Comptes rendus

Massiot, Michel, L’organisation politique, administrative, financière et judiciaire de la République malgache. Collection des Codes bleus malgaches, Librairie de Madagascar, 1970, 487 p.[Record]

  • André Dufour

«lie prend généralement l'aspect d'une somme. Les esquisses d'analyse que l'on y trouve sont alors noyées et souvent diluées par l'accumulation des détails. Sans doute, aurait-il mieux valu que l'auteur subdivise clairement chacun de ses chapitres, déjà fort longs, de façon à identifier les sections descriptives, les sections d'analyse, et les sections de synthèse. Car, même s'il est pourvu d'un index, ce livre m'ap-paraît difficile à consulter pour celui dont l'intérêt se porte au delà des détails de l'histoire.

Étant donné le sous-titre du livre, «The United States and International Organization to 1920 », on peut reprocher à l'auteur d'avoir trop centré son étude sur le mouvement internationaliste en tant que tel. Apparaissent ainsi trop négligés le contexte général dans lequel a oeuvré ce mouvement et, surtout, l'analyse de l'activité de ce mouvement. Le tableau des activités du mouvement semble complet, mais il aurait fallu dépasser cette étape documentaire. Ce livre contient en effet une matière très riche qui pourrait conduire à une excellente étude de groupes d'intérêt en politique étrangère, car, aux États-Unis, le mouvement internationaliste a beaucoup varié, a rallié un nombre impressionnant de personnes, a été très fécond, et semble avoir eu recours à tous les moyens de pression.

Ce sont les derniers chapitres qui constituent la partie la plus intéressante du livre. Alors que, jusque-là, il semblait traîner en longueur par l'accumulation des idées et des plans conçus par les internationalistes et du détail de leurs activités individuelles et collectives, l'intérêt est bien soutenu à partir du chapitre 11, c'est-à-dire à partir du moment où les États-Unis entrent en guerre. C'est peut-être la matière même de cette période qui ravive alors l'intérêt : les événements se précipitent ; les internationalistes, conscients de l'importance du moment, s'activent fébrilement ; la question d'une organisation internationale devient une question concrète ; les gouvernements doivent prendre position ; aux États-Unis, mêmes partisans et adversaires d'une organisation internationale cherchent à gagner à leur cause le Sénat et l'opinion publique. Le chapitre 12, en particulier, contient une section intéressante dans laquelle l'auteur fait le bilan de la concordance entre les articles du projet de Pacte de la SDN tel que soumis à la Conférence de la Paix à Paris et les propositions des internationalistes. Le dernier chapitre enfin offre une bonne analyse du rejet du Traité de Versailles par le

Sénat, en même temps qu'une critique du rôle joué par les internationalistes dans cette dernière grande campagne sur l'adhésion des États-Unis à la future SDN.

S'il est une chose, entre autres, que l'on peut faire ressortir de l'ensemble du livre, c'est que l'influence exercée par les internationalistes, si elle ne fut pas négligeable, fut incommensurable à leur activité parce que ceux-ci se méritèrent le même reproche qu'ils adressèrent aux États : ne pas parvenir à s'entendre au delà de la reconnaissance du besoin d'organiser le monde.

GUY GOSSELIN,

département de Science politique, université Laval.

Massiot, Michel, L'organisation politique, administrative, financière et judiciaire de la République malgache. Collection des Codes bleus malgaches, Librairie de Madagascar, 1970, 487p.

Il existait déjà un certain nombre d'articles et d'études sur l'organisation administrative et politique de l'État malgache mais, grâce à l'auteur, il nous est maintenant possible de retrouver dans un même ouvrage une étude d'ensemble sur tous les aspects importants de l'organisation et du fonctionnement de cette jeune république.

La première partie portant sur l'organisation politique ...