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| | | Ian Balfour Genres of the Sublime: Byronic Tragedy, Manfred, and “The Alpine Journal” in the Light of some European
Contemporaries [PDF 172 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article aborde un aspect négligé des écrits sur le sublime : celui du genre. Je
ferai valoir que les critiques abordent trop souvent le sublime comme s’il opérait
transcendentalement par rapport à ses instantiations, cherchant peu à comprendre comment le
mode du sublime s’agence avec les genres à l’intérieur desquels il est encodé.
Quand Byron gravite vers le sublime, il a tendance à le faire dans le mode tragique.
Les prédicats traditionnels de la sublimité (l’infinité, l’obscurité, l’ineffable, etc.)
s’appliquent bien à des oeuvres comme celle de Manfred, la réécriture chargée du Faust de Goethe, dans laquelle rien de moins sinistre n’est présenté dans la
forme d’un personnage dramatique. Dans cet article, je situerai les réussites de Byron en
tragédie par rapport à celles de ses contemporains européens. Celles-ci seront également
examinées à la lumière de réflexions sur la tragédie et le sublime des idéalistes
allemands.
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| | Byronic Transformations of the Sublime |
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| | | Jane Stabler The Shakespearean Sublime and the Reception of Byron’s Writing [PDF 133 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article explore la possibilité que la nouvelle critique de Shakespeare,
survenue vers la fin du dix-huitième siècle, ait pu aider à définir un sublime
anglais qui conditionnait la réception de l’oeuvre de Byron et la perception de
Byron dans un sens plus large. Au cours du dix-huitième siècle, ces mêmes
caractéristiques qui avaient été classées par les critiques comme des défauts chez
Shakespeare (emploi de superstitions primitives, rudesse, inégalités, digressions,
contrastes abrupts) devinrent peu à peu admirées comme étant la preuve de la
fidélité de Shakespeare à la nature, de sa pénétration psychologique et de son
imaginaire sublime. Divergeant de l’association primaire par Edmund Burke du sublime
et de la terreur, le sublime anglais de Shakespeare récupérait les défauts du climat
anglais et montraient le potentiel moral et esthétique caché d’un mode déviant
sublime. Suivant un aperçu des courants conflictuels de la critique de Shakespeare
(axé surtout sur une discussion de Antony and
Cleopatra), j’analyserai les moyens par lesquels les critiques
contemporains de Byron (et Byron lui-même) adaptaient l’application du sublime
shakespearien dans l’oeuvre de Byron ou bien y résistaient.
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| | | Yoshie Kimura ‘Congenial with the Night’: The Sublime and Byron’s Tragedies [PDF 37 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article fait valoir que le sentiment du sublime joue un rôle
quasi-dramatique dans les tragédies de Byron, et surtout dans Marino Faliero et Sardanapalus. Marino
Faliero est une pièce axée sur une injure subie par Marino dans sa
vie familiale qui pousse le Doge à participer à la Révolution et ce, dans un temps
et un lieu bien précis. La pièce montre également une conscience aiguë de la
position élémentaire et sublime de Venise dans le cosmos qui forme une sorte
d’arrière-trame à l’action locale. Cet arrière-plan sublime relativise et exalte
l’action de la pièce. Nous prêterons une attention particulière au monologue de
Lioni au début de l’acte IV et à la malédiction prophétique proférée par Marino
contre Venise à la conclusion de la pièce.
Pour poursuivre cet argument, Sardanapalus présente un roi qui évite délibérément tout sentiment
du sublime associé à la vie d’une nation. Or, à la conclusion de l’intrigue, lorsque
ce dernier s’enlève dramatiquement la vie, il déclare comme Manfred qu’il est « on
the brink » et qu’il sent « an inward shrinking ». Ainsi, on voit qu’il s’aventure
vers l’Abysse et qu’il accepte de vivre un rapport sublime à l’histoire qu’il
transcende.
