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TTR : traduction, terminologie, rédaction

Volume 11, numéro 2, 2e semestre 1998, p. 55-72

Psychanalyse et traduction : voies de traverse / Psychoanalysis and Translation: Passages Between and Beyond

Sous la direction de Ginette Michaud

Direction : Annick Chapdelaine (directrice)

Éditeur : Association canadienne de traductologie

ISSN : 0835-8443 (imprimé)  1708-2188 (numérique)

DOI : 10.7202/037334ar

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Article

Éprouver le passage

Monique Schneider

Résumé

Éprouver le passage — Lorsque se trouve accentuée la dimension de perte inhérente à l'accès au symbolique, la traduction peut apparaître comme le champ privilégié où s'étale cette perte. Direction suivie par J.-B. Pontalis parlant de « la mélancolie du langage » et dotant le traducteur de « la capacité infinie d'être triste ». Une autre orientation se dessine si la traduction est envisagée dans son exercice même et non dans son seul résultat. L'expérience analysée sera celle de la retraduction des textes de Freud, mettant au jour les opérations à l'oeuvre dans les traductions officielles : maquillage des termes se rapportant à la scène de séduction et à la possibilité, pour le maître, d'avoir accès à la jouissance. Ce qui conduit à une mise en abyme du procès de la séduction.

De la traduction mystifiée à la traduction impossible : c'est la tentative même de franchissement qui fait apparaître l'inconvertible dans une langue, l'exemple choisi étant le signifiant allemand, Leib, terme désignant, par opposition à Körper, le corps vivant ou le corps en creux, donc connoté de féminité; connotation qu'aucun terme français ne pourra rendre.

Abstract

Experiencing the Passage — When examining the loss involved in the attempt to accede to the symbolic, translation can appear to be a privileged field in that it is there that the loss occurs. This line of thought is pursued by J.-B. Pontalis, who talks about "the melancholy of language" and endows translators with an "infinite capacity for sadness." Another view of translating comes from placing the emphasis on the process of translating rather than on the translation as product. The author analyzes the retranslation of Freud's writings, revealing the operations at work in the official translations : the disguising of terms referring to the seduction scene and to the possibility, for the master, of experiencing jouissance. This leads to the mise en abyme of the seduction process.

From mystifying translation to impossible translation : the very attempt to cross over reveals the inconvertible in a language; for example, the German signifier, Leib, a term designating, in opposition to Körper, the living or receptive body, has a connotation of femininity no French term can render.

Auteur : Monique Schneider
Titre : Éprouver le passage
Revue : TTR : traduction, terminologie, rédaction, Volume 11, numéro 2, 2e semestre 1998, p. 55-72
URI : http://id.erudit.org/iderudit/037334ar
DOI : 10.7202/037334ar

Tous droits réservés © TTR: traduction, terminologie, rédaction — Les auteurs, 1998

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