Comptes rendus : Économie internationale

Mathieson, John A. US Trade with the Third World : The American Stake, Muscatine, Iowa, The Stanley Foundation, Coll. « Occasional Paper 28 », 1982, 33 p.[Record]

  • Jean-L. Marcoux

rappel des sources documentaires principales, font de ce livre, fort utile pour saisir les manifestations majeures de la crise, un bon instrument d'introduction à l'état d'avancement de l'économie politique critique.

Gérard Boismenu

Département de science politique Université de Montréal

MATHIESON, John A., US Trade with the Third World: The American Stake, Mus-catine, Iowa, The Stanley Foundation, Coll. « Occasional Paper 28 », 1982, 33 p.

Prenant comme appui le commerce des États-Unis avec le tiers monde, cette plaquette de 33 pages est un véritable plaidoyer en faveur de la libéralisation du commerce international et contre tout nationalisme économique.

L'auteur commence par souligner l'ampleur du commerce américain avec le • tiers monde. En 1980, ce commerce a représenté 43% du commerce extérieur (importations + exportations) des États-Unis. De 1970 à 1980, le commerce a augmenté à un taux annuel moyen de 32.5%, contre 17% avec les pays industrialisés. Quant à la composition de ces échanges, les exportations vers le tiers monde sont surtout constituées de machinerie, d'équipement de transport et d'autres biens d'équipement et produits manufacturés. Les Etats-Unis importent principalement du tiers monde des produits alimentaires tropicaux, du pétrole, des matières premières et des produits manufacturés à coefficient de main-d'oeuvre élevé. Fait à remarquer cependant, cinq pays (Mexique, Taïwan, Hong-Kong, la Corée du sud et le Brésil) sont responsables pour les 3A des importations américaines de produits manufacturés du tiers monde (excluant les pays de l'OPEP). En fait, selon l'auteur, la structure du commerce des É.-U. avec les pays en développement est l'exemple parfait de la théorie des avantages comparatifs.

Par rapport aux échanges avec le tiers monde, l'aide à l'étranger est de bien faible

ampleur: l'assistance publique au développement des É.-U. en 1980 était de $7 milliards tandis que les échanges commerciaux se chiffraient à $100.5 milliards.

Malgré l'existence d'un déficit dans la balance commerciale des É.-U. en faveur du tiers monde (déficit de $36 milliards en 1980), l'auteur se prononce résolument pour le libre-échange. Il justifie sa position en passant en revue les principaux avantages dont les É.-U. pourraient tirer d'un commerce accru avec le tiers monde - meilleur accès aux matières premières ; réduction des prix à la consommation; économies d'échelles; efficacité - et en montrant les principales faiblesses des arguments généralement utilisés afin de promouvoir un plus grand protectionnisme. Il conteste, ou nuance, en particulier l'argumentation portant sur les effets sur l'emploi et sur la désarticulation des secteurs économiques. Il cite une analyse estimant à $81,000.00 par emploi le coût que représente la protection des industries américaines touchées par ces importations.

En invoquant l'interdépendance entre les États-Unis et le tiers monde, non seulement l'auteur réclame-t-il pour ce dernier un meilleur accès au marché international, mais aussi il démontre l'importance d'une assistance soutenue au développement. À la base de cette attitude, deux positions. La première est avouée et claire: ce n'est que si le tiers monde arrive à exporter aux É.-U. et aux autres pays industrialisés qu'il sera en mesure d'acquérir les devises étrangères nécessaires à l'achat dans les pays industrialisés de biens, de services et de produits de haute technologie, au remboursement de leurs dettes à l'égard des grandes banques occidentales, et à un niveau de croissance acceptable.

La seconde position est plus implicite: les États-Unis ne pourrront retrouver leur rôle de leader économique sans une importante restructuration interne tenant compte des nouvelles données de l'économie mondiale; restructuration basée sur la division ...