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| | | Charles E. Robinson How Sublime (and Prolific) was Byron? what the Reviewers Said [PDF 140 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article propose un survol des livres, des articles et des critiques (et
lettres) écrits sur Lord Byron et son oeuvre de son vivant et peu de temps après sa
mort, soit de 1807 à 1830 environ, de sorte à déterminer à quel point les
contemporains de Byron le trouvaient « sublime ». Walter Scott, en faisant le compte
rendu de Childe Harold 4, affirmait avec
enthousiasme qu’il s’agissait de « la poésie la plus sublime », mais d’autres, comme
William Hazlitt, étaient d’avis que « l’auteur de Childe Harold et de Don
Juan est… un poseur, encore qu’il soit provoquant et sublime ». En
parlant de Don Juan, John Wilson Croker
s’exclamait quant à lui : « Quelle sublimité! quelle légèreté! quelle audace! quelle
tendresse! quelle majesté! quelle insignifiance! quelle variété! quel
ennui!1 ». Ma discussion sur un grand nombre de ces
jugements sur l’oeuvre de Byron par ses contemporains nous permettra de determiner
si le terme « sublime » définit adéquatement l’esprit de la poésie de Byron, surtout
ce « sublime » tel qu’il a été compris par Longin, Burke et d’autres.
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| | The Sublime of Byronic Tragedy |
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| | | Itsuyo Higashinaka Manfred and the Sublime [PDF 122 ko] [Résumé]
Résumé
Dans sa Dédicace à Don Juan (strophe
10), Byron s’exprime sur Milton en expliquant que le mot « Miltonique » est devenu
synonyme du sublime à cause de la façon que choisissait de vivre Milton le poète et
l’homme. Selon Byron, Milton est resté fidèle à son crédo politique et religieux
malgré l’opposition de ses contemporains, suivant la Restauration. Aux yeux de
Byron, il y a quelque chose de très sublime et grand dans la conduite de Milton,
« le vieillard aveugle1 », qui vivait une situation difficile
alors qu’il était « défait, pâle et pauvre2 ». Cette
perspective sur Milton rappelle une création de Byron, Manfred, qui reste fidèle à
son crédo jusqu’à la fin et choisit de mourir plutôt qu’accepter toute intervention
du clergé ou de l’Église qui puisse le sauver. Dans ses Observations sur le sentiment du beau et du
sublime, Kant explique que l’homme mélancolique « a surtout le
sentiment du sublime3 ». On peut se demander si Kant expliquait
certaines des caractéristiques du héros de Byron. Il est certainement vrai que
Manfred, comme Kant le souligne ailleurs, « brave le danger et méprise la mort ».
Avant de mourir, il prononce ces derniers mots : « Vieillard! Ce n’est pas si
difficile, mourir . . .4 » À cet égard, l’attitude du samurai
japonais face à la vie et à la mort nous rappelle la notion du sublime. Le samurai
est souvent prêt à s’engager dans une bataille perdue d’avance et à y laisser sa vie
afin de rester fidèle à son credo. Une telle attitude nous apparaît « sublime ».
Selon Kant, « soumettre ses passions par des principes est sublime ».
Une autre caractéristique de Manfred en
termes du concept du sublime repose sur le lieu dans lequel se déroule le drame, qui
relève du sublime à son tour. En effet, Byron choisit comme lieu de l’action « les
Hautes-Alpes5 ». Ainsi, on y trouve plusieurs scènes que
Burke et Kant pourraient appeler des exemples du « sublime-terrible ». Autrement
dit, Manfred est une oeuvre dans laquelle
le décor et l’état d’esprit du protagoniste peuvent être qualifiés de
sublime.
