Chroniques des relations extérieures du Canada et du QuébecI – Les relations extérieures du Canada[Record]

  • Hélène Galarneau

CHRONIQUE DES RELATIONS EXTÉRIEURES DU CANADA

ET DU QUÉBEC

Hélène Galarneau * I — Les Relations extérieures du Canada

(juillet à septembre 1981)

A — Aperçu général

Au cours de l'été, la scène internationale a été marquée par plusieurs grandes rencontres, au nombre desquelles figurent le Sommet des sept pays industrialisés, les conférences des Nations Unies sur les sources d'énergie nouvelles et renouvelables et sur les pays les moins avancés, et la rencontre préparatoire au Sommet Nord-Sud. Hôte cette année du Sommet des Sept et « champion » du dialogue Nord-Sud, le Canada a participé à tous ces échanges multilatéraux, qui ont constitué un aspect important de ses relations extérieures pour la période de juillet à septembre.

Cette période se caractérise également, sur le plan des échanges bilatéraux, par la montée de la tension entre le Canada et les États-Unis. La politique énergétique du Canada et certaines politiques économiques jugées anti-américaines ont donné lieu à de vives critiques et à des menaces de représailles de la part des Américains.

Nous présenterons d'abord les faits sous trois thèmes: les politiques de défense, les politiques commerciales et les politiques d'aide. Nous examinerons ensuite la participation canadienne aux grands forums internationaux pour passer enfin aux relations bilatérales du Canada.

B — Les politiques de défense

D'après un rapport du Pentagone dont certains passages ont été rendus publics par un sénateur américain, le Canada, le Danemark et le Japon ne contribueraient pas assez au fardeau de la défense des nations occidentales1. À propos du Canada, le rapport affirmerait:

Sous quelque angle que l'on mesure le partage du fardeau, dans chaque cas où presque la contribution du Canada est la plus faible de tous les pays de l'OTAN2.

Le Canada espère néanmoins atteindre l'objectif d'une croissance réelle de 3% de ses dépenses militaires pour l'année en cours. Le ministre de la Défense, M. Gilles Lamontagne, décrivait ainsi les mesures prises pour remédier au problème que pose l'accroissement du budget militaire dans une période de difficultés économiques, dans un discours qu'il prononçait devant l'Association canadienne des parlementaires de I'Otan, le 18 août:

À mon avis, le budget consacré à la défense en 1981-1982 traduit dans une certaine mesure le climat d'austérité économique du Canada. Afin que notre planification de

* Documentaliste, C.Q.R.I.

1. The Globe and Mail, 19 août 1981, Second Edition, p. 1.

2. Glenn Somerville, Le Soleil, 4 août 1981, p. C-15. Revue Études internationales, volume XII, n° 4, décembre 1981

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défense s'appuie sur des prévisions réalistes et se caractérise par une certaine stabilité, nous avons adopté deux mesures, il y a plusieurs années, relativement à la préparation du budget annuel. Nous avons tenu compte de la hausse du coût de la vie pour compenser le facteur « inflation » comme il se doit et nous avons aussi décidé d'accroître de 12% en termes réels notre budget d'acquisition de nouvel équipement. Actuellement, 20% de notre budget est consacré aux immobilisations; ce pourcentage grimpera à plus de 25% au cours des cinq prochaines années. Tout me porte à croire que nous pourrons maintenir un taux de croissance réelle de 3%, lequel a été fixé par les planificateurs de I'Otan3.

Comme à l'habitude, le Canada a participé aux traditionnelles manoeuvres de l'OTAN. Du 8 au 18 septembre, le destroyer canadien Nipigon prenait part à l'exercice naval « Océan Safari » dans la Manche et le golfe de Gascogne, qui regroupait des navires de sept pays de I'Otan et de la France4. Du 14 septembre à la mi-novembre, des ...