Le défi de la solidarité organiqueAvons-nous besoin de nouvelles institutions pour préserver la cohésion sociale?
Rainer Zoll
Résumé
Non sans en avoir d’abord fait l’historique, l’auteur reprend la distinction de Durkheim entre solidarité mécanique et solidarité organique, qu’il définit comme la différence entre une solidarité basée sur l’égalité et une solidarité basée sur la diversité et la différence. Est ensuite développée la thèse selon laquelle la solidarité a été dans le passé surtout mécanique cependant que nous vivons actuellement un processus de mutation socioculturelle de la solidarité, soit pour l’essentiel un passage de la solidarité mécanique à la solidarité organique. Pour cerner le concept de la solidarité organique, l’auteur s’appuie sur la discussion sociologique de la figure de « l’étranger » ainsi que sur le débat social-philosophique concernant la solidarité. De ce débat, il ressort que la solidarité (organique) implique la capacité de s’identifier au non-identique. La solidarité mécanique a été fortement favorisée dans son évolution par son institutionnalisation dans le mouvement syndical. Par analogie, l’auteur conclut que la solidarité organique, par définition pluraliste, devrait être encouragée par des institutionnalisations nouvelles et multiples.
Summary
After looking back briefly over the history of the concept, the author re-examines Durkheim’s distinction between mechanistic and organic solidarity, reducing it to the difference between solidarity based on equality and solidarity based on diversity and difference. The thesis is then developed that solidarity in the past was above all a mechanistic solidarity and that we are now experiencing a process of socio-cultural change in the nature of solidarity, essentially moving from mechanistic solidarity to organic solidarity. To clarify the concept of organic solidarity the author builds on the sociological discussion of the figure of the “outsider” and on the social-philosophical debate on solidarity. According to this debate, solidarity (organic) implies the capacity to identity oneself to the non-identical. Mechanistic solidarity was greatly favoured in its evolution by being institutionalized in the trade-union movement. By analogy, the author concludes that organic solidarity, which is by definition pluralistic, should be encouraged by new and multiple institutionalizations.
Resumen
Después de evocar la historia del concepto, el autor retoma la distinción de Durkheim entre solidaridad mecánica y solidaridad orgánica y la retrotrae a la diferencia entre una solidaridad basada en la igualdad y una solidaridad basada en la diversidad y la diferencia. El autor desarrolla la tésis que sostiene que la solidaridad ha sido sobretodo de tipo mecánica en el pasado y que actualmente estaríamos viviendo un proceso de mutación sociocultural de la solidaridad en el sentido de un pasaje de la solidaridad mecánica a la orgánica. Para precisar el concepto de solidaridad orgánica, el autor se apoya en la discusión sociológica de la figura del « extranjero » así como en el debate social-filosófico que concierne la solidaridad. De este debate, se destaca que la solidaridad (orgánica) implica la capacidad de identificación con lo no-idéntico. La solidaridad mecánica ha sido fuertement favorecida en su evolución por su institucionalización en el movimiento sindical. Analogamente, el autor concluye que la solidaridad orgánica, por definición pluralista, debería ser alentada por nuevas y múltiples institucionalizaciones.
| Auteur : | Rainer Zoll |
|---|---|
| Titre : | Le défi de la solidarité organique : avons-nous besoin de nouvelles institutions pour préserver la cohésion sociale? |
| Revue : | Sociologie et sociétés, Volume 30, numéro 2, automne 1998, p. 1-10 |
| URI : | http://id.erudit.org/iderudit/001848ar |
Tous droits réservés © Les Presses de l'Université de Montréal , 1998

