Comptes rendus : Économie internationale

CUTLER, Claire A., Virginia HAUFLER, Tony PORTER (dir.). Private Authority and International Affairs. Albany (m), State University of New York Press, 1999, 400 p.[Record]

  • Jean-Christophe Graz

aurait apprécié encore plus de comparaisons culturelles. Il reste aussi beaucoup à faire pour étendre notre réflexion sur les Relations Internationales à d'autres contextes occidentaux ou non occidentaux et remonter plus loin dans le temps étant donné l'influence d'idées plus anciennes qui ont contribué au développement des Relations Internationales. De ce point de vue, et au sujet de l'histoire en particulier, la citation de Winston Churchill: « le plus loin vous regardez en arrière, le plus loin en avant vous verrez probablement » utilisée par van der Westhuizen est très pertinente.

En résumé, les différents éléments de l'argumentaire ci-présent se retrouvent dans cette étude et sont rassemblés de belle façon dans la conclusion, faisant de cette note de recherche étoffée un titre qui devrait se retrouver à la tête de toute liste d'ouvrages recommandés pour un cours de théories des Relations Internationales. Nous attendons avec intérêt la prochaine publication de Janis van der Westhuizen.

Lawrence T. Woods

International Studies Programme

University of Northern British Columbia, Canada

ÉCONOMIE INTERNATIONALE

Private Authority and International Affairs.

Cutler, Claire A.. Virginia Haufler,

Tony Porter (dir.). Albany (ny))

State University ofNew York Press,

1999,400 p.

On ne compte plus les ouvrages publiés sur un aspect ou un autre de la mondialisation et de l'emprise crois-

sante des mécanismes de marché dans les profondeurs du tissu social. Cet ouvrage offre une contribution originale et novatrice dans ce débat. Il se propose d'explorer le phénomène de l'autorité privée internationale sur les plans historique, théorique et empirique. C'est un objet encore largement ignoré dans l'étude des relations internationales. Les multiples variantes sur lesquelles ont débouché les analyses en termes de régime restent focalisées sur les logiques de coopération inter-étatique. L'économie insti-tutionnaliste issue des travaux de Williamson tend à négliger l'importance du rôle de l'État. Les analyses critiques en économie politique internationale (epi) se sont focalisées sur le rôle des institutions formelles et informelles, publiques ou privées, dans les redéploiements actuels du pouvoir structurel du capital. Mais peu d'entre elles ont cherché à cerner de façon systématique, au niveau de la pratique des entreprises, le glissement qui s'opère actuellement entre coopération privée internationale et légitimité de l'autorité privée internationale.

Dans une optique résolument interdisciplinaire, juristes, économistes et politologues se côtoient pour aborder des sujets a priori très divers. Les différents chapitres rassemblés dans le volume sont tous basés sur des études de cas, notamment les systèmes de réglementation en vigueur sur Internet (D. Spar), les pools d'assureurs dans la catégorie des risques politiques (V. Haufler), les réseaux d'oligopoles dans les industries de haute technologie (L. Mytelka et M. Delapierre), la mainmise des intérêts privés dans le savoir technologique associé à l'évolution de l'hégé-

Études internationales, volume xxxi, n° 1, mars 2000

monie britannique et américaine, (T. Porter), les conditions très variées qui caractérisent le secteur minier, pourtant réputé pour remplir toutes les conditions des pratiques cartel-laires (M. Webb), le rôle des agences de notation obligataire du type Standard & Poor's dans la coordination de la finance globalisée (T. Sinclair), ou encore l'importance du droit commercial international privé (C. Cutler) et du verrouillage de la propriété intellectuelle dans l'organisation actuelle du capitalisme (S. Sell).

Chaque chapitre examine de façon explicite les éléments de réponse pouvant être apportés aux trois questions centrales posées en introduction du volume : 1) pourquoi les entreprises coopèrent-elles au-delà des frontières? 2) comment cette coopération fonctionne-t-elle ? 3) de quelle façon la coopération acquière-t-elle un statut d'autorité? Les réponses varient largement en fonction, non ...