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| | The Sculptural, Pictorial and Sartorial Sublime |
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| | | John Clubbe Bend it Like Byron: The Sartorial Sublime in Byron, Bonaparte, and Brummell, with
Glances at Their Modern Progeny [PDF 158 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article prend pour point de départ une déclaration surprenante de Byron
selon laquelle les trois plus grandes figures de son époque étaient lui-même,
Napoléon Bonaparte et George Brummell — le plus grand des trois étant le dandy
Brummell du Regency. Aujourd’hui, on dit de Byron qu’il est l’un des grands poètes
de la littérature mondiale, et les gens s’intéressent encore beaucoup à ses écrits
(on trouve à l’heure actuelle des sociétés byroniennes dans plus de trente pays). On
dit de Napoléon qu’il est l’un des plus grands génies politiques et militaires de
tous les temps; et Brummell — il semblerait n’être qu’une figure historique connue
de ses contemporains pour sa mine grave et dédaignante puis son style vestimentaire
impeccable. Pourtant, Byron avait raison : l’impact de Brummell sur la société
d’aujourd’hui perdure beaucoup plus que celui du poète ou de l’empereur. On n’a qu’à
regarder les publicités que referment nos magazines et nos journaux. Le style, c’est
tout; tout relève du style. Les mannequins nous font la moue, imitant Brummell sans
le savoir, nous regardent d’un air hautain. L’obsession de notre société pour les
marques de commerce tire son origine de la fascination que stimulait un dandy du
Regency à l’endroit du style personnel et des parures particulières il y a de cela
près de deux cent ans. Cet article, un exercice en relativisme culturel entre
l’époque de Byron et la nôtre, explore pourquoi Byron aurait proposé une telle
juxtaposition — et pourquoi son assertion sur la primauté de Brummell s’est avérée
être d’une étonnante précision.
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| | | Christine Kenyon Jones Byron, Hobhouse, Thorvaldsen and the Sculptural Sublime [PDF 219 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article, accompagné d’illustrations, aborde l’approche de Byron à la
sculpture. Malgré ce qu’il pouvait penser de son aptitude en arts visuels, je
montrerai que Byron avait un engagement très informé à l’endroit de l’esthétique qui
régissait la sculpture à son époque, surtout en ce qui a trait au débat entre le
naturalisme et l’idéalisation. Ce débat est passé au premier plan en Angleterre à
partir de 1807 surtout, lorsque le Lord Elgin amenait en Angleterre les marbres du
Parthenon dans l’espoir de les vendre au gouvernement britannique. Au début de 1816,
un rapport parlementaire sur l’achat éventuel des marbres fait une distinction entre
le naturalisme des figures de la collection d’Elgin et l’Apollon du Belvédère, « la
représentation la plus élevée et la plus sublime de la forme idéale et de la beauté
que n’a jamais concrétisé la Sculpture1 ».
Le buste de Bertel Thorvaldsen et la statue commémorative de Byron sont les
oeuvres d’art les plus distinguées qui soient associées au portrait du poète, et ont
été créées par un artiste bien en vue du milieu artistique en Europe. Cet article
place la commande du buste par Hobhouse et l’engagement de Byron au processus dans
le contexte du débat entre la forme naturaliste et sublime, débat dans lequel
s’entremêlaient les préoccupations esthétiques des disciples du néoclassicisme, de
Burke et du romantisme à l’égard du napoléonisme et des politiques de l’ère
post-révolutionnaire. La discussion portera également sur les lettres écrites par
Hobhouse à Thorvaldsen en 1829 (en français), jamais publiée dans aucune autre étude
sur Byron, dans lesquelles on peut lire une description physique de Byron par
Hobhouse.
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| | | Naji Oueijan Byron, Delacroix and the Oriental Sublime [PDF 125 ko] [Résumé]
Résumé
Parmi les artistes de l’ère romantique, Delacroix se distingue par sa fine
perception du sublime oriental dans l’oeuvre de Byron. Il était attiré par les
scènes tragiques de Byron qui dépeignaient les instants les plus intenses, les plus
périlleux et les plus passionnés de la vie de l’homme. Un grand nombre des tableaux
de Delacroix ont été inspirés par l’oeuvre de Byron; dans cet article, cependant,
mes observations se limiteront à l’illustration de scènes de violence tirées de
The Giaour. De telles scènes produisent
l’expérience du sublime oriental qui, selon Delacroix, forme la base esthétique des
contes orientaux de Byron. Avant d’entamer une discussion sur le sublime dans les
oeuvres de Byron et de Delacroix, je fournirai quelques balises théoriques sur les
normes du sublime en rapport aux scènes de violence entourant la rencontre du Soi
avec l’Autre, différent. J’entends non seulement révéler l’importante influence de
Byron sur Delacroix, mais aussi montrer comment et pourquoi Byron et Delacroix ont
réussi à évoquer le sublime oriental dans leurs oeuvres. Le concept du héros chez
Byron, celui du héros occidental et oriental, vivant des instances de violence
horrifiante dans un lieu oriental, sera analyser à la lumière de l’impact émotif et
érotique sur la stimulation du sublime oriental.
