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Recherches sociographiques

Direction : Simon Langlois (rédacteur)

Éditeur : Département de sociologie, Faculté des sciences sociales, Université Laval

ISSN : 0034-1282 (imprimé) 1705-6225 (numérique)

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Volume 46, numéro 3, septembre-décembre 2005, p. 407-610Le Canada français. Son temps, sa nature, son héritage

Sous la direction de Gilles Gagné

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Gilles Gagné

Présentation : le Canada français. Son temps, sa nature, son héritage

Pages 407–410

[HTML]  [PDF 57 ko]  [Notice]  [Plan

   

Gérard Bouchard

L’imaginaire de la grande noirceur et de la révolution tranquille : fictions identitaires et jeux de mémoire au Québec

Pages 411–436

[HTML]  [PDF 148 ko]  [Résumé]  [Plan

En s’appuyant sur des références comparatives, ce texte propose un examen critique de l’imaginaire de la Grande noirceur et de la Révolution tranquille. Il entend démontrer que la mémoire courante de ces deux périodes du passé québécois fait bon marché de nombreuses données empiriques. En ce sens, elle participe des jeux de mémoire et des fausses identités qui ont longtemps nourri la conscience collective canadienne-française et dont le Québec contemporain a en partie hérité. Pour ce qui est en particulier de la Grande Noirceur, les Québécois ne sont pas encore parvenus à se défaire d’une sorte de mémoire honteuse qui lui est associée. Dans la direction opposée, le texte se veut aussi une invitation à congédier les stéréotypes qui n’ont pas manqué de se greffer également à l’historiographie moderniste (dite parfois « révisionniste »). En somme, on sent de plus en plus le besoin d’un nouveau paradigme qui dépasserait les antagonismes actuels.

Dans une dernière partie, l’auteur se penche sur l’état présent de la mémoire et sur la rupture brutale que la Révolution tranquille est accusée d’avoir pratiquée dans le devenir culturel (et notamment religieux) du Québec.

   

Louis Rousseau

La construction religieuse de la nation

Pages 437–452

[HTML]  [PDF 114 ko]  [Résumé]  [Plan

Le débat portant sur la composante canadienne-française de l’identité nationale québécoise en voie de recomposition ne peut ignorer la dimension religieuse de ce construit identitaire. Le moment historique où le Canada français se produit en tant que tel dans sa singularité et sa contingence est un moment instituant. La question posée à propos de la construction de la Nation dans le programme de l’Église porte à la fois sur le moment instituant, la phase de genèse, l’histoire des interactions entre les différents ordres sociaux, dont la religion et la politique, et finalement sur le legs actuel de l’identité canadienne-française-catholique en tant qu’intrant mémoriel et composante active d’un autre moment instituant : celui d’une Nation qui se veut aujourd’hui inclusive et pluraliste dans ses croyances.

   

Éric Bédard

De la difficulté à penser le conservatisme canadien-français

Pages 453–471

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Depuis les années soixante, l’historiographie québécoise est marquée par la perspective moderniste. Téléologiques, les grands récits modernistes qui traversent notre historiographie, qu’ils soient libéraux ou marxiens, font souvent l’impasse sur la nature particulière du conservatisme canadien-français qui, selon nous, ne saurait se réduire à l’autre de la « bonne » pensée (libérale ou sociale-démocrate). Le contexte de désenchantement actuel par rapport aux ratés de la modernité québécoise permet probablement de considérer autrement le conservatisme canadien-français en lui-même et pour lui-même. Reste cependant à se demander si ce conservatisme canadien-français peut éclairer certains débats actuels sur la démocratie ou le néolibéralisme.

   

Charles Castonguay

La cassure linguistique et identitaire du Canada français

Pages 473–494

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Depuis la dislocation du Canada français dans les années 1960, une divergence se creuse entre ses éléments. Alors que la vitalité du français, langue principale à la maison, se renforce au Québec et au Nouveau-Brunswick, elle s’affaiblit ailleurs au Canada. De même, elle progresse à Montréal, Moncton et Gatineau mais recule à Toronto, Sudbury et Ottawa. Les données inédites du recensement de 2001 touchant les langues secondaires au foyer indiquent en outre que le comportement bilingue est le plus souvent de nature additive parmi les francophones du Québec et du Nouveau-Brunswick, tandis qu’il joue le rôle d’étape transitoire vers l’anglicisation dans les autres provinces. En parallèle avec la cassure en matière de comportement linguistique, il s’est développé une divergence identitaire : au contraire des jeunes de langue maternelle française du Québec et du Nouveau-Brunswick, ceux de l’Ontario et des autres provinces s’identifient comme bilingues plutôt que francophones.

