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Tangence

Direction : André Gervais (co-directeur), Lucie Guillemette (co-directrice), Marc André Bernier (directeurs adjoint) et Claude La Charité (directeurs adjoint)

Éditeur : Tangence

ISSN : 1189-4563 (imprimé) 1710-0305 (numérique)

Précédé de : Urgences

tce

Numéro 74, hiver 2004, p. 5-137Édition critique et intertextualité. Réécritures, reprises, dérivations

Sous la direction de Anne Pasquier et Réal Ouellet

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Anne Pasquier et Réal Ouellet

Liminaire

Pages 5–7

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Anne Pasquier

Nag Hammadi : repenser les notions et catégories usuelles

Pages 9–23

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Résumé

Cet article explore la question de la dérivation textuelle, ce que depuis Gérard Genette on appelle l’hypertextualité, et aborde sous cet angle des écrits de la Bibliothèque copte de Nag Hammadi. Composés au début de l’ère chrétienne, ceux-ci posent des problèmes particuliers : ils sont anciens, anonymes et sans prétention littéraire affichée. Il est possible de mettre en lumière diverses modalités de dérivation entre eux ainsi que les liens qui les unissent aux hypotextes dont ils dérivent. Il ne s’agit pas de suggérer de nouvelles catégories, ni d’essayer de faire entrer strictement les oeuvres anciennes dans des catégories connues, mais plutôt de montrer le travail qu’opèrent ces écrits sur leurs sources afin de mieux les comprendre. En ce sens, l’intertextualité, et toute forme de transtextualité, est intéressante dans la mesure où elle met l’accent sur l’intégration et l’interprétation des matériaux traditionnels plutôt que de s’en tenir exclusivement à la critique des sources. On peut en conclure que c’est en fonction de la relation spécifique entre l’hypertexte et son hypotexte que la signification doit être envisagée, et non en fonction de l’hypertexte seul.

   

Marie-France Viel

La Bible des poëtes   : une réécriture rhétorique des Métamorphoses d’Ovide

Pages 25–44

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Résumé

Avec la rédaction de l’Ovide moralisé en vers, la première moitié du xive siècle marque l’avènement des traductions intégrales des Métamorphoses d’Ovide. Le succès du long poème est tel que, jusqu’à la Renaissance, les versions en prose et les remaniements en vers se succéderont régulièrement. Parue en 1484 à Bruges sous la presse de l’imprimeur Colard Mansion, la Bible des poëtes est la première version imprimée des témoins de cette tradition. L’ouvrage hérite de ses prédécesseurs un goût prononcé pour les moralisations qui, au gré des commentaires, traductions et traités mythographiques, n’ont cessé de travailler la matière fabuleuse ovidienne pour l’adapter aux exigences du monde chrétien. L’examen du sort particulier réservé au traitement du mythe de Phaéthon offre l’occasion d’appréhender les dispositifs rhétoriques et les méthodes exégétiques mis en oeuvre dans les quinze livres du texte ovidien.

   

Réal Ouellet

Lahontan et Exquemelin : deux exemples de dérive textuelle (xviie-xviiie siècles)

Pages 45–57

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Résumé

Les oeuvres d’Exquemelin et de Lahontan sont importantes aussi bien pour l’histoire des idées que pour l’évolution de l’image de l’Amérique vers la fin du xviie siècle. Toutes deux s’inscrivent dans le sillage de la colonisation et portent en elles, chacune à sa manière, une contestation des valeurs européennes dominantes à travers deux figures mythiques de l’égalitarisme social et politique : le Flibustier et le Sauvage philosophe. Après avoir obtenu un succès retentissant à leur époque, elles se sont par la suite perdues dans la légende qu’on a construite autour d’elles. Ce ne sont pas les textes en tant que créations linguistiques originales qui seront étudiés ici, mais l’histoire complexe de leur édition.