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| | The Romantic Sublime on Stage and Film |
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| | | Janet Hammock et Robert Lapp Performing Byron: Alongside Liszt, Chopin, and Keats [PDF 133 ko] [Résumé]
Résumé
Que se produit-il quand Childe Harold’s
Pilgrimage est présenté à voix haute ? Quels effets produit une
juxtaposition des Années de pèlerinage de
Liszt et des passages de Childe Harold qui
l’ont inspiré ? Quelles caractéristiques partagent « l’Ode to a Nightingale » de
Keats et la Nocturne op. 9 no 3 en si
majeur de Chopin ? Voilà autant de questions que soulève un récital
de poésie et de musique au piano par les professeurs Janet Hammock et Robert Lapp de
l’Université Mount Allison. Hammock et Lapp collaborent depuis 2002, unis par un
désir de partager leur expertise en musique et en littérature de l’ère romantique
avec un public plus vaste. Le résultat : un répertoire formé de juxtapositions
thématiques, dont deux qui seront présentées le 16 août 2005 : les pèlerinages
parallèles de Byron et de Liszt, puis les « nocturnes » de Keats et de Chopin. Le
récital sera suivi de réflexions sur les conséquences de cette collaboration
interdisciplinaire, qu’il s’agisse de découvertes interprétatives faites au cours de
la mémorisation ou du rôle du contexte de la représentation.
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| | | Peter W. Graham Byron and the Greek Sublime [PDF 112 ko] [Résumé]
Résumé
Le destin aura voulu que le premier paysage sublime grec qu’a vu Byron depuis la
terre ferme soit également le dernier sur lequel ont reposé ses yeux avant sa mort :
les paysages terrestres et maritimes de la ville de Messolonghi, un mélange de
montagnes rocailleuses et des plateaux marécageux surmontés d’un ciel vaste aux
lumières changeantes reflété dans les eaux calmes d’un lagon et les eaux plus
troubles du golfe de Patras. Malgré d’importants changements apportés à la ville
elle-même au cours du dernier siècle, le paysage terrestre et les lagunes de
Messolonghi restent à peu près inchangés. Suivant une brève présentation sur
l’histoire et la géographie de la région, nous regarderons un court-métrage sur le
sublime paysage d’Étolie-Akarnanie qui entourait Messolonghi à l’époque de Byron et
qui, en grande partie intacte, l’entoure encore.
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| | Byronic Variations on the Sublime |
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| | | Shobhana Bhattacharji The Prolix Sublime [PDF 146 ko] [Résumé]
Résumé
Prolixe : qui est trop long et verbeux (de prolixus « allongé », pro
« en avant », liquidus « liquide »).
Prolifique, fertile, fécond, abondant (de proles « descendance » et -fique).
