Comptes rendus : Théories, idéologies et problèmes internationaux

FREEMAN, Chas W. Arts of Power : Statecraft and Diplomacy. Washington, DC, United States Institute of Peace Press, 1997, 159 p.[Record]

  • Munda Simamba Baruti

idéologies dominantes [...], déniant par principe toute tentative de distinction ou de caractérisation des populations» (p. 411) - signifie apporter de l'eau au moulin de tous ceux qui, à l'heure des prétendues crises identitaires, redécouvrent le facteur ethnique et la cohésion du groupe national comme principales variables de l'analyse politologique, et qui accréditent ainsi, du moins indirectement, l'idéologie du « choc des civilisations».

Klaus-Gerd Giesen

Institut jûr Politïkwissenschaft Universitât Leipzig, Allemagne

Arts of Power : Statecraft and Diplomacy.

Freeman, Chas W. Washington, dc,

United States Institute of Peace Press,

1997,159 p.

Le présent ouvrage va au cceur même de l'art du diplomate et des principes qui sous-tendent la pratique diplomatique. Si dans la littérature les théories de politique internationale sont abondantes et si plusieurs systèmes d'explications sur l'économie politique internationale, la guerre et la résolution des conflits internationaux ne cessent d'enrichir nos connaissances, l'analyse de l'art du diplomate, ses manœuvres, sa mission et son action sont, par contre, demeurées un parent pauvre de la littérature des relations internationales. Comprenant trois parties, l'ouvrage de Freeman, tente de combler le vide qui, dans la littérature subsiste entre les théories courantes des relations internationales la vie internationale concrète des États et la maximisation des intérêts étatiques par les acteurs gouvernemen-

taux. La première partie porte sur la notion de puissance de l'État et ses implications sur la diplomatie, la deuxième partie traite des manœuvres diplomatiques et la troisième partie présente les responsabilités et les qualités d'un diplomate.

Dans la première partie consacrée à la puissance de l'État, l'auteur passe en revue les notions d'intérêt national et de puissance nationale, le rôle du service d'intelligence et de contre-espionnage, le poids de l'influence culturelle sur la diplomatie et opérationnalise les actions et les mesures politiques du diplomate. Pour Freeman, comme pour les tenants de l'école réaliste, l'objectif ultime d'un État en relations internationales est de maximiser son intérêt national dont les composantes sont l'intérêt suprême, l'intérêt vital, l'intérêt stratégique et l'intérêt tactique. Cet intérêt national, nous dit l'auteur va de la survie de l'État à sa prédominance idéologique en passant par la sécurité de son territoire, la protection de ses avantages stratégiques, de ses ressources et de ses privilèges économiques et de son prestige international.

Si pour l'auteur, dans les relations internationales, l'évaluation de la puissance des acteurs internationaux est une préoccupation ultime des hommes d'État, la première responsabilité du diplomate est de définir une stratégie orientée vers l'affectation de l'équilibre des forces en faveur de la satisfaction des intérêts de son État accréditaire. Cette stratégie diplomatique, résultante de la volonté nationale, de la force nationale et du potentiel national, visera l'accumulation de la puissance nationale en vue de contrôler le cours des événe-

Etudes internationales, volume xxxi, n° 1, mars 2000

ments à l'échelle internationale, d'influencer les décisions d'autres acteurs de la scène internationale et de manipuler leur perception de l'équilibre des forces. Aussi, pour l'auteur, l'implantation tactique de la stratégie diplomatique aux fins de satisfaire l'intérêt national est le centre de gravité de la mission du diplomate.

La deuxième partie de l'ouvrage traite des manoeuvres diplomatiques perçues comme moyen d'ajustement des relations inter-étatiques et comme processus par lesquels le diplomate tente de repositionner son État par rapport aux autres acteurs de l'arène internationale. C'est à ces manœuvres diplomatiques, telles que la détente, le containment, l'engagement construc-tif, la domination d'une zone ...