   

Frédéric Charbonneau

La mémoire des autres. Historiens et plagiaires d’Ancien Régime

Pages 59–69

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Résumé

Le xviiie siècle a vu se renforcer progressivement la relation de l’auteur à son oeuvre et s’accuser corollairement le signe de l’infamie qui marque les plagiaires. On est encore loin pourtant de la sensibilité chatouilleuse aux emprunts qui caractérise notre époque. Des habitudes d’écriture et d’édition à la relation d’autorité, l’étude des Mémoires d’Ancien Régime permet de nommer et de mettre en rapport un certain nombre de facteurs qui compliquent à l’occasion le travail de l’érudit, au point parfois de rendre vain l’effort d’identification d’un auteur unique : la réversibilité du document et du monument, qui faisait des Mémoires, même les plus achevés, des sources pour d’autres ouvrages ; l’anonymat de la rédaction, sa délégation à des secrétaires, sa collégialité dans le cas particulier de certaines communautés religieuses ; et la fabrication ultérieure de l’oeuvre, par les libraires ou par les héritiers, à partir de textes hétérogènes. Ce sont moins là des faits que des problèmes, qu’il faut poser sinon résoudre, des espaces culturels à baliser ou à quadriller.

   

Manon Brunet

Réseau, lettre et édition critique : pour une anthropologie littéraire

Pages 71–96

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Résumé

L’édition critique est beaucoup plus qu’une technique d’histoire littéraire. Comme n’importe quel travail effectué à la source, elle exige une réflexion épistémologique et méthodologique, afin de pouvoir accéder et donner accès à une connaissance de l’objet littéraire qui soit la plus complète. Or, on peut imaginer une édition critique de lettres qui chercherait à comprendre le processus de création littéraire dans son mouvement même en dépassant les genèses textuelles et biographiques. Les lettres croisées analysées en réseau permettraient de fonder une anthropologie littéraire exempte du déterminisme et des présupposés axiomatiques figés de l’histoire littéraire traditionnelle.

   

Bernard Beugnot

Bouhours/Ponge : regards croisés sur intertextualité et réécriture

Pages 97–108

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Résumé

À l’horizon des rapports entre édition critique et intertextualité se pose cette question : l’édition critique est-elle en mesure de prendre en compte et de mettre en scène les divers registres de la mémoire, individuelle ou collective, c’est-à-dire les processus de l’invention, et selon quelles modalités ou procédures ? Trois types d’intertextualité sont envisagés à partir d’exemples empruntés surtout aux Entretiens du père Dominique Bouhours et à Francis Ponge : la citation, l’allusion (et sa variante, l’application), et enfin la reprise. L’éditeur navigue entre deux écueils : méconnaître tout ce qui se réinscrit dans l’oeuvre et s’interdire de comprendre sa portée et son retentissement, car il n’y a pas d’avènement textuel sans anamnèse ; la faire éclater dans une fragmentation de sources, d’échos, de traces et s’interdire d’en saisir la métamorphose et la réinvention.

 

Hors dossier  

   

Marie Christine Bureau et Emma Mbia

Shiva Naipaul ou L’invention quotidienne de soi

Pages 111–126

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Résumé

Cet article est consacré à Shiva Naipaul, essayiste, romancier originaire de l’Inde, né à Trinidad, écrivain-voyageur qui a parcouru le monde de l’Afrique à l’Australie, de la Guyane au Sri Lanka. Nous proposons de mettre en écho son histoire personnelle et son travail d’écrivain, qui l’oblige précisément, comme il le disait lui-même, à se « réinventer chaque jour ». Cette invention quotidienne de soi est source d’une lucidité douloureuse, mais libératrice, propre à favoriser la compréhension des bouleversements du monde postcolonial. Son art de l’investigation, intimement lié à sa quête personnelle, se caractérise par une grande distance, une volonté de mise en perspective et une méfiance vis-à-vis des abstractions dangereuses, le « prêt-à-penser », mais aussi par un engagement personnel, quitte à se mettre en danger lui-même. L’auteur ouvre ainsi une voie singulière entre littérature, journalisme et analyse anthropologique.

 

Compte rendu  

   

Pierre Berthiaume

Jacques Wagner (sous la direction de), Jean-François Marmontel. Un intellectuel exemplaire au siècle des Lumières, Tulle, Mille Sources, 2003. ISBN 2 909744 21 3

Pages 127–137

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François Paré

Philip Knee, La parole incertaine. Montaigne en dialogue, Québec, Presses de l’Université Laval, coll. « République des Lettres », 2003, 218 p. ISBN 2-7637-8021-0

Pages 133–136

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URI : http://www.erudit.org/revue/tce/2004/v/n74/

Tous droits réservés © Tangence, 2004

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