 

Notes critiques  

   

Jean-Philippe Warren

Petite typologie philologique du « moderne » au Québec (1850-1950). Moderne, modernisation, modernisme, modernité

Pages 495–525

[HTML]  [PDF 174 ko]  [Résumé]  [Plan

Le concept de modernité a été souvent interprété et utilisé dans la plus complète confusion par les praticiens québécois des sciences sociales. On reconnaît sans peine la « labilité extrême » des définitions proposées par les historiens et les sociologues. Et pourtant, pour peu que l’on consulte les textes publiés dès avant la Révolution tranquille, et déjà même au XIXe siècle, on retrouve, sous la plume des acteurs et intellectuels canadiens-français, l’intuition des quatre grandes acceptions de l’idée du « moderne », à savoir le moderne comme contemporanéité (« être moderne »), comme autopoièsis (mouvement moderniste), comme progrès socio-économique (modernisation) et comme période historique (modernité). Cette cursive typologie, que nous proposons ici sur un mode purement conceptuel alors même que nous l’illustrons de nombreux exemples tirés de la littérature des années 1850 à 1950, permettra de faire sens non seulement de l’évolution passée et récente de la société québécoise (en nous donnant l’occasion de reprendre à nouveaux frais plusieurs débats anciens sur son développement historique), mais peut-être aussi d’éviter à l’avenir de stériles discussions provoquées par une aussi curieuse que regrettable « lassitude conceptuelle ».

   

Sébastien Socqué

Assomption et apologie de l’ambiguïté québécoise chez Jocelyn Létourneau : libération ou aporie ? réflexions inspirées de passer à l’avenir

Pages 527–544

[HTML]  [PDF 129 ko]  [Résumé]  [Plan

Passer à l’avenir est un ouvrage important et original, se situant à la charnière entre l’historique et le politique, entre le passé et le futur. Notre texte tente de cerner les tenants et aboutissants des options historiographiques qu’y développe Jocelyn Létourneau, en accordant une attention particulière aux notions d’ambiguïté et d’ambivalence, sur lesquelles l’ouvrage insiste particulièrement, et en adoptant pour fil conducteur les questions méta-historique et historiographique. Le texte propose une critique de l’usage que fait Létourneau de ces notions, en distinguant une mobilisation théorique et une mobilisation pratique de ces notions, tout en insistant sur l’articulation, qu’exemplifie son historiographie, de ces deux mobilisations.

 

Comptes rendus  

   

Jean-Jacques Simard

Marcel Bellavance, Le Québec au siècle des nationalités. Essai d’histoire comparée, Montréal, VLB, 2004, 250 p. (Études québécoises.)

Pages 545–549

[HTML]  [PDF 74 ko]  [Notice

   

Gilles Bourque

Yvan Lamonde, Histoire sociale des idées au Québec, 1896-1929, Saint-Laurent, Fides, 2004, 323 p.

Pages 550–553

[HTML]  [PDF 54 ko]  [Notice

   

Sylvie Lacombe

Michel Bock, Quand la nation débordait les frontières. Les minorités françaises dans la pensée de Lionel Groulx, Montréal, Hurtubise HMH, 2004, 452 p. (Cahiers du Québec, Histoire.)

Pages 553–555

[HTML]  [PDF 49 ko]  [Notice

   

Nicole Gagnon

Robert Boily (dir.), Un héritage controversé. Nouvelles lectures de Lionel Groulx, Montréal, VLB, 2005, 185 p.

Pages 556–558

[HTML]  [PDF 51 ko]  [Notice

   

Yves Frenette

Jocelyn Létourneau, Le Québec, les Québécois. Un parcours historique, Québec, Musée de la civilisation et Fides, 2004, 125 p. (Images de sociétés.)

Pages 558–559

[HTML]  [PDF 45 ko]  [Notice

   

Marie-Josée Verreault

Jacques Lacoursière, Histoire du Québec racontée par Jacques Lacoursière, Québec, Septentrion, 2002, 196 p.

Pages 559–562

[HTML]  [PDF 54 ko]  [Notice

   

Daniel Gay

Marcel Trudel, Deux siècles d’esclavage au Québec, (suivi du Dictionnaire des esclaves et de leurs propriétaires au Canada français (sur CD-ROM], 490 p.), Montréal, Hurtubise HMH, 2004, 405 p. (Cahiers du Québec, Histoire.)

Pages 562–565

[HTML]  [PDF 56 ko]  [Notice

   

François Demers

Dominique Marquis, Un quotidien pour l’Église. L’Action catholique, 1910-1940, Montréal, Leméac, 2004, 220 p.

Pages 565–568

[HTML]  [PDF 54 ko]  [Notice

   

Michel Lacroix

Auguste Viatte, D’un monde à l’autre. Journal d’un intellectuel jurassien au Québec (1939-1949), Claude Hauser (éd.), Paris et Montréal, L’Harmattan, 2001 (vol. I) et 2004 (vol. II).

Pages 568–571

[HTML]  [PDF 54 ko]  [Notice

   

Simon Langlois

Marie-Christine Weidmann Koop (dir.), Le Québec aujourd’hui. Identité, société et culture, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2003, 309 p.

Pages 571–574

[HTML]  [PDF 52 ko]  [Notice

   

Pierre Anctil

Julie Châteauvert et Francis Dupuis-Déri, Identités mosaïques. Entretiens sur l’identité culturelle des Québécois juifs, Montréal, Boréal, 2004, 251 p.

Pages 574–576

[HTML]  [PDF 50 ko]  [Notice

   

Diane Lamoureux

Micheline Labelle et François Rocher (dirs) avec la collaboration de Ann-Marie Field, Contestation transnationale, diversité et citoyenneté dans l’espace québécois, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2004, 223 p.

Pages 576–579

[HTML]  [PDF 54 ko]  [Notice

   

Yves Frenette

Jean-Pierre Charland, Les élèves, l’histoire et la citoyenneté. Enquête auprès d’élèves des régions de Montréal et de Toronto, Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2003, 333 p.

Pages 579–580

[HTML]  [PDF 45 ko]  [Notice

   

Desmond Morton

Sébastien Vincent, Laissés dans l’ombre. Les Québécois engagés volontaires de 39-45, Montréal, VLB, 2004, 281 p. (Études québécoises.)

Pages 581–583

[HTML]  [PDF 50 ko]  [Notice

   

Johanne Daigle

Micheline Dumont et Louise Toupin, La pensée féministe au Québec. Anthologie [1900-1985], Montréal, Remue-Ménage, 2003, 750 p.

Pages 583–587

[HTML]  [PDF 59 ko]  [Notice

   

Louis LeVasseur

Andrée Dufour et Micheline Dumont, Brève histoire des institutrices au Québec de la Nouvelle-France à nos jours, Montréal, Boréal, 2004, 219 p.

Pages 587–590

[HTML]  [PDF 53 ko]  [Notice

   

Reynald Bourque

Jacques Rouillard. Le syndicalisme québécois. Deux siècles d’histoire, Montréal, Boréal, 2004, 329 p.

Pages 590–594

[HTML]  [PDF 54 ko]  [Notice

   

Simon Langlois

Louis Duchesne, La situation démographique au Québec. Bilan 2004, Québec, Institut de la statistique du Québec, 2004, 356 p. (Démographie.)

Pages 594–596

[HTML]  [PDF 47 ko]  [Notice

   

Andrée Fortin

Denis Saint-Jacques et Maurice Lemire (dirs), La vie littéraire au Québec, V, 1895-1918, Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2005, 680 p.

Pages 596–598

[HTML]  [PDF 50 ko]  [Notice

   

Kenneth Landry

Marcel Lajeunesse, Lecture publique et culture au Québec. XIXe et XXe siècles, Sainte-Foy, Presses de l’Université du Québec, 2004, 227 p.

Pages 598–602

[HTML]  [PDF 57 ko]  [Notice

 

   

   

Index du volume XLVI

Pages 607–610

[HTML]  [PDF 60 ko]  [Notice]  [Plan

URI : http://www.erudit.org/revue/rs/2005/v46/n3/

Tous droits réservés © Recherches sociographiques, Université Laval, 2005

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