Comptes rendus : Histoire des relations internationales

TAUBMAN, William (dir.). Nikita Khrushchev. New Haven, Yale University Press, 2000, viii - 391p. KHRUSHCHEV, Sergei N. Nikita Khrushchev and the Creation of a Superpower. University Park, The Pennsylvania State University Press, 2000, xviii - 765p.[Record]

  • Jean-Guy Lalande

un peu sur notre faim sur la résolution des multiples conflits mondiaux.

Alice Landau

Université de Genève, Suisse

HISTOIRE DES RELATIONS INTERNATIONALES

Nikita Khrushchev.

Taubman, William (dir.). New waven, Yale University Press, 2000, viii - 391p.

Nikita Khrushchev and the Création of a Superpower.

Khrushchev, Sergei N. University

Park, The Pennsylvaniiatate

University Press, 2000, xviii i 765p.

Quelle personnalité complexe et contradictoire que celle de Nikita S. Khrushchev ?

Pourquoi, encore jeune, a-t-il été fasciné par la révolution et le communisme ? Quels furent ses objectifs et comment a-t-il essayé de les atteindre ? Qui furent ses alliés ? ses ennemis ? Pourquoi a-t-il voulu se démarquer de Staline, son complice pourtant durant les années des purges - comme le montre clairement Iurii Shapoval dans le tout premier chapitre intitulé « The Ukrainian Years » (pp. 8-43) -, et du stalinisme ? Quelle est la place de Khrushchev dans l'histoire de l'Union soviétique ? Enfin, la déconfiture de Khrushchev (comme celle de Gorbachev, d'ailleurs) soulève une question fondamentale : le communisme soviétique était-il réformable ? Telles sont, parmi d'autres, certaines des questions auxquelles s'efforce de répondre Nikita Khrushchev, une collection de treize articles écrits par des chercheurs de nationalités russe (la majorité), américaine et britannique,

qui ont pris avantage de l'ouverture récente de nouveaux dépôts d'archives, tant gouvernementales que du parti communiste.

S'il n'est pas nécessaire, en raison des trop nombreuses répétitions et de leur inégale qualité, de résumer chacune de ces contributions, les lecteurs de cette revue apprécieront sans doute davantage les chapitres suivants : le neuvième - « The Making of Soviet ForeignPolicy » (pp. 209-2411 —dans lequel Oleg Trojanovsky, ancien aide de Khrushchev et plus tard ambassadeur aux Nations Unies, en Chine et au Japon, soutient que la plus grande contribution de Khrushchev dans le domaine des relations internationales est qu'il a été bien conscient qu'une guerre nucléaire signifierait la destruction de la civilisation, « he tried to convert peaceful coexistence from a political slogan into practical policy » (p. 241) et le onzième - « The Case of Divided Germany, 1953-1964 » (pp. 275-300) - de l'archiviste Vladislav Zubok pour qui Khrushchev s'efforça, en vain en dépit de menaces et d'ulti-mata, de faire reconnaître par les puissances occidentales la division de l'Allemagne en deux États indépendants ; cet échec, doublé des fortes pressions exercées par les communistes est-allemands, le convainquirent de la nécessité d'ériger le mur de Berlin en 1961.

De mon point de vue, les deux derniers chapitres - « Khrushchev and Gorbachev : A Russian View » par G. Sakhnazarov (pp. 301-320) et « Khrushchev and Gorbachev : An American View » écrit par P. Reddaway (pp. 321-333) - présentent le plus grand intérêt. Sakhnazarov, ancien conseiller de Gorbachev, établit d'inté-

Études internationales, volume xxxm, n° 1, mars 2002

ressants contrastes et parallèles entre les deux hommes, essentiellement engagés dans la même tâche historique : d'une part, liquider un système totalitaire et démocratiser un pays -en un mot, émanciper la conscience du public ; d'autre part, en éliminant la division du monde en deux blocs militaro-politiques qui s'opposent l'un à l'autre, intégrer l'Union soviétique dans la communauté des nations. Chaque leader, toutefois, en raison de la diversité des circonstances (ainsi en 1985, mais non en 1953, la société soviétique était ouverte à l'idée de changements radicaux ; Khrushchev, davantage que Gorbachev, rencontra une forte résistance de la part de la nomenklatura ; enfin, si Khrushchev « came to power