Comptes rendus : Amérique Latine et Caraïbes

FAVRE Henri. L'amérique latine. Paris, Flammarion, Dominos, 173, 1998, 127 p.[Record]

  • André Joyal

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Etudes internationales, volume xxxi, n° 1, mars 2000

En somme, ce livre offre surtout une information très fouillée sur l'action diplomatique internationale d'Haïti durant la période de la Deuxième Guerre mondiale. C'était la seule intention de l'auteur et on peut lui en rendre le mérite.

Nicole Boucher

École de service social Université Laval, Québec

L'amérique latine.

Favre Henri. Paris, Flammarion, Dominos, 17371998,127p.

Un ouvrage qui par sa forme ressemble en tous points, à une page près et quelques photos couleurs en plus, à un Que sais-je ? II est bien indiqué que Dominos c'est aussi les sciences, la médecine, les techniques, la société, l'éducation même si le monde de la politique et la géopolitique dominent largement parmi les 172 titres déjà publiés. L'Amérique latine dont il est question, comme le fait remarquer l'auteur, ne comprend pas le Québec, mais inclut curieusement de petits États aussi peu latins que le Surinam, le Belize, Guyana, la Caraïbe et il aurait pu ajouter Antigua. C'est en misant sur sa formation d'ethnosocioloque et de directeur de recherche au cnrs qu'Henri Favre, déjà auteur de plusieurs volumes ou travaux sur différents pays d'Amérique latine relève le défi de présenter un portrait de ce très vaste ensemble qui compte près de 500 millions d'habitants

Comme pour tous les ouvrages de cette collection, une première partie, intitulée «Un exposé pour comprendre », vise à mettre le lecteur en situation. On y trouve quatre petits

chapitres. Celui sur le « Projet national», explique que le Brésil doit son unité à la sagesse du fils de Jean vi du Portugal qui a coupé le lien colonial en 1822 en prenant le titre d'empereur Pierre 1er. Aujourd'hui, des nostalgiques voudraient bien voir un de ses descendants remonter sur le trône et ils l'ont fait savoir lors d'une consultation populaire tenue il y a quelques années. Sous le titre « L'ère du national-populisme », l'auteur consacre trois pages à l'industrialisation et trois toutes aussi courtes à la très épineuse question de la réforme agraire. Sur ce dernier point on a l'impression qu'il a tiré d'un chapeau les quelques exemples offerts au lecteur qui ne manque pas de demeurer sur son appétit Le problème crucial de l'exode rural est par ailleurs bien souligné par les données qui montrent que de 1930 à 1980 l'Amérique latine a cessé d'être une région rurale et agricole Ici on ne peut que donner raison à l'auteur quand on sait que pour la seule période de 1930-1960 le Brésil a connu une migration équivalente à celle de la France en un siècle et demi

La présentation du modèle de développement favorisé dans les années d'après-guerre, visant à remplacer les produits manufacturés importés au bénéfice de productions locales, permet de rencontrer pour la première fois le nom de l'actuel président du Brésil, Fernando Henrique Cardoso. En effet, celui qui est parvenu à se faire réélire une seconde fois en 1998 à la tête du plus grand et du plus populeux pays de l'Amérique latine, s'est d'abord illustré comme un fin observateur des réalités socio-économiques. Ainsi, comme l'indique avec

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pertinence l'auteur, son nom fut associé à la théorie de la dépendance. Loin de diminuer la dépendance envers les pays industrialisés, cette théorie veut que la quête d'émancipation par la substitution des importations engendre de nouvelles formes d'assujettissement en particulier envers les États-Unis dont les entreprises feront la pluie et le beau temps en allant ...