Byron était généreux avec ses mots. Il traduisait sa vie (plutôt qu’en faire la
transcription) par des lettres, des journaux intimes et des vers; il enrobait ses
vers de préfaces et de notes écrites en prose; il écrivait des critiques et des
lettres aux éditeurs; il ne pouvait ni ne voulait-il terminer ses longs poèmes,
disant qu’il y ajouterait peut-être quelque chose plus tard; il lui arrivait
d’écrire sur un seul événement dans plus d’une demi-douzaine de lettres adressées à
diverses personnes; il notait une idée dans son journal et l’étirait pour en faire
une pièce de théâtre; son épouse, peu admiratrice, le traitait de monarque des mots;
ceux qui le connaissaient se souviennent de l’infinie variété de ses conversations «
sans réserves ». Il trouvait plaisir dans les mots et aimait les étirer dans toutes
les directions : interrompant le flux de la narration dans Childe Harold’s Pilgrimage pour y insérer des
méditations, faisant de longues digressions dans Don
Juan, jouant sur les mots des autres, gonflant ses écrits de
citations. Et pourtant, ses longs poèmes et sa prose abondante coulent à flots dans
une profusion du langage. Il faut aussi se rappeler que Byron était un écrivain
populaire. Les lecteurs de l’époque devaient donc apprécier son caractère prolixe,
fécond. En 1909, A. C. Bradley faisait valoir que les poètes de l’époque de
Wordsworth n’avaient pas le talent d’écrire de longs poèmes, et qu’ils ne faisaient
qu’enfiler des paroles sur une ficelle de vers tout au plus ordinaires. À la manière
de son époque, Bradley supposait que le goût des gens s’était amélioré avec le temps
et que les Victoriens qui avaient succédé à Byron pouvaient apprécier la bonne
poésie, contrairement à Byron et ses contemporains. Selon moi, l’écriture copieuse
de Byron était délibérée, une sorte de principe de créativité. Un peu avant Bradley,
J. A. Symonds affirmait qu’il nous fallait, pour juger de la grandeur d’un poète,
une vaste quantité de mots et de poèmes de sa plume. Est-ce pourquoi Byron écrivait
tant? Ou croyait-il, comme Burke, qu’une « idée claire, c’est . . . une autre façon
de nommer une petite idée1 »? Associait-il au sublime une
plénitude de mots? L’abondance de mots n’est pas toujours synonyme de longs poèmes,
pas plus qu’il y a un seul point de vue critique sur le bien ou mal-fondé du
non-minimalisme. Mais dans sa pratique de la profusion, Byron semble avoir absorbé
quelques-unes des attitudes des poètes qui le précédaient immédiatement et anticipé
sur celles des poètes de la fin du vingtième siècle.
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| | | Gale Bouchard Byron, The Suffragettes and Romancing the Sublime [PDF 127 ko] [Résumé]
Résumé
« Fou, voyou, une dangereuse connaissance2 » : voilà ce
qu’aurait pu dire une femme en parlant du Lord Byron comme entité sexuelle. Mais
qu’aurait-elle dit de lui dans son rôle de poète? Était-il aussi dangereux?
M’inspirant de recherches récentes sur le mouvement des suffragettes en
Grande-Bretagne, sur le militantisme des suffragettes et l’importance des mots dans
leur cause, je ferai valoir dans cet article que les féministes étaient radicalement
attirées à Byron. Les suffragettes avaient adopté le cri de guerre « De la parole
aux actes », mais celui-ci s’avérait être une lame à double tranchant. La parole, et
pas seulement les actes, était d’une importance vitale à Emmeline Pankhurst et ses
disciples, et les paroles de Byron figuraient parmi celles qu’elles préféraient.
Plus d’une fois, le Lord Byron se trouvait à la scène d’un crime commis par les
suffragettes. Celles-ci avaient inscrit « Ceux qui veulent être libres doivent
s’affranchir de leurs propres mains3 » (Childe Harold 2. 76) sur des bouts de papier
qu’elles avaient fixés avec de la corde aux pierres destinées aux fenêtres du palais
de Westminster – pierres qui furent lancées, avec un flair byronnien, par des mains
vêtues de gants et parées de plumes. Lord Byron, donc, l’irrépressible coureur de
jupons de l’ère romantique, serait l’instigateur de la première vague du mouvement
féministe.
