Editor’s IntroductionIntroduction de l’équipe de rédaction

  • Renée Desjardins

Celia Bryn McLean is a Winnipeg-based artist and photographer whose stylized work marries traditional photography and photo editing technologies. Her work examines what photography and digital alteration mean in an age where authenticity is connected to seemingly unfiltered images and tools like Photoshop are critiqued in some circles for their (supposed) inauthenticity. Her series “Fermenation” uses kombucha as a visual and chromatic muse.

Celia Bryn McLean est une artiste et photographe établie à Winnipeg, dont les travaux de graphisme allient la photographie traditionnelle aux technologies utilisées dans les montages photographiques. Ses travaux s’attardent sur la signification de la photographie et des modifications numériques à un moment où certains affirment que l’authenticité ne peut exister sans médiation filtrée et que le recours aux outils, tels Photoshop, signalent l’inauthenticité. La série « Fermenation », dont elle est l’auteure, utilise le kombucha comme muse visuelle et chromatique.

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A few years ago, food trucks disrupted the restaurant industry: bolstered by social media buzz and the foodie community’s desire to experience food eclecticism at a (usually) reasonable cost without a formal reservation, the food truck came to symbolize a new communal form of eating and converging. In many ways, these mobile, populist food trucks subverted the formal dining establishment: so while their commercial trendiness is undeniable, there is certainly more to be said and examined about their social implications. Similarly and more recently in the realm of food trends, fermented products have been enjoying the foodie limelight, from kimchi to kombucha, tempeh to sauerkraut. But much like the food truck, fermentation’s trendy comeback – let’s remember fermentation has been a ‘trend’ for millennia, from winemaking to pickled vegetables – says much more about contemporary foodways and food practices than we might initially think. Fermentation is an act that requires the slowing down of food processing; it is an act that creates a relationship between the seen (e.g. humans; plants; ingredients) and the unseen (e.g. microbes; air); and it is one that in many ways subverts established paradigms in the food industry and beyond.

About a year or so ago, an opportunity to collaborate with the founders of Food, Feminism, and Fermentation presented itself. While the richness of these themes and their interconnectedness was immediate to the three of us, it became clear in discussions with other colleagues that for some, these themes couldn’t seem more disparate.

Perhaps a sign from the foodie gods or perhaps only a coincidence, but not long after our initial emails, I happened to find myself in Halifax (Nova Scotia, Canada) partaking in what I felt was a perfect example of food, fermentation, and feminism in action; one that would ultimately convince me of the timeliness of this collaboration: an outdoor yoga class promoting intersectional introspection, followed by complimentary fermented libations provided by a local company’s kombucha truck (yes, that’s correct, a kombucha truck). Our mandate at CuiZine is not necessarily to follow the latest food trends, but when rigourous research happens to be on trend and illustrates the profound significations of a food practice or foodway – as the research and art produced by Food, Fermentation, and Feminism certainly is and does on both counts – then why not seize the opportunity?

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Fermenation 1, copyright Celia Bryn Mclean, 2018

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As the guest editors aptly argue, the themes of food, fermentation, and feminism are not only compelling because of their relation to popular trends, but also, and more importantly, because they engage us to think about transformation, collaboration, intermingling, disruption, and continuity in new and perhaps unexpected ways. That fermentation and feminism have once again become a central part of the zeitgeist prompts the questions of: why and why now? What can these lenses teach us about the foods we eat, make, produce, and sell? What can fermentation and feminism contribute to the study of social relations and power dynamics? These are some of the many multipronged and complex questions the contributors attempt to answer in this year’s two special issues.

Over the years, CuiZine has also always been keen to speak to all of the senses, so we are thrilled that these two special issues (Spring/Summer 9.1 and Fall/Winter 9.2) comprise a number of exciting artistic contributions across a range of media that also use the Food, Feminism, and Fermentation thematic framework.

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Fermenation 2, copyright Celia Bryn Mclean, 2018

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We hope the effervescence of this collaboration shines through in both issues and that the different contributions will stimulate future exchanges across the disciplinary spectrum. I wish to thank Alexandra Ketchum and Maya Hey for their vision, tenacity, and exemplary work ethic. I would also like to extend a word of thank you to Céline Beaudoin for all her dedicated work in translating most of the issues’ content. And of course, to you, our readers: thank you for your continued interest in and support of the journal.


