Comptes rendus : Théories, idéologies et problèmes internationaux

WARD, Michael Don (ed.). The New Geopolitics. Philadelphia, Gordon and Breach, 1992. xn + 187 p. Index.[Record]

  • Marie Lavigne

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Etudes internationales, volume xxiv, n° 3, septembre 1993

pation directe (Suisse) mais la forme démocratique demeure en mouvement et dans cette évolution le référendum a un grand rôle à jouer.

Les trois auteurs recommandent que la pratique référendaire soit raffinée; le peuple devrait être mieux informé, les référendums devraient avoir lieu de façon régulière (pour les rendre familiers au public), ils pourraient être tenus en deux tours afin de permettre une discussion plus approfondie après le premier scrutin, et le bulletin de vote devrait parfois offrir des alternatives et pas seulement le choix catégorique d'un oui ou non.

Enfin, les nouvelles démocraties nous offrent l'occasion de revoir et de renouveler notre expérience démocratique ; nous devrions en profiter pour chercher avec elles de nouveaux modèles pour notre avenir commun.

Les renvois, la bibliographie et l'index sont excellents. Je n'ai détecté que deux erreurs de typographie et qu'une faute grave où l'on réfère aux trois Républiques baltes comme étant la Moldavie, l'Arménie et la Géorgie (p. 142) !

Un texte intéressant dont l'utilité et la valeur seront vite reconnues.

Rychard A. Brûlé

Consultant, Ministère ed la Défense nattonale, Ottawa

Ward, Michael Don (éd.). The

New Geopolitics. Philadelphia,

Gordon and Breach, 1992. xn + 187 p. Index.

La géopolitique est une discipline située aux confins de la géographie, de la science politique, des relations internationales et de l'économie politique. Elle ajoute à ces disciplines une dimension stratégique, qui jusqu'ici a tourné autour des fonctions des États-Nations particulièrement dans le domaine de la conduite et de la solution des guerres et conflits. Dans son introduction à un recueil regroupant huit contributions de géographes politologues et économistes Michael Ward se demande si le moment n'est pas venu de rejeter l'État du domaine de la géopolitique au profit de nouvelles entités telles que les arrangements régionaux dont l'essor contemporain est significatif. Mais il s'interroge aussi sur le point de savoir si ce n'est pas là une illusion d'optique liée à l'effondrement du système communiste. De ce que la seconde puissance mondiale après les États-Unis ait disparu aussi vite peut-on conclure au dépérissement de l'État en général ?

La première contribution, par Harvey Starr, rappelle très opportunément que si la géopolitique est aujourd'hui en vogue elle a un passé douteux car elle fut une composante de l'idéologie nazie, avec une coloration déterministe justifiant l'expansionnisme national-socialiste (plus loin Jan Nijman reviendra sur le sujet en notant que la Geopolitik a discrédité la géographie politique jusqu'en 1970 environ). C'est pourquoi il est essentiel de souligner l'orientation «possibiliste» de la nouvelle géopolitique, analysant les contraintes et possibilités des relations et alliances internationales.

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John O'Loughlin et Luc Anselin développent une théorie et une méthodologie pour l'analyse spatiale des relations internationales, déterminant la nature et l'importance du facteur géographique dans ces relations. Ils en font ensuite une application à l'analyse régionale des conflits/coopération en Afrique. Le cas de l'Afrique est également retenu par Andrew Kirby et Michael D. Ward, dans une comparaison du processus de la formation des États entre l'Europe (où il a été le plus fréquemment analysé) et l'Afrique.

Les quatre chapitres suivants traitent de la géopolitique des guerres et activités militaires. Jan Nijman étudie la dynamique temporelle-spatiale des expansionnismes soviétique et américain. Paul Diehl présente une revue de la littérature empirique sur la géographie et la guerre, distinguant deux lignes de recherche : les travaux traitant la géographie comme une condition facilitant l'émergence de conflits, et ceux qui ...