Comptes rendus

Chinese Communist Politics in Action, édité par A. Doak Barnett. University of Washington Press, Seattle et Londres 1969, xxvi + 606 p.[Record]

  • William Badour

peut-il organiser sa politique étrangère en tenant compte des impératifs de la démocratie ? Bien d'autres que Chittick ont procédé à des analyses sur ce thème. L'ouvrage de Gabriel A. Almond, The American People and the Foreign Policy, avait apporté des éléments de réponse, basés sur l'identification (assez discutable) de quatre types de participants : le public en général, le public intéressé, les élites, le leadership officiel : chacun étant censé remplir des fonctions bien distinctes. D'autres études telles que celles de Rosenau et Cohen mettent l'accent sur certaines relations bilatérales entre l'opinion publique (ou la presse), d'une part, et la formulation de la politique étrangère, d'autre part.

Chittick, lui, a tenté d'analyser l'ensemble d'une fonction comportant au départ quatre variables : les dirigeants du Département d'État qui formulent la politique (inclut jusqu'aux responsables des régions), les agents de ce même département chargés de l'information (notamment le Bureau des Affaires publiques), les journalistes spécialisés, et enfin les dirigeants des organisations privées.

L'interaction de ces quatre éléments constitue ainsi un système politique distinct qui peut être étudié par une analyse du comportement.

Pour ceux qui s'intéressent aux méthodes de recherche, les appendices de A à E fournissent des données fort utiles concernant la façon de sélectionner les différentes catégories de personnes interviewées. Le caractère représentatif des échantillons nous semble établi ; quant à la rédaction des questionnaires, elle est extrêmement fouillée et ne laisse guère de place pour les réponses ambiguës. L'auteur tente même de résumer ses résultats finaux dans des formules mathématiques, les deux pôles de la relation étant exprimés dans les concepts: coopération, antagonisme, l'un en quelque sorte positif, l'autre négatif. Ceci implique toute une série de corrélations directes ou en sens inverse.

Cette tentative est donc intéressante pour la précision du cadre d'analyse. Mais, fait paradoxal, c'est peut-être ce souci de précision qui nuit le plus à la clarté des développements (non des conclusions). En effet, à certains moments, le lecteur se trouve pris au milieu d'un réseau d'interactions tellement dense qu'il risque de se perdre. À cet égard, la table des matières beaucoup trop sommaire ne lui est d'aucune utilité.

Ajoutons aussi qu'à la longue, réponses, commentaires et interprétations deviennent fasti-

dieux à cause de leur minutie systématique. Ce défaut de présentation est peut-être la rançon du choix de la méthode. C'est un cas où il est difficile de concilier les deux éléments : contenu, forme.

Quant aux résultats finaux obtenus, il est impossible de se prononcer ; le comportement des individus et des groupes est trop complexe. On ne peut l'exprimer en formules mathématiques, si compliquées soient-elles. Et pourtant l'auteur parvient à dégager un certain nombre de constantes parmi une foule de variables. Ce faisant, il atteint un degré d'approximation dont les principales cautions sont la méthode, la prudence ... et les apparences de la vraisemblance.

Pour les spécialistes de ce genre de travaux, il constitue en tout cas un schéma de référence très utile à condition de l'adapter et, si possible, de l'améliorer. En soi, c'est déjà tout un programme pour un chercheur averti.

EDMOND ORBAN,

professeur,

département de Science politique,

Université de Montréal.

Chinese Communist Politics in Action, édité par A. Doak Barnett. University of Washington Press, Seattle et Londres 1969, xxvi + 606p.

Ce volume, préparé sous la direction de M. Doak Barnett, comprend le texte des onze communications préparées à l'occasion de la Conférence sur l'étude micro-sociétaire du système politique chinois tenue en 1967. On y ...