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Tangence

Numéro 84, été 2007, p. 11-30

Postures et impostures de l’individualisme humaniste

Sous la direction de Luc Vaillancourt

Direction : André Gervais (codirecteur), Lucie Guillemette (codirectrice), Marc André Bernier (directeur adjoint) et Claude La Charité (directeur adjoint)

Éditeur : Tangence

ISSN : 1189-4563 (imprimé)  1710-0305 (numérique)

DOI : 10.7202/018568ar

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Article

Marguerite de Navarre et la lettre de confession

Claude La Charité

Université du Québec à Rimouski

Résumé

Marguerite de Navarre, à l’époque où elle n’est encore que duchesse d’Alençon, a entretenu une correspondance nourrie et suivie, de 1521 à 1524, avec son confesseur de l’époque, Guillaume Briçonnet. Cet article étudie la persona de l’épistolière dans cet échange de lettres où, contre toute attente, puisqu’à la même époque Érasme théorise pour la première fois le genre de la lettre familière dans son De conscribendis epistolis (1522), on ne trouve rien de proprement subjectif au sens moderne du terme. En réalité, ces lettres de confession se situent aux antipodes de ce qu’un certain anticléricalisme aimerait imaginer comme étant les secrets inavouables du confessionnal. En fait, conformément à la philosophie augustinienne dont elle est fortement imprégnée, la future reine de Navarre cherche plutôt à abolir sa propre subjectivité dans la volonté divine. La correspondance avec Guillaume Briçonnet se place tout entière dans le sillage de l’autobiographie augustinienne, dont la visée ne serait pas tant la déclinaison du « moi » qu’un effort tendu vers sa pure et simple négation, voire sa dissolution dans un « je » universel, celui des psaumes bibliques.

Abstract

Marguerite de Navarre and the letter of confession

Marguerite de Navarre, during the time she was still Marguerite d’Angoulême, carried on an extensive, continuous correspondence, from 1521 to 1524 with her then confessor, Guillaume Briçonnet. This article studies the letter writer’s persona in this exchange of letters where—against all expectations and despite the fact that Erasmus was theorizing concurrently and for the first time about the familiar letter genre in his De conscribendis epistolis (1522)—we find nothing specifically subjective in the modern sense of the term. Actually, these letters of confession are the polar opposite of what a certain anticlericalism would like to imagine are the shameful secrets of the confessional. Indeed, in keeping with the Augustinian philosophy that strongly informed her thought, the future queen of Navarre sought, instead, to abolish her subjectivity in the divine will. The entire correspondence with Guillaume Briçonnet follows in the wake of Augustinian autobiography, which aimed not so much to decline the “me” as to aspire to its pure and simple negation—even dissolution—in the universal “I” of the Biblical psalms.

Auteur : Claude La Charité
Titre : Marguerite de Navarre et la lettre de confession
Revue : Tangence, Numéro 84, été 2007, p. 11-30
URI : http://id.erudit.org/iderudit/018568ar
DOI : 10.7202/018568ar

Tous droits réservés © Tangence, 2008

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