Comptes rendus : États-Unis

Rubin, Barry M., et Spiro Elizabeth P. Eds., Human Rights and U.S. Foreign Policy, Boulder (Col.), Westview Press, 1979, 305 p.[Record]

  • Clinton Archibald

su utiliser les nombreuses collections de documents publics et privés disponibles aux États-Unis. L'action de certains groupes de pression, comme le « American Committee ou United Europe », financé en partie par la CI.A., et leurs rapports avec le Mouvement européen font l'objet d'une analyse intéressante. La Centrale syndicale AFL-CIO est peut-être le seul intervenant dont l'action dans ce domaine ne soit pas étudiée vraiment et dont le rôle, notamment en France, a eu l'importance que l'on sait.

Il ne sera possible de procéder à une analyse complète de cette période que lorsque l'ensemble des archives des deux côtés de l'Atlantique se seront ouverts. Compte tenu de cette contrainte, l'ouvrage de Melandri constitue une analyse de premier plan de ce que le Professeur Duroselle intitule « la formation d'un système impérial qui ne peut imposer ses vues à ses alliés sans détruire les bases idéologiques sur lesquelles il repose ».

Notons enfin que l'ouvrage, malgré le formalisme inhérent au cadre de sa réalisation, se lit fort bien et que nous n'avons relevé que trois fautes typographiques ce qui mérite d'être souligné de nos jours.

Christopher Malone

Ministère des Affaires intergouvernementales, Québec.

Rubin Barry M., et Spiro Elizabeth P. Eds., Human Rights and U.S. Foreign Policy, Boulder (Col.), Westview Press, 1979, 305 p.

Les éditeurs de cet important ouvrage ont bien raison de souligner que le problème des droits de l'homme a été, durant les premières années du mandat de Jimmy Carter à la présidence américaine, un des facteurs importants, mais aussi très controversés, de la politique extérieure de l'Oncle Sam.

Après une préface de la veuve du sénateur Humphrey, Muriel, où elle cite une perception importante de ces droits (« un point central dans la recherche de la dignité humaine, mais qui ne dépasse pas très souvent les déclarations moralisantes de ceux qui s'y inté-

ressent »), nous avons droit à quatre sections bien remplies.

La première nous situe la problématique dans ce que les éditeurs appellent le « contexte global ». Un court article de Peter Berger, sociologue à l'Université Rutgers, campe « l'universalité » de la question. Berger prétend que les condamnations de ceux qui violent les droits de l'homme sont monnaie courante, mais qu'on n'est pas parvenu, chez les nations qui se disent plus démocrates, à établir un consensus d'action. Raul Mangalpus, exministre aux Philippines et président d'un mouvement de libération de ce pays, en exil évidemment, nous ramène sur terre et affirme tout de go que les États occidentaux (sic) ont tort de croire qu'ils ont le monopole de la vérité et qu'ils devraient peut-être travailler avec les mouvements domestiques ailleurs qui se vouent déjà à la promotion de la dignité humaine. Théo Van Boven, directeur de la section des Droits de l'homme, pour l'ONU, à Genève, dans un assez long commentaire, insiste pour dire que les États souverains sont malheureusement encore libres de respecter ou non, individuellement, les déclarations les plus désintéressées de l'organisme mondial.

Une deuxième section s'intéresse à l'attitude étasunienne. Walter Laqueur, de l'Université Georgetown, s'en prend lui aussi à l'attitude « occidentale » et prétend que « c'est des forces évolutives internes, dans les sociétés se moquant des droits de la personne, que naîtra un changement valorisant les individus » (p. 49). Mais, ne manque-t-il pas d'ajouter, « lorsqu'on hésite à allier action et dénonciation, on est hypocrite et on relie sa mission de toujours, être le modèle mondial de lutte pour les valeurs de la dignité humaine » (p ...