Comptes rendus

"Relations interethniques et pratiques sociales", Nouvelles pratiques sociales, vol. 5, no 2, automne 1992, 222 p.[Record]

  • Carolyne Cianci

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  • Carolyne Cianci
    Maîtrise en sociologie, Université du Québec à Montréal

"Relations interethniques et pratiques sociales", Nouvelles pratiques sociales, vol. 5, no 2, automne 1992, 222 p.Dans son numéro d'automne 1992, la revue Nouvelles pratiques sociales présente un dossier sur les relations interethniques et l'intégration des groupes244Ethnicité et nationalismes. Nouveaux regardsethnoculturels à la société d'accueil. Le numéro compte sept articles sur la question.L'étude quantitative réalisée par l'équipe de Joseph Lévy porte sur les pratiques contraceptives et préventives des jeunes face au sida. Tout en démontrant bien l'importance de la variable socioculturelle, la recherche dégage des pistes pour élaborer des stratégies d'intervention préventive mieux adaptée à la réalité des groupes ethnoculturels.André Jacob trace l'évolution des pratiques sociales en milieu interethnique au Québec. Il rappelle la création des divers services offerts aux immigrants et aux réfugiés ainsi que l'implantation de politiques institutionnelles visant une plus grande accessibilité des services et une meilleure adaptation des modèles d'intervention à la réalité des groupes ethnoculturels. L'auteur souligne que le discours officiel passe difficilement dans la pratique, où le poids de l'action est souvent laissé aux praticiens dans leurs relations ponctuelles avec les usagers. Il serait donc souhaitable que les institutions soutiennent concrètement l'action des intervants par des programmes de formation et d'intervention adoptés aux réalités multiples et mouvantes de la vie sociale. En conclusion, Jacob propose des changements qui pourraient améliorer aussi bien les relations des groupes minoritaires avec la majorité que l'intervention sociale en milieu interethnique.Pendant qu'André Jacob insiste sur l'influence des politiques institutionnelles sur les pratiques d'intervention, Ghislaine Roy se penche sur le travail quotidien des "praticiens de l'ordinaire" dans leur rencontre avec l'autre et sur les stratégies d'action dans le domaine de l'interculturel. Le "côté ombre" (p. 60) de la pratique suffirait à morceler le côté formel permettant ainsi l'adaptation des pratiques en fonction de l'esprit innovateur du travailleur social face à l'inconnu. L'interculturel institutionnalisé n'est donc aucunement à craindre tant qu'il est considéré dans sa réalité multidimensionnelle.Micheline Labelle et Marthe Therrien approfondissent le débat de l'intégration des groupes à la société globale dans une étude réalisée auprès de porte-parole de la communauté haïtienne. L'analyse du discours des leaders d'origine haïtienne sur le mouvement associatif haïtien au Québec révèle deux stratégies d'intégration: particulariste et universaliste. Selon les auteurs ce discours serait en effet traversé par une diversité d'orientations qui renvoient à des intérêts particuliers de classes, de sexes, etc., tout en étant davantage orienté vers une vision de l'intégration à la société québécoise/canadienne que vers une idéologie différentialiste.À travers un survol rapide de l'immigration noire au Canada, Eric Shragge et Linda Davies analysent les problèmes sociaux qui découlent du racisme subi par les familles de la communauté noire anglophone à Montréal. Ils partent du postulat que la surreprésentation des jeunes noirs dans le système des services sociaux résulte de l'inégalité structurelle qui serait, à long terme, fondée sur le racisme. Ils terminent par une description des services adaptés aux besoins de laComptes rendus245clientèle dans le cadre du projet Black Family Support Project et soulignent qu'il serait important que le personnel intervenant soit de même origine.Harry Goulbourne analyse la mobilisation ethnique des minorités d'origine asiatique et caraïbe dans le processus de leur intégration en Grande-Bretagne. Il note que bien "qu'incorporées de façon différentielle" à la société britannique (p. 109), les bases mobilisatrices de ses deux communautés sont celles du maintien de leurs caractéristiques ethniques propres. En réponse ...