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| | Childe Harold’s Pilgrimage |
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| | | Michael R. Edson Soil and Sublimity in Childe Harold’s
Pilgrimage [PDF 126 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article commence par une brève description des moyens par lesquels la
terminologie et les conventions régissant la description de paysages sublimes
informent le discours géologique de la fin du dix-huitième et du début du
dix-neuvième siècle, tel qu’exemplifié par Theory of
the Earth de James Hutton (1789) et Essays on the Theory of the Earth de Georges Cuvier (1813). Je ferai
ensuite valoir que les réflexions de Byron sur l’érosion graduelle mais inévitable
des empires et des cultures dans Childe Harold’s
Pilgrimage et The Age of
Bronze montrent une perspective (in)formée par la géologie, et que le
sublime, dans ces poèmes, est produit par la rencontre avec les processus
historiques et le temps géologique, qui sont vastes, auto-anéantissants et
inimaginables. Dans ces poèmes, non seulement la description par Byron de l’être
humain fait d’argile renvoie aux origines et au destin ultime de notre substance
corporelle, elle associe l’humain (le culturel) à la strate érodée et soulevée par
les forces naturelles et incontenables. Dans ces poèmes, les lieux physiques
deviennent temporels; les ruines, souvent associées au pittoresque, deviennent
sublimes. Elles ne sont pas de terrifiants symboles du transitoire culturel ou de
l’insignifiance de l’être humain, mais plutôt des affleurements minéralisés et
exposés temporairement dans lesquels le sujet percevant (le narrateur, puis le
lecteur par la suite) peut lire le passage du temps et contempler l’éventualité
horrifiante de sa propre désintégration et de sa mort.
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| | | Vitana Kostadinova The Rise of the Sublime and the Fall of History [PDF 128 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article explore l’engagement de Byron à l’endroit du sublime dans le chant 2
de Childe Harold’s Pilgrimage, contre
l’arrière-plan de son traitement dans ses poèmes de l’histoire et de la
correspondance entre l’expérience personnelle et les processus historiques. Sur le
plan théorique, il prendra appui sur la discussion par Kant du sublime, selon qui
nous jugeons quand nous évaluons les objets; le concept sera lié au relativisme
esthétique et éthique introduit au dix-huitième siècle. L’argument sera centré sur
les instances de parallélisme (produits par la métaphore et la comparaison) entre
l’objet sublime et l’esprit de la personne qui le contemple.
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| | | Christiane Vigouroux Lord Byron : Du Parnasse à l’Océan, errance romantique et geste sublime [PDF 140 ko] [Résumé]
Résumé
Le sublime est à la mode . . . il l’est à Paris et chez les théoriciens, qui s’y
réfèrent souvent depuis quelques années (Marin, Derrida, Lyotard et quelques
autres), aussi bien qu’à Los Angeles et chez les artistes, lorsque l’un d’eux
intitule ‘The sublime’ une récente exposition . . . . On trouverait d’autres
témoignages à Berlin, Rome ou Tokyo. (Sans parler de l’usage du mot sublime dans la
langue la plus courante !).
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| | | Peter Cochran Longinus, Sappho’s Ode, and the Question of Sublimity [PDF 153 ko] [Résumé]
Résumé
De prime abord, cet article peut sembler porter sur les attitudes à l’endroit de
l’autorité des anciens, mais il porte en fait sur l’ironie du ton et sur la
difficulté qu’on peut avoir à la déceler, même quand le locuteur ou l’écrivain est
un de nos proches. Dans Don Juan, chant
premier, strophe 42, par exemple, Byron écrit : « je ne crois pas que l’ode de Sapho
soit d’un bon exemple, quoique Longin prétende qu’il n’est point d’hymne où le
sublime prenne un essor plus élevé . . .1 », suite à quoi il
cite des passages du pseudo-Longin auquel il fait référence. Dans les marges de
l’épreuve, J. C. Hobhouse le corrige — ou du moins il tente de le faire — en
proposant une autre interprétation de ce qu’entend Longin, différente de celle que
communique la strophe de Byron. Dans les marges de la même épreuve, Byron réagit
« robustement » comme il avait parfois l’habitude de le faire et refuse d’apporter
les modifications proposées.
Dans cet article, j’examinerai les deux attitudes qu’illustre le micro-argument
entre Hobhouse et Byron à l’égard de l’autorité classique, et je verrai ce qu’on
peut en déduire sur la difficulté qu’avaient les tout premiers lecteurs de Don Juan à cerner le ton de Byron et son attitude
à l’égard de l’autorité et au précédent. Ce faisant, j’espère nous donner une idée
de ce qu’aurait pu signifier le terme « sublime » pour (1) Byron avant Don Juan, (2) Byron à l’ère de Don Juan, et (3) un lecteur conservateur comme
Hobhouse (qui représente le lecteur averti moyen vers 1819). J’examinerai également
ce qu’aurait pu être la signification de l’Ode de Sapho pour chacun de ces deux
hommes, et je me demanderai si la nature même de l’ode a une incidence sur notre
perception de ce qu’entend Byron en parlant du « Sublime ».
