Comptes rendus : Union soviétique

Klinghoffer, Arthur J., The Angolan War : A study in Soviet Policy in the Third World, Boulder (Col.), Westview Press, 1980, 239 p.[Record]

  • Michel Fortmann

R & D en Union soviétique. Il admet que les planificateurs soviétiques ont véritablement le « sens des particularités de leur environnement », qu'ils « ont recours à des méthodes d'analyse économique intelligentes pour ce qui est des technologies de remplacement » (p. 234), qu'ils sont capables de dépasser les frontières technologiques et d'entreprendre des recherches fondamentales. Pour lui, les faiblesses de la R & D en Union soviétique sont dues à l'insuffisance de la concurrence institutionnelle, à l'inefficacité du cheminement qui conduit de la recherche à la production, à l'insuffisance des travaux préliminaires relatifs à de nouvelles technologies lorsqu'un engorgement nécessite des programmes intensifs et au manque defeedback. Ces conclusions n'ont rien d'étonnant et peu d'entre elles sont nouvelles. Mais Campbell a réussi à les grouper en un ensemble de recherches empiriques qui placent son livre dans une catégorie à part et en font un bon ouvrage de référence pour toute étude qui sera entreprise à l'avenir sur les politiques soviétiques en matière d'énergie et de R & D.

Joan DeBardeleben

Département de science politique Université McGill

KLINGHOFFER, Arthur J., The Ango-lan War: A study in Soviet Policy in the Third World, Boulder (col.), Westview Press, 1980, 239 p.

À la lumière du refroidissement actuel des relations entre les deux supergrands, des événements récents en Pologne et de ceux d'Afghanistan, un an auparavant, le livre de A.J. Klinghoffer présente un intérêt dépassant de loin la spécificité de la situation qu'il décrit. La décolonisation des possessions portugaises en 1974 et 75 se trouve, en effet, partiellement à l'origine des accusations dont la presse américaine inonde l'opinion publique, à l'effet que l'URSS orchestre une campagne de déstabilisation systématique dans, et autour de, ce que monsieur Brzezinski a appelé le « croissant des crises. »

Dans cette optique, il est particulièrement intéressant de voir un auteur s'interroger, sans

parti pris, sur la formulation de la politique africaine de l'URSS et tenter de répondre à des questions telles que: Les Soviétiques ont-ils planifié leur action de longue date? Ont-ils des visées géopolitiques globales en Afrique? Les Cubains ont-ils été de simple exécutants au service des Russes? Le Mpla est-il réellement inféodé à Moscou ? Que faut-il penser de la légitimité des deux autres mouvements de libération, le Fnla et I'Unita? Comment juger l'échec de la politique américaine à l'égard de l'Angola?

Le premier mérite de l'ouvrage est donc de poser ces questions de façon pertinente et systématique. Par ailleurs, le cadre d'analyse, ou la problématique, de Klinghoffer est fort intéressant. Plutôt que d'analyser la formulation de la politique soviétique, de l'intérieur, à la façon de G. Allison, l'auteur propose de concevoir les objectifs, les stratégies et les tactiques russes comme des réponses à une série de situations objectives, hiérarchisées, sous forme de cinq niveaux d'analyse, soit:

1. la dynamique politique (interne) des mouvements de libération angolais

2. la situation politique au Portugal et dans les autres colonies lusitaniennes

3. la dynamique politique régionale sud-africaine

4. la politique continentale africaine (spécialement l'OUA)

5. la stratégie internationale globale ainsi que l'implication chinoise et cubaine.

Les chapitres de l'ouvrage traitent donc, tour à tour, de chacun de ces niveaux, selon une démarche en trois points; le premier décrivant la problématique particulière de la situation; le second, posant deux hypothèses (A et-B) expliquant le comportement soviétique en contestant, puis en appuyant sa légitimité; le troisième faisant office de discussion et de synthèse.

L'analyse de Klinghoffer a donc le ...