Érudit - Promoting and disseminating research
FrançaisEnglishEspañol
 

Advanced Search

.

Year Volume Number Page 
>

Revue de l'Université de Moncton

Special Issue, 2005, p. 219-232

Des actes sélectionnés du 30e Congrès international sur Byron « Byron and The Romantic Sublime »

Guest-edited by Paul M. Curtis

Managing Editor(s): Serge Jolicoeur (directeur)

Publisher: Revue de l'Université de Moncton

ISSN: 0316-6368 (print)  1712-2139 (digital)

DOI: 10.7202/014359ar

rum
< PreviousNext >
Article

Longinus, Sappho’s Ode, and the Question of Sublimity

Dr. Peter Cochran

The University of Liverpool

England

J’ai entamé la présentation avec une critique impromptue de plusieurs expériences sublimes que j’avais vécues dernièrement. La première tourne autour d’une scène dans Spiderman II dans laquelle le protagoniste part à la rescousse d’une dame perchée sur le côté d’un gratte-ciel. J’ai expliqué que le sublime de cette scène, tournée avec des angles de caméra vertigineux et de nombreux effets spéciaux impressionnants, repose sur le fait que la dame n’est pas la bien-aimée du protagoniste, mais sa tante : c’était la juxtaposition du sublime et du banal. Comme deuxième expérience, j’ai parlé du Cheval effrayé par un lion de George Stubbs, tableau dans lequel le sublime est accru par le fait que le lion ne se soucie pas du cheval terrifié à ses côtés puisqu’il vient de manger et cherche un endroit où dormir et digérer. Mon troisième exemple était celui du climax de « Libera Me », mouvement du Requiem de guerre de Britten. Par curiosité, je voulais voir comment l’orchestration du passage avait été dépassée par le passage lui-même, si sublime que mes yeux m’avaient fait défaut et m’empêchaient de voir les instruments que j’entendais. (Bernard Beatty m’a dit par la suite qu’il aurait préféré regarder Spiderman II.) Enfin, j’ai parlé du silence entretenu par Colin Davis à la conclusion de l’oeuvre de Britten, pendant lequel tous les membres du public au Royal Albert Hall songeaient à la portée politique actuelle de ce qu’ils venaient d’entendre (c’était au milieu de la seconde guerre en Iraq).

[I began with an impromptu review of several sublime experiences I’d had recently. I started with the scene from Spiderman II in which the protagonist rescues a lady from the side of a tall building, with vertiginous camera angles and many swooping special effects. I said that the sublimity lay in the fact that the lady was not his beloved, but his auntie: the juxtaposition of the sublime and the banal. Next I offered George Stubbs’ Horse Terrified by a Lion, in which the sublimity is enhanced by the fact that although the Horse is terrified, the Lion can’t see the problem, because he’s just eaten and is looking for somewhere to sleep and digest. My third example was the climax of the “Libera Me” from the Britten War Requiem, in which my curiosity to see how the passage was orchestrated had been overcome by the passage itself, which was so sublime that my eyes failed and I couldn’t see which instruments were playing. (Bernard Beatty said afterwards that he’d rather have watched Spiderman II.) Lastly was the silence which Colin Davis held after the work had ended, in which the entire audience at the Royal Albert Hall thought about the current political implications of what they’d just heard (we were in the middle of the Second Iraq War.)]

Résumé

De prime abord, cet article peut sembler porter sur les attitudes à l’endroit de l’autorité des anciens, mais il porte en fait sur l’ironie du ton et sur la difficulté qu’on peut avoir à la déceler, même quand le locuteur ou l’écrivain est un de nos proches. Dans Don Juan, chant premier, strophe 42, par exemple, Byron écrit : « je ne crois pas que l’ode de Sapho soit d’un bon exemple, quoique Longin prétende qu’il n’est point d’hymne où le sublime prenne un essor plus élevé . . .1 », suite à quoi il cite des passages du pseudo-Longin auquel il fait référence. Dans les marges de l’épreuve, J. C. Hobhouse le corrige — ou du moins il tente de le faire — en proposant une autre interprétation de ce qu’entend Longin, différente de celle que communique la strophe de Byron. Dans les marges de la même épreuve, Byron réagit « robustement » comme il avait parfois l’habitude de le faire et refuse d’apporter les modifications proposées.

Dans cet article, j’examinerai les deux attitudes qu’illustre le micro-argument entre Hobhouse et Byron à l’égard de l’autorité classique, et je verrai ce qu’on peut en déduire sur la difficulté qu’avaient les tout premiers lecteurs de Don Juan à cerner le ton de Byron et son attitude à l’égard de l’autorité et au précédent. Ce faisant, j’espère nous donner une idée de ce qu’aurait pu signifier le terme « sublime » pour (1) Byron avant Don Juan, (2) Byron à l’ère de Don Juan, et (3) un lecteur conservateur comme Hobhouse (qui représente le lecteur averti moyen vers 1819). J’examinerai également ce qu’aurait pu être la signification de l’Ode de Sapho pour chacun de ces deux hommes, et je me demanderai si la nature même de l’ode a une incidence sur notre perception de ce qu’entend Byron en parlant du « Sublime ».

Author: Dr. Peter Cochran
Title: Longinus, Sappho’s Ode, and the Question of Sublimity
Journal: Revue de l'Université de Moncton, Special Issue, 2005, p. 219-232
URI: http://id.erudit.org/iderudit/014359ar
DOI: 10.7202/014359ar

Tous droits réservés © Revue de l'Université de Moncton, 2006

About Érudit | Subscriptions | RSS | Terms of Use | Contact us | Help

Consortium Érudit ©  2013