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Relations industrielles / Industrial Relations

Volume 60, numéro 3, été 2005, p. 510-539

Direction : Sylvie Montreuil (directeur)

Rédaction : Sylvie Montreuil (rédacteur en chef)

Éditeur : Département des relations industrielles de l'Université Laval

ISSN : 0034-379X (imprimé)  1703-8138 (numérique)

DOI : 10.7202/012157ar

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Article

Job Stress, Depression and Work-to-Family ConflictA Test of the Strain and Buffer Hypotheses

Jean E. Wallace

Department of Sociology,

University of Calgary,

Calgary, Alberta

jwallace@ucalgary.ca

Abstract

In this paper, the Job Demand-Control (JDC) model is used to predict depression and work-to-family conflict for married lawyers working full-time. The objectives of this paper are: (1) to determine whether the JDC model applies to work-to-family conflict; (2) to incorporate domain-specific job demand and job control variables; and (3) to examine a wider array of different forms of social support. First, the JDC model also helps explain work-to-family conflict. Second, domain-specificity does not appear key to documenting the buffering effects for job control. Third, spouse’s support of one’s career has the strongest main effect on both depression and work-to-family conflict, whereas coworker support functions as a moderator of lawyers’ job demands and has both buffering and amplifying effects. This paper closes by discussing the possible conditions under which members of support systems may transfer or exacerbate stress effects rather than alleviate them.

Résumé

Stress au travail, dépression et conflit travail-famille

Un test des hypothèses de tension et de tampon

Le modèle du contrôle des exigences d’une tâche (CET) est utilisé ici en vue de prédire la dépression et le conflit travail-famille chez des juristes mariés et travaillant à plein temps. Cet essai cherche à évaluer dans quelle mesure le contrôle de la tâche (en termes de la latitude dans l’emploi de son temps au travail et le choix du nombre d’heures) et le support social servent de tampons aux effets négatifs des exigences excessives de la tâche chez les avocats en exercice. Le but premier de cette recherche consiste aussi à vérifier si le modèle CET, dont on se sert pour comprendre la dépression dans les travaux sur le stress, s’applique ou non au conflit travail-famille. Un second objectif consiste à retenir des variables de contrôle de la tâche rattachée à un domaine particulier comme autant de ressources éventuelles aidant à affronter des situations stressantes. Un troisième objectif consiste à analyser un éventail plus large de types de soutien social (appui des collègues de travail, de l’entreprise, du conjoint ou de la conjointe, etc.) pour vérifier si, au cours d’une période de stress, une forme de soutien est plus efficace ou non qu’une autre à titre de tampon face aux exigences de la tâche.

Dans ce travail, les observations sont fondées sur des réponses à une enquête auprès de 1201 juristes mariés et travaillant à plein temps en droit, en Alberta, en juin 2000. L’échantillon comprend 365 femmes (30 %) et 836 hommes (70 %) qui ont rempli les questionnaires expédiés par la poste. Les avocats travaillaient dans une diversité de milieux de travail dont des sociétés d’avocats, des bureaux de grandes entreprises et des services publics.

On a vérifié, dans un premier temps, les hypothèses de l’effet de stress en analysant les effets respectifs des exigences de la tâche (charge de travail, horaires, activités extra-professionnelles, travail à la maison), du contrôle de la tâche et du soutien social sur la dépression et sur le conflit travail-famille. Ensuite, on a abordé les hypothèses de l’interface tampon-tâche en cherchant à savoir si les effets croisés des termes de l’interaction entre les exigences de la tâche et le contrôle de la tâche et entre les exigences de la tâche et le soutien social exerçaient une influence statistiquement significative sur la dépression et le conflit travail-famille.

En revenant au premier objectif de cette recherche, nous observons que les modèles qui s’appliquent à la dépression dans les travaux sur le stress valent aussi pour l’étude du conflit travail-famille. Trois des quatre variables liées aux exigences de la tâche contribuent de façon significative au conflit travail-famille, alors que le contrôle du temps de travail réduit ce même conflit; le soutien social agit de manière à tempérer les effets des variables reliées aux exigences de la tâche. De plus, le modèle qu’on a vérifié dans cette étude rendait compte de plus de la moitié de la variance dans l’explication du conflit travail-famille. Ces observations nous incitent à croire que les chercheurs, qui désirent accéder à une meilleure compréhension du conflit travail-famille, peuvent retenir le modèle du fonctionnement du stress, qu’on retrouve dans les travaux empiriques et théoriques largement connus, plus particulièrement celui de Karasek.

