Comptes rendus : Théories, idéologies et problèmes internationaux

Zwick, Peter. National Communism. Boulder (Col.), Westview Press, 1983, 270 p. ISBN : 0-86531-427-6[Record]

  • Stanislav Kirschbaum

reconnaître que celui-ci, déjà traversé d'une multitude de contradictions, a plus exactement été mis en veilleuse par la récession (ou crise) actuelle.

Samir Saul Département d'histoire Université de Montréal

Zwick, Peter. National Communism. Boulder (Col.), Westview Press, 1983, 270 p. ISBN: 0-86531-427-6

Voici un ouvrage fort intéressant qui propose au lecteur un examen de la relation entre nationalisme et communisme telle qu'elle se manifeste non seulement dans la théorie, mais surtout dans la pratique. L'auteur consacre deux chapitres à l'examen de ces deux idéologies passant en revue leurs points saillants, notamment les dimensions qu'elles ont en commun. Dajis les trois chapitres qui suivent, l'auteur analyse la position soviétique, le titisme, les événements en Europe de l'Est, notamment en Hongrie, en Tchécoslovaquie, en Roumanie et en Pologne. Puis jette un regard sur le rôle du communisme comme mouvement de libération nationale: surtout en Chine, en Corée, au Vietnam, à Cuba, au Nicaragua et dans d'autres pays du Tiers-Monde. Le dernier chapitre examine l'avenir du communisme.

La thèse principale de cet ouvrage est que le communisme ne peut être que national. Il est une réponse aux bouleversements causés par la révolution industrielle dont chaque manifestation est nécessairement nationale, tout au moins jusqu'au jour où toutes les nations, c'est-à-dire tous les pays, auront atteint le même stade de développement. Se penchant sur les écrits de Marx et de Lénine, Zwick montre que, malgré certaines contradictions manifestes, ces deux stratèges et théoriciens de la révolution prolétarienne reconnaissaient l'importance des variations nationales. La perception contemporaine d'un communisme international est due à la décision de Staline de faire du marxisme soviétique, lui-même manifestation d'un communisme national, une idéologie internationale et de rejeter, si besoin

par la force, toute autre variante. Aussi l'auteur montre-t-il que cette politique n'a eu de succès que là où les Soviétiques manifestent une présence militaire et politique, c'est-à-dire en Europe de l'Est. La Yougoslavie de Tito, exception à cette règle, en se distançant de Moscou dût développer son propre communisme. Ce faisant, elle démontrait aux autres pays est-européens que la version soviétique n'était pas nécessairement la seule possible. Dès lors, les pays de l'Est n'ont cessé de chercher la voie que les Soviétiques considèrent comme tolérable et qui ne met point en jeu les intérêts stratégiques de ces derniers en Europe.

Il est de bon aloi dans la littérature contemporaine de définir les événements en Europe de l'Est depuis 1953 comme des manifestations de nationalisme, en particulier ceux qui ont provoqué une intervention militaire soviétique. Il ne nous semble toutefois pas exact de suggérer que derrière ces événements il y avait une tentative pour développer un communisme national. Dans les trois cas les plus saillants, Hongrie 1956, Tchécoslovaquie 1968 et Pologne 1980, le mouvement enclenché, s'il avait pu aller jusqu'à son aboutissement logique, allait rejeter les principes qui font du communisme le système politique qu'il est; notamment le parti unique, la propriété collective, la vision dialectique, basée sur la lutte des classes, du développement historique et l'anti-impérialisme. Zwick reconnaît que les mobiles de l'intervention soviétique étaient davantage stratégiques qu'idéologiques; il n'en reste pas moins que les mouvements qui se développaient dans ces pays avaient très peu en commun avec le communisme et beaucoup plus avec le nationalisme. En d'autres termes, ils manifestaient une antinomie entre nationalisme et communisme.

Il nous semble que ce que Zwick appelle communisme national est en fait communisme local. La distinction est importante et elle permet de ...