des doutes à propos du rôle réel de nos pensées sur nos actions. Pour contrer ce scepticisme, il nous faut expliquer comment des états de pensée (considérés traditionnellement comme ontologiquement irréductibles aux états neuronaux) peuvent exercer leur rôle causal dans un monde fondamentalement physique. Je vais donner ici les raisons pour lesquelles je crois (comme beaucoup d’autres) que les états de pensée sont indispensables à l’explication complète de nos actions. Pour ce faire, je procéderai à une analyse approfondie de la relation entre la causalité mentale ou intentionnelle et la causalité physique. Je mettrai en perspective deux approches importantes sur la causalité mentale : celle de John Searle, qui défend la réalité des états mentaux et semble résister au réductionnisme, et celle de Jaegwon Kim, qui montre le péril auquel l’approche de Searle est exposée : la surdétermination causale! Selon Searle, le mental est un trait du monde physique (lequel est un système constitué de niveaux dont certains ont des traits mentaux). Aux yeux de Kim cette stratification en niveaux n’apporte aucune solution au problème de la causalité mentale. Kim a-t-il raison?

   

Donald Ipperciel

Communautés morales et universalisme : quelles sont les responsabilités morales des individus des pays riches envers les pays pauvres?

Pages 369–391

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Résumé

Dans un contexte de mondialisation, plusieurs penseurs ont cru nécessaire de repenser nos pratiques morales, tant chez les individus que chez les groupes. On défend alors l’idée d’une morale qui s’étendrait par-delà la nation, de même que l’illégitimité de toute division de l’espace moral en « communautés morales ». Selon l’auteur, une moralité transnationale n’implique cependant pas forcément la dissolution des espaces moraux que sont les nations. Afin d’explorer cette problématique, les pensées de Peter Singer, de Robert Goodin et de Thomas Pogge sur cette question seront analysées et confrontées l’une à l’autre. Une approche contextualiste sera privilégiée, qui conclura à un devoir cosmopolite de faire respecter les devoirs nationaux.

   

David Cumin

Freud et la guerre

Pages 393–417

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Soumaya Mestiri

Identité procédurale ou substantielle? autour du rapport identité-altérité dans le débat libéraux-communautariens

Pages 419–450

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Résumé

La question de l’identité n’est pas nouvelle, mais c’est sans nul doute avec l’avènement du débat libéraux-communautariens consécutif à la parution de Théorie de la justice de Rawls que l’acuité et la portée du problème identitaire transparaît nettement dans les travaux théoriques des uns et des autres. Aux libéraux, censés nous présenter une version procédurale de l’identité, s’opposent les communautariens et leur vision de la personne profondément ancrée dans des valeurs qu’elle ne pourrait renier sans se perdre à jamais elle-même.

Pour autant, l’intuition qui guide ce travail est qu’un certain libéralisme peut tout à fait parvenir à proposer une vision conséquente de l’identité. Le présent propos s’attache à reconsidérer les termes de cette confrontation en donnant essentiellement la parole à trois philosophes (les communautariens Taylor et Walzer, et le libéral Rawls), sans pour autant s’interdire d’autres références moins impliquées dans ce débat (Tamir).

   

Paul Franceschi

Une défense logique du modèle de Maher pour les délires polythématiques

Pages 451–475

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Résumé

Dans ce qui suit, je décrirai un modèle pour la formation et la maintenance des délires polythématiques rencontrés dans la schizophrénie, en adéquation avec le modèle pour les délires décrit par Brendan Maher. Les délires polythématiques y sont considérés comme les conclusions d’arguments déclenchés par l’apophénie et qui comportent des erreurs de raisonnement très communes, telles que le sophisme post hoc et le bais de confirmation. Je décris tout d’abord la structure du raisonnement qui conduit au délire de référence, de télépathie et d’influence, en distinguant entre les arguments délirants de type primaire, secondaire, tertiaire et quaternaire. Ces quatre niveaux d’arguments correspondent respectivement à une phase de nature instancielle, inductive, interprétative au niveau monothématique et, enfin, interprétative au niveau polythématique. Je m’attache ensuite à déterminer de manière précise quelles sont les étapes fallacieuses dans le raisonnement correspondant. J’expose également le rôle de l’apophénie dans l’élaboration des idées délirantes. Enfin, je m’attache à décrire le rôle joué par les hallucinations dans le présent modèle.

 

Hommage à Joseph Nicolas Kaufmann  

Sous la direction de Renée Bilodeau

   

Renée Bilodeau

Hommage à Joseph Nicolas Kaufmann

Pages 477–482

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J. Nicolas Kaufmann

Critique du programme de naturalisation en philosophie de l’esprit

Pages 483–512

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Résumé

La naturalisation est la tendance à la mode dans les travaux sur l’esprit et la conscience. Comment est-il possible de donner une explication naturaliste de la conscience sans en nier tout aspect phénoménal, expérientiel et intentionnel? J’aborderai cette question à travers l’exemple des théories de Dretske. Après avoir procédé à un examen des thèses représentationnalistes dont se réclame celui-ci, je mettrai en lumière que la principale faille de sa position est l’absence totale d’une caractérisation de la structure des états intentionnels/représentationnels, qu’il s’agisse de la perception (présentation) ou de la présentification intuitive. Je conclurai cette réflexion en indiquant une série de difficultés que doit affronter le programme de naturalisation de la conscience pour peu qu’il prenne au sérieux ce que révèlent les analyses phénoménologiques de la conscience et de l’intentionnalité.

   

Maria Clara Dias

Relier la conscience phénoménale et éliminer le fossé explicatif

Pages 513–524

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Résumé

L’argument principal de cet article est qu’il n’y a pas d’incompatibilité entre les explications physicalistes et l’idée de conscience phénoménale. Ayant comme référence une analyse de certaines propriétés sui generis de la conscience phénoménale, nous avons l’intention de souligner que l’apparente incompatibilité entre le mental et le physique peut être éliminée. De façon plus précise, nous soutenons la thèse selon laquelle les propriétés sui generis des événements mentaux, connues comme qualia, sont des propriétés physiques. Ces propriétés constitueraient, comme l’affirme Tye, les contenus représentationnels nonconceptuels de nos expériences. En outre, ces propriétés sont des inputs des processus physiques dont les outputs seraient des états intentionnels avec des contenus propositionnels.

   

Olivier Roy

Intentions rationnelles et acceptations en délibération

Pages 525–545

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Résumé

Dans cet article, je montre que quatre normes de rationalité associées aux intentions peuvent être déduites de normes similaires s’appliquant aux acceptations en contextes délibératifs, un type d’état mental apparenté mais irréductible aux croyances par lequel un agent tient certains faits pour acquis lorsqu’il délibère. Je montre que cette approche, que je nomme le pragmatisme hybride, évite certaines limitations de l’approche la plus prisée dans la littérature, le cognitivisme, et qu’en comparaison avec les approches purement pragmatistes, principales rivales du cognitivisme, le pragmatisme hybride rend mieux justice à nos intuitions relatives aux normes associées aux intentions. Je montre enfin que le pragmatisme hybride permet d’expliquer comment les intentions influencent le raisonnement pratique, et de ce fait, comblent un vide important dans les théories contemporaines.

   

Jocelyne Couture

Sélection rationnelle

Pages 547–560

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Résumé

J’arguerai ici que tout en repoussant d’une main une conception du changement social basé sur la sélection naturelle des pratiques sociales et des individus qui y participent, les théories normatives qui font appel à des modélisations des choix sociaux, qu’ils soient de nature économique, politique ou morale, en entretiennent potentiellement les conséquences. Plus précisément, j’arguerai que les modèles que l’on utilise encore le plus volontiers dans les sciences sociales, c’est-à-dire ceux de la théorie des jeux, de la théorie de la décision ou de la négociation rationnelle, contribuent à répercuter, au plan normatif, les deux aspects — social et individuel — de la sélection naturelle. L’argument s’appuie sur une analyse de la théorie standard de l’utilité et montre que la conception de la rationalité maximisante définie dans ce cadre formel incorpore les exigences de la sélection à celles de la rationalité.

   

Stéphane Courtois

Le cognitivisme moral de Habermas fait-il face au problème de Frege-Geach?

Pages 561–579

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Résumé

L’article cherche à fournir une défense de la théorie discursive de la morale de Habermas contre une critique importante formulée récemment par J. G. Finlayson, lequel soutient que Habermas rejetterait ce qu’il appelle le « cognitivisme métaéthique » et qu’un tel rejet le confronterait au problème de Frege-Geach. L’article démontre en détail que cette critique est non fondée. Il montre de plus que la seule forme de cognitivisme rejetée par Habermas est le descriptivisme moral en ce que cette approche serait contre-intuitive eu égard à l’usage normal de nos expressions morales. L’article cherche finalement à répondre à certaines objections majeures que les philosophes descriptivistes pourraient soulever à l’endroit de la théorie habermassienne de la morale, en particulier contre sa thèse de l’analogie entre vérité propositionnelle et justesse normative.

   

Jimmy Plourde

Du réalisme des Recherches logiques

Pages 581–607

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Résumé

Un des enjeux les plus importants pour la compréhension des Recherches Logiques et pour l’unité de la pensée d’Edmund Husserl réside dans la question du caractère idéaliste ou réaliste du projet philosophique de l’ouvrage. Dans cet article, je me penche sur cette question et établis, à partir d’un commentaire de passages clefs du texte, que la philosophie du jeune Husserl est bel et bien réaliste, à la fois en ce qui concerne le réal et l’idéal. Je montre aussi ce qu’il y a d’erroné dans deux autres lectures de Husserl sur cette question, à savoir la lecture idéaliste et celle voulant qu’il adhère à une forme de neutralité métaphysique.

 

Comptes rendus  

   

Davy Mougenot

Mario Bunge, Chasing Reality: Strife over Realism,Toronto, University of Toronto Press (coll. Toronto Studies in Philosophy), 2006, 342 p.

Pages 609–612

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Yvon Gauthier

Volker Peckhaus (Hrsg.) Oskar Becker und die Philosophie der Mathematik, München, Wilhelm Fink Verlag, 2005, 352 pages

Pages 612–613

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Yvon Gauthier

Richard Tieszen, Phenomenology, Logic and the Philosophy of Mathematics, Cambridge, Cambridge University Press, 2005, 357 pages

Pages 614–615

[HTML]  [PDF 72 ko]  [Notice

   

Pierre Steiner

William M. Ramsey, Representation Reconsidered, Cambridge (GB)/New York, Cambridge University Press, 2007, 268 pages

Pages 616–620

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Olivier Perru

Peirce, Charles Sanders, Ecrits logiques, Tiercelin Claudine et Thibaud Pierre (dir.), Oeuvres III, Paris, Cerf, 2006, 395 pages

Pages 620–626

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Livres reçus (automne 2008)

Pages 627–628

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Index du volume 35 (2008)

Pages 629–630

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URI : http://www.erudit.org/revue/philoso/2008/v35/n2/

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