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| | | Joan Blythe Byron, Milton, and Psalms: Sublime Wrath, Poetic Justice [PDF 144 ko] [Résumé]
Résumé
Dans les Psaumes, la violence et les terribles malédictions se trouvent parfois
juxtaposés par le biais du langage à quelques-uns des plus beaux passages poétiques
en Occident. Un aspect important de cette association est le lien entre le phénomène
sublime de la colère de Dieu — dirigée soit vers le narrateur-psalmaudier, soit vers
les ennemies de ce dernier — et le droit poétique. Je ferai valoir qu’on retrouve
souvent cette dynamique dans les oeuvres de Milton et de Byron, deux auteurs dont la
conscience poétique était imbue des Psaumes. De façon générale, la dette qu’avait
Milton à l’endroit des Psaumes a souvent été soulignée; or, on a largement négligé
l’influence de la violence de ces textes sur sa langue. Pour ce qui est de Byron, on
a peu étudié ce dernier à cette lumière, peut-être parce qu’il fait peu directement
référence aux Psaumes. Pourtant, sa poésie regorge de leur influence. Cet article
explore, depuis la perspective de la psychologie et du langage sublime des Psaumes,
la passion de Milton et Byron pour la justice sociale et la très forte croyance
qu’ils avaient en leurs talents poétiques singuliers.
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| | Aesthetics and Intertextuality |
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| | | Terrance Riley Byron in 1816 and the Intertextual Sublime [PDF 135 ko] [Résumé]
Résumé
« Churchill’s Grave » et « Monody on the Death of Sheridan » sont les premiers
textes à indiquer que Byron commençait à songer sérieusement aux aspects
métaphysiques de l’identité de l’auteur. L’immortalité ambiguë qui s’attache au nom
d’un poète, un thème mineur ayant toujours subi un traitement conventionnel, devient
un thème majeur pendant les huit dernières années de la vie de Byron. « Churchill’s
Grave » et les autres écrits de 1816 surtout témoignent d’une plus grande
sensibilité à la textualité du poème. Aussi « personnels » ou passionnés qu’auraient
pu être ces textes dans la vie naturelle de l’auteur, tous les écrits publics
glissent immédiatement vers une sphère intertextuelle dans laquelle l’identité
naturelle devient un marqueur sans vie, un « nom » assujetti à d’innombrables
appropriations et réappropriations. Les deux poèmes ont formé le style qu’adoptera
Byron par la suite puis la façon dont il abordera la célébrité et la
notoriété.
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| | | Bernard Beatty ‘An awful wish to plunge within it’: Byron’s Critique of the Sublime [PDF 127 ko] [Résumé]
Résumé
Cet article porte sur deux aspects importants. Le premier est le sens du sublime
depuis Longin jusqu’à la résurrection de Longin par Boileau, soit le sublime que
connaissait Byron (pas celui de Kant); le second concerne la citation suivante, de
Byron : « c’est le sublime de cette sorte d’écriture-là1 ».
Boileau et Longin soulignent ce qui est noble et qui élève l’esprit, tandis que le
« cette sorte-là » de Byron est humble, contingent et fondé sur des bases
empiriques. Je ferai valoir que la phrase « sorte d’écriture » lie les deux aspects,
car même si Byron saisit intuitivement le nouveau sublime dont il fait la promotion
tout en soulignant le burlesque en parlant du « terrible désir de vous y
plonger2 », il n’associe pas au sublime un modèle de
conscience mais bien un type d’écriture. C’est dans l’abysse du langage et de la
véritable profondeur ontologique que veut plonger Byron. Je soutiendrai que la clé à
cette singularité se trouve dans la position religieuse particulière de
Byron.
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