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Santé mentale au Québec

Volume 11, numéro 1, juin 1986, p. 42-58

Politiques et modèles I

Sous la direction de Yves Lcomte

Direction : Yves Lecomte (directeur)

Éditeur : Revue Santé mentale au Québec

ISSN : 0383-6320 (imprimé)  1708-3923 (numérique)

DOI : 10.7202/030319ar

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Article

Les évidences en questions

Ellen Corin

Gilles Lauzon

Résumé

Les discours actuels sur la santé mentale au Québec reposent sur une série de prémisses qui demeurent généralement implicites ou sont présentées comme des postulats «de bon sens» par rapport à la réalité. Les auteurs ont voulu interroger la signification et la portée réelle de ces prémisses en empruntant le biais d'une démarche comparative. Considérant d'abord le concept de désinstitutionnalisation tel qu'il est utilisé dans différents pays, ils en relèvent l'équivocité, les variations renvoyant à des conditions de contexte et à des postulats spécifiques à chacun des systèmes. En un deuxième temps, pour pouvoir mettre nos propres prémisses en perspectives, ils cherchent à opérer une démarche de décentration en s'appuyant d'une part sur une familiarité avec d'autres modes culturels de réaction face à des problèmes de psychiatrie-santé mentale, en Afrique, et de l'autre sur des données recueillies au Québec auprès de patients psychiatriques ou d'ex-patients et de membres de leur entourage. Cette double démarche les amène à énoncer, relativiser et critiquer ce qu'ils présentent comme les trois prémisses à la base des discours officiels au Québec: une banalisation des problèmes de psychiatrie-santé mentale, une normalisation des personnes et l'homogénéisation d'un champ qui demeure très complexe. Un examen du caractère théorique de ce modèle, de sa dimension moralisante et des acteurs-clé qui participent à sa définition, permet d'en montrer le caractère socio-historiquement situé. Les auteurs s'interrogent sur la possibilité de réintroduire une dimension de diversité dans nos modes de pensée, de gestion et d'action.

SUMMARY

Questioning the obvious

The actual language on mental health in Quebec is founded on a série of premises that generally remain implicit or are introduced as postulates of "good will" with regard to reality. The authors want to question the significance and the real range of those premises by using a comparative analysis. Considering the concept of desinstitutionalization as used in different countries, they detect the ambiguities and the differences due to the context and to the postulates specific to each of those systems. Then, to elaborate our own premises, they utilize a decentralization method: with the help of their knowledge of other cultural ways of reacting to the problems of psychiatry-mental health, on the one hand in Africa, and on the other from data gathered in Quebec from psychiatric patients, ex-patients and friends. This twofold study leads them to express, compare and criticize what they introduce as the three main premises of mental health language in Quebec: to popularize psychiatric-mental health problems and to introduce a standardization of the people and a uniformity of structure in a field that remains very complex. A study of the theoretical character of this model, of its moralizing dimension and of the key-actors who contribute to its definition, allows them to describe the socio-historic context. The authors question the possibility of introducing a new dimension in our ways of thinking, management and action.

Auteurs : Ellen Corin et Gilles Lauzon
Titre : Les évidences en questions
Revue : Santé mentale au Québec, Volume 11, numéro 1, juin 1986, p. 42-58
URI : http://id.erudit.org/iderudit/030319ar
DOI : 10.7202/030319ar

Tous droits réservés © Santé mentale au Québec, 1986

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