Comptes rendus : Histoire des relations internationales

De Luca, Anthony R. Great Power Rivalry at the Turkish Straits : The Montreux Conference and Convention of 1936. New York, Columbia University Press, 1981, 224 p.[Record]

  • Norma Salem

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auront recours à des feux qui détruiront toute vie animale et végétale. D'ailleurs, ces faits sont encore constatables dans de nombreux pays du Tiers Monde.

Que d'autres illusions, aussi, de la part de l'auteur!

Il met en doute, p. 88, la « prétendue » agressivité innée de l'être humain. Je ne veux pas exagérer celle-ci, mais l'homme est quand même pratiquement le seul être vivant à tuer sans nécessité physique.

Il fait ressortir, p. 116, la « qualité » de certains protagonistes de l'aventure humaine: les Espagnols dans la conquête de l'Amérique, les Britanniques dans la construction de leur empire. Il serait, à mon sens, plus équitable de reconnaître à ces protagonistes du courage et de la chance, ainsi que, et surtout, des techniques plus avancées. Je doute de la supériorité qualitative de Cortez par rapport à Montezuma, de Pizarre par rapport à Atahual-pa, de Clive à l'égard de Tippoo-Sahib.

Si je reproche à M. Peccei de ne pas tenir compte de la réalité du passé, je regrette aussi qu'il ne formule guère pour l'avenir de propositions concrètes. Je sais que c'est difficile, sinon impossible. Mais changera-t'on cet avenir avec de belles phrases, quelle que soit la valeur et l'autorité (j'allais écrire « qualité ») de leurs auteurs ?

M. Peccei écrit, p. 135: « Il faut créer à l'avance la conscience de l'impératif d'une solidarité globale »; et il cite, p. 126, Jean-Paul II: « Il y a une dimension fondamentale qui est capable de bouleverser jusque dans leurs fondements les systèmes qui structurent l'ensemble de l'humanité »!!!

Au risque de paraître un débile mental, je préférerais un langage plus clair et des propositions plus concrètes.

Je suis d'accord avec M. Peccei quand, dans les dernières pages de son livre, il souhaite un renouveau de la spiritualité et la création d'un nouvel humanisme. Qui peut, en effet, parmi ses lecteurs, ne pas être d'accord? Mais en dehors de ceux-ci, que signifient spiritualité et humanisme aux milliards d'êtres humains qui ne savent pas si demain ils seront encore en vie ?

En conclusion, M. Peccei a écrit quelques pages qui, ajuste titre, font le point de la situation présente. C'est bon; mais certes pas suffisant.

Car ce n'est qu'un beau discours de plus, généreux d'intentions, mais très technocrate ou universitaire et qui ne présente qu'un seul « petit » défaut: être écrit par quelqu'un qui, fort heureusement pour lui, est bien loin des problèmes dont il traite.

Maurice Poncelet

Faculté d'administration Université d'Ottawa

HISTOIRE DES RELATIONS INTERNATIONALES

De Luca, Anthony R. Great Power Ri-valry at the Turkish Straits : The Mon-treux Conférence and Convention of 1936. New York, Columbia University Press, 1981, 224 p.

L'auteur de cet ouvrage d'histoire diplomatique se fixe, dans sa préface, l'objectif suivant: préparer une étude compréhensive des intérêts géopolitiques autour des détroits du Bosphore et Marmara dans le cadre des relations internationales du 20e siècle. Pour atteindre cet objectif, l'auteur divise son propos en deux volets: 1) démontrer que la Convention de Montreux ne représente guère une victoire pour le principe de la loi internationale et de la sécurité collective mais, au contraire, que la Convention prouve toujours la prédominance des souverainetés étatiques et de la diplomatie des alliances ; et 2) démontrer que la guerre froide, depuis les années quarante, a différé toute remise en question de la Convention de Montreux.

Ainsi, dans un renouveau possible du conflit entre les grandes puissances, la Convention pourrait être un prélude au jeu politique pour la domination ...