Il y a quelques années, un bouleversement s’est produit dans l’industrie de la restauration : les camions-restaurants. Forts de l’engouement des médias sociaux et inspirés par le penchant de la communauté gastronome pour une cuisine éclectique à un prix (généralement) raisonnable sans devoir faire de réservation, les camions-restaurants sont devenus le symbole d’une nouvelle façon de s’alimenter et de se réunir en communauté. Ces véhicules de restauration, mobiles et populistes, ont bouleversé les établissements traditionnels : en fait, même si leur popularité commerciale demeure indéniable, leur influence sur le plan social mérite d’être examinée de manière plus approfondie. De même, et plus récemment dans le domaine des nouvelles tendances alimentaires, les produits issus de la fermentation jouissent d’une grande popularité auprès des gourmets, que ce soit le kimchi, le kombucha, le tempeh ou encore la choucroute. Comme dans le cas des camions-restaurants, le regain de popularité de la fermentation – car il faut se rappeler que la fermentation est ‘à la mode’ depuis des millénaires, que l’on pense à la vinification ou aux légumes marinés – revêt une signification beaucoup plus importante en matière d’alimentation et de pratiques alimentaires contemporaines qu’on pourrait le croire a priori. Le processus de fermentation est une opération qui exige un ralentissement de la transformation alimentaire; c’est un processus qui établit une relation entre ce qui est visible (c’est-à-dire l’être humain, les plantes, les ingrédients) et ce qui est invisible (les microbes, l’air ambiant); c’est un processus qui, de multiple façons, bouscule les modèles établis dans l’industrie alimentaire et bien au-delà.

Il y a environ un an, une occasion de travailler en collaboration avec les fondatrices de l’organisation Food, Feminism, and Fermentation s’est présentée. Bien que, pour nous trois, la richesse de ces sujets et leur interconnexion nous semblaient évidentes, il est devenu clair en échangeant avec d’autres collègues que, pour certains d’entre eux, les mêmes sujets s’avéraient un peu plus disparates.

Possiblement un signe des dieux de la gastronomie ou simple coïncidence, peu de temps après nos premiers échanges courriels, je me suis retrouvée à Halifax (en Nouvelle-Écosse, au Canada) à participer à ce qui m’a semblé être un parfait exemple de la nourriture, de la fermentation et du féminisme en pleine action; une expérience qui m’a finalement convaincue à quel point cette collaboration arrivait au bon moment : un cours de yoga en plein air qui incitait les participants à s’adonner à l’introspection intersectionnelle, suivi de libations fermentées offertes gracieusement par le camion de distribution de kombucha (oui, vous avez bien lu : un camion de kombucha) d’une compagnie locale. Chez CuiZine, notre mandat ne consiste pas nécessairement à suivre les dernières tendances de l’alimentation, mais s’il existe des travaux de recherche rigoureux fondés sur les tendances et qui démontrent également la signification profonde que peut avoir telle ou telle pratique ou habitude alimentaire – comme en font foi les travaux de recherche et les travaux artistiques produits par Food, Fermentation, and Feminism – pourquoi dès lors ne pas saisir cette occasion?

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Fermenation 1, Celia Bryn Mclean, 2018

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Comme nos rédactrices invitées le font judicieusement remarquer, les questions liées à l’alimentation, à la fermentation et au féminisme constituent non seulement des sujets passionnants car ils sont le reflet des tendances populaires, mais également et avant tout, parce qu’ils nous incitent à considérer de manière différente et peut-être même inattendue la transformation, la collaboration, le métissage, les innovations perturbatrices, et la continuité des idées. Le fait que la fermentation et le féminisme se retrouvent à nouveau au coeur de l’actualité nous amène à nous interroger : quelles en sont les causes, et pourquoi maintenant? Que peuvent nous enseigner ces différents paradigmes à propos des aliments que nous consommons, préparons, produisons et vendons? Quelles contributions peuvent apporter la fermentation et le féminisme à l’étude des relations sociales et de la dynamique du pouvoir? Voilà quelques-unes des nombreuses questions complexes et aux multiples facettes auxquelles nos collaborateurs tentent de répondre dans les deux numéros spéciaux de cette année.

Au fil des ans, l’équipe de CuiZine s’est constamment efforcée d’interpeller tous les sens, et nous sommes donc ravis que ces deux numéros spéciaux (printemps-été 9.1 et automne-hiver 9.2) présentent un certain nombre de contributions artistiques enrichissantes au moyen d’un large éventail de médias qui s’inspirent également du cadre thématique de Food, Feminism, and Fermentation.

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Fermenation 2, Celia Bryn Mclean, 2018

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Nous espérons que l’effervescence de ce travail de collaboration se manifeste dans les deux numéros, et que les différentes mises à contribution favorisent de prochains échanges, toutes disciplines confondues. Je souhaite remercier Alexandra Ketchum et Maya Hey pour leur vision, leur ténacité et leur éthique professionnelle exemplaire. J’aimerais également remercier Céline Beaudoin pour avoir traduit avec dévouement une grande partie du contenu de ces numéros. Et, bien sûr, merci à vous, nos lecteurs, de l’appui et de l’intérêt que vous continuez de témoigner envers notre revue.