Dans un deuxième temps, on a introduit dans le modèle CET des variables liées au contrôle de la tâche et aux exigences de la tâche inhérentes au domaine. Puisque les avocats constituent l’échantillon de cette étude, les exigences fondées sur le temps de même que sur le contrôle du travail occupèrent le centre de notre analyse. On soutenait que si les variables liées aux exigences de la tâche et celles reliées au contrôle se rencontraient au sein d’un même domaine particulier, il était plus probable que la maîtrise de la dimension temporelle de son travail serve de tampon aux effets des exigences de temps liées à la pratique du droit. Les données n’ont apporté aucun appui à cette dimension du modèle CET. Il semble donc que la spécificité du domaine ne fournit pas nécessairement la clef à l’explication des effets tampon que le modèle propose. Il ne faut pas pour autant penser que le contrôle de la tâche n’est pas une variable importante dans la compréhension du phénomène de stress au travail. Les observations ici démontrent que la maîtrise de l’horaire de travail contribue directement au bien-être du juriste, indépendamment des exigences de la tâche, plutôt que de servir de tampon dans des conditions d’exigences élevées.

Le troisième but de ce travail consistait à examiner un éventail plus vaste de types diversifiés de support social en vue de vérifier si un type en particulier constituait ou non un tampon plus efficace qu’un autre dans le développement du stress au travail. Encore là, nos observations font état de modèles intéressants, qui font ressortir l’importance des types discriminants de soutien social. Une remarque particulière est à l’effet que l’appui des collègues de travail apparaît inefficace, parce que cette variable n’a pas d’effets importants tant sur la dépression que sur le conflit travail-famille. C’est seulement en effectuant des tests d’interaction qu’il est possible d’identifier l’effet tampon important de l’appui des collègues qui consiste en une réduction de l’effet négatif d’une surcharge de travail sur l’état de dépression et sur le conflit travail-famille. Ceci démontre bien l’importance de modéliser et de vérifier le type opérationnel de relations, tel que les écrits sur le sujet le présentent.

Une deuxième observation importante impliquant le support social est à l’effet que pour certaines combinaisons de support et d’exigences, le support vient tempérer les effets des exigences du travail, alors que, pour d’autres combinaisons, ce même support vient amplifier les effets des exigences du travail. En d’autres termes, la même stratégie qui sert à gérer le stress (par exemple, l’appui des collègues de travail) peut présenter des effets bénéfiques en termes de tampon à certaines exigences du travail (par exemple, une surcharge); mais, elle peut avoir des effets négatifs qui vont en s’accentuant dans le cas de d’autres exigences (par exemple, les heures au bureau). Cette observation nous invite à penser qu’il est important de retenir la particularité à la fois des exigences du travail et du support social afin d’être en mesure d’identifier les relations spécifiques entre diverses combinaisons de variables. Cet essai se termine par une discussion de la manière dont les partenaires des systèmes de support social peuvent déplacer ou amplifier les effets du stress plutôt que de les adoucir.

Resumen

Estrés de trabajo, depresión y conflicto trabajo-familia

Un test de tensión e hipótesis de amortiguadores

En este articulo, el modelo Demanda - Control de trabajo (DCT) es utilizado para predecir la depresión y el conflicto trabajo - familia de los abogados casados que trabajan a tiempo completo. Los objetivos de este articulo son : (1) determinar si el modelo DCT se aplica al conflicto trabajo – familia, (2) incorporar las variables especificas de este ámbito respecto a las demandas de trabajo y el control en el trabajo; y (3) examinar un espectro mas amplio de diferentes formas de apoyo social. Primero, el modelo DCT ayuda también a explicar el conflicto trabajo - familia. Segundo, la especificidad de ámbito no aparece como clave para documentarlos efectos amortiguadores de control en el trabajo. Tercero, el apoyo del cónyuge tiene el efecto mas fuerte sobre la depresión y el conflicto trabajo - familia, mientras que el apoyo de colegas funciona como un moderador de las demandas de trabajo de los abogados que tiene efectos amortiguadores y amplificadores. Este artículo termina con una discusión sobre las condiciones posibles bajo las cuales los miembros del sistema de apoyo pueden transferir o exacerbar los efectos del estrés en lugar de aliviarlos.

 Acknowledgements

This study was funded by a research grant from the Law School Admission Council (LSAC). The opinions contained in this paper are those of the author and do not necessarily reflect the position or policy of LSAC.

Auteur : Jean E. Wallace
Titre : Job Stress, Depression and Work-to-Family Conflict: A Test of the Strain and Buffer Hypotheses
Revue : Relations industrielles / Industrial Relations, Volume 60, numéro 3, été 2005, p. 510-539
URI : http://id.erudit.org/iderudit/012157ar
DOI : 10.7202/012157ar

Tous droits réservés © Département des relations industrielles, Université Laval, 2005

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