L’entrepreneuriat social au Québec. L’exemple des centres de formation en entreprise et récupération
Pierre-André Julien
Chaire Bell pour des PME de classe mondiale,
Université du Québec à Trois-Rivières.
La recherche sur laquelle s’appuie cet article a été commanditée par la Chaire de recherche CFER de l’Université du Québec à Trois-Rivières soutenue par le réseau du même nom. Les auteurs voudraient rendre hommage à Normand Maurice, décédé au début de 2005. Les premiers travaux de ce précurseur en écologie appliquée et en pédagogie sur le sujet au Québec remontent aux années 1970, alors que trop peu de personnes s’intéressaient à cette question devenue pourtant cruciale pour sauver la planète. Nous remercions Jonathan Saint-Jean, étudiant en maîtrise en gestion à l’UQTR, pour sa participation à l’enquête sur le terrain.
Résumé
L’entrepreneuriat social au Québec a été peu étudié jusqu’ici. Pourtant, il recèle des comportements spécifiques liés tant aux paradigmes entrepreneuriaux traditionnels qu’aux intérêts des intervenants sociaux. Par exemple, les Centres de formation en entreprise et récupération (CFER), qui ont vu le jour dans une vingtaine de régions au Québec, offrent aux décrocheurs de seize à dix-huit ans une démarche d’apprentissage particulière, à partir d’une insertion partielle dans une entreprise de récupération mise sur pied et gérée par une équipe de professeurs-superviseurs. Ces Centres cherchent aussi à développer une entreprise rentable tout en permettant aux professeurs d’assurer la formation au travail de leurs étudiants plutôt que de déléguer cette responsabilité à diverses entreprises par le biais de stages. La mise sur pied de ces entreprises suppose d’avoir décelé une opportunité pour pouvoir assurer leur viabilité, une équipe entrepreneuriale avec un leader, informel ou non, et diverses ressources d’appoint à court et à long terme apportées par le milieu. De même, elle a besoin de l’enthousiasme des professeurs et de l’appui de la commission scolaire sinon de quelques mécènes de la région. L’expérience de six CFER analysés montre que celle-ci n’est pas nécessairement facile, mais donne des résultats importants tant à propos de la persévérance des étudiants que de leur placement par la suite dans des entreprises, sans compter les effets bénéfiques sur la récupération de diverses matières et ainsi sur l’environnement.
Abstract
Social Entrepreneurship in Quebec. The Example of the Centres de formation en entreprise et récupération
Thus far, little research has focused on social entrepreneurship in Quebec. Yet it involves specific behaviours related both to traditional entrepreneurial paradigms and to the interests of social actors. For example, the, Centres de formation en entreprise et récupération – CFERs (enterprise and recycling training centres), which have been created in some twenty regions of Quebec, offer dropouts aged sixteen to eighteen a specific learning process, based on partial placement in a recycling enterprise set up and managed by a team of teacher-supervisors. These Centres also seek to develop a profitable business, while enabling the teachers to provide work training to their students, rather than delegating this responsibility to various firms via traineeships. The setting up of these enterprises presupposes the identification of an opportunity to ensure their viability, an entrepreneurial team with a leader, whether informal or otherwise, and various ancillary resources provided by the community over the short to medium term. It also needs the enthusiasm of the teachers and the support of the school board, or else that of a few local sponsors. The experience of the six CFERs analysed shows that this is not necessarily easy, but gives important results in terms of the students’ perseverance, and of their subsequent placement in enterprises, not to mention the beneficial effects in terms of the recycling of various materials and on the environment.
| Auteurs : | Josée Audet et Pierre-André Julien |
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| Titre : | L’entrepreneuriat social au Québec. L’exemple des centres de formation en entreprise et récupération |
| Revue : | Recherches sociographiques, Volume 47, numéro 1, janvier-avril 2006, p. 69-94 |
| URI : | http://id.erudit.org/iderudit/013642ar |
| DOI : | 10.7202/013642ar |
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