Érudit - Promouvoir et diffuser la recherche
FrançaisEnglishEspañol
 

Recherche détaillée

.

Année Volume Numéro Page 
>

Protée

Volume 36, numéro 1, printemps 2008, p. 7-15

Le symbole. Réflexions théoriques et enjeux contemporains

Sous la direction de Émilie Granjon, Bertrand Rouby et Corinne Streicher

 

Direction : Nicolas Xanthos (directeur)

Rédaction : Michelle Côté (rédacteur en chef) et Nicolas Xanthos (rédacteur en chef)

Éditeur : Département des arts et lettres - Université du Québec à Chicoutimi

ISSN : 0300-3523 (imprimé)  1708-2307 (numérique)

pr
< PrécédentSuivant >
Article

Du (dé)bris symbolique

Guillaume Asselin

Résumé

On a l’habitude, lorsqu’on s’attarde au symbole, de faire porter l’attention sur le « rejointement » des deux moitiés de l’objet brisé (tablette, anneau ou cube) auquel renvoie étymologiquement le sumbolon. On occulte, du coup, l’instant dia-bolique de la déchirure ou de la brisure, qui semble ne conditionner l’acte de suture symbolique que pour en signer simultanément la ruine, que matérialise ce qui tombe hors de son règne sous la forme d’un reste ou d’un débris opaque résistant à la signification, analogue au caput mortuum des alchimistes. Il s’agira donc de s’interroger sur l’incongru foisonnement des vestiges qui affluent sur la scène de la littérature contemporaine et se distribuent autour de la fêlure du symbole. J’analyserai, en me basant essentiellement sur l’oeuvre de Pascal Quignard, la nature et la fonction de ce qui fourmille ainsi sur les bords du symbole sous des noms divers : « skybala », « sordidissimes », « miroboles » ou « significe » qui tous sont à mettre au compte de cet « impossible-à-sauver » dont parle Benjamin et commandent, à ce titre, d’explorer le lien entre ce qu’on peut qualifier de « souffrance du symbole » et la pensée sacrificielle.

Abstract

When it comes to the symbol, we usually focus on the bridging of the two halves of the broken object (tablet, ring or cube) to which the sumbolon is etymologically bound. Yet, by doing so, we occult the dia-bolical breaking moment, which seemingly conditions the symbolic juncture only to simultaneously sign its ruins, materialized in that which falls out from its reign, in the form of opaque “insignificant” remains, similar to the alchimists’ caput mortuum. The purpose of this article is to question this incongruous abundance of vestiges that flow on the contemporary literary scene, distributing themselves around the breach of the symbol. Based on the work of Pascal Quignard, I will analyse the nature and function of what grows on the symbol’s borders, under such names as “skybala”, “sordidissimes”, “miroboles”, “significe”… All of these should be attributed to what Benjamin calls “the impossible to save” which commands an exploration of the link between what is to be understood as “the suffering of the symbol” and sacrificial thought.

Auteur : Guillaume Asselin
Titre : Du (dé)bris symbolique
Revue : Protée, Volume 36, numéro 1, printemps 2008, p. 7-15
URI : http://id.erudit.org/iderudit/018801ar

Tous droits réservés © Protée, 2008

À propos d'Érudit | Abonnements | RSS | Conditions d’utilisation | Pour nous joindre | Aide

Consortium Érudit ©  2012