Comptes rendus bibliographiques

DREVON, Guillaume, GWIAZDZINSKI, Luc et KLEIN, Olivier (2017) Chronotopies. Lecture et écriture des mondes en mouvement. Grenoble, Elya Éditions, 216 p. (ISBN 979-1-09133-610-9)

  • Sandra Breux

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  • Sandra Breux
    Institut national de la recherche scientifique, Centre Urbanisation Culture Société, Montréal (Canada)

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Cover of Mémoires collectives et production des territoires urbains, Volume 63, Number 178, April 2019, pp. 3-127, Cahiers de géographie du Québec

Florilège de contributions diverses et originales visant à développer une « approche spatio-temporelle de nos sociétés » (p. 18), on pénètre dans ce livre de la même façon qu’on découvre une exposition. Cette entrée en matière s’explique par la diversité des textes qui composent cet ouvrage : on y trouve tant des approches artistiques et des résultats d’enquêtes de terrain que des réflexions théoriques plus générales. La brièveté des textes (de 3 à 12 pages) ainsi que les origines géographiques et disciplinaires très variées de la vingtaine d’auteurs invitent également le lecteur à déambuler au sein des différentes analyses proposées. Cette formule est de fait très rafraichissante, notamment parce qu’elle permet au lecteur de papillonner facilement au gré de ses intérêts, mais aussi de l’interpeller assez facilement. L’ouvrage offre ainsi un kaléidoscope de réflexions variées. Si l’objectif du livre est présenté comme un repérage « des avancées dans le domaine des représentations cartographiques de l’espace et du temps, d’identifier les apports des arts et des artistes et d’imaginer quelques transferts et hybridations à travers le concept encore flou de “chronotopie” » (p. 18), le but réel est bel et bien de nous démontrer la nécessité de penser conjointement le temps et l’espace pour saisir la société contemporaine. Trois grandes parties structurent cet ouvrage. La première partie, intitulée Hybridation des savoirs, rassemble des « approches artistiques à la fois pour leurs vertus heuristiques, mais aussi pour leur capacité à poser des questions et/ou y répondre » (p. 202). Les six textes qui composent cette partie traitent autant de l’architecture comme art dynamique que de cinéma, de représentations et de performances artistiques. Bien qu’intéressants, ces textes n’ont pas tous atteint le même niveau de maturité quant à la nécessité de relier le temps et l’espace dans les discussions actuelles. On passe ainsi parfois du simple constat à la réflexion plus longue. En outre, certains textes sont plus hermétiques que d’autres, affichant des sensibilités fort différentes et rendant parfois la cohérence de l’ensemble difficile à saisir. La deuxième partie attirera peut-être davantage les géographes puisqu’elle pose un regard aussi bien temporel et géographique que méthodologique sur certains faits sociaux et sur la manière de représenter conjointement temps et espace. On y traite tantôt des innovations dans le domaine de représentations, de rythmes sociaux et d’outils. Derrière cette partie, se profile en filigrane l’idée que « les données temporelles structurées restent trop rares » (p. 80). Un chapitre frappe par l’originalité de son thème, mais également par sa pertinence sociale dans la société contemporaine : la cartographie de l’isolement des personnes âgées. Les auteurs montrent habilement la façon dont « la représentation chrono-géographique apporte une vue d’ensemble et synthétique de la vie quotidienne de ces personnes et permet de mettre en lumière l’importance de l’espace-temps de l’échange dans des situations personnelles marquées par la dépendance et la perte de mobilité » (p. 19). La dernière partie ouvre sur des perspectives vers l’avenir alliant tant des perspectives méthodologiques que des réflexions théoriques. Autour de la colonisation de la nuit, des notions de réseaux et de trajectoires, de la pertinence de l’utilisation de la vidéo géoréférencée et des données des médias sociaux, cette partie convainc aisément de cette « obligation chronotopique », c’est-à-dire « le besoin d’observations et de représentations qui dépassent les cartes habituelles pour lire et écrire la société en mutation en pensant conjointement l’espace et le temps » (p. 185). S’ensuit une réflexion sur les notions de chorégraphie et d’eurythmie dont la dimension artistique établit très bien le lien avec la première partie de l’ouvrage. Au final, ce livre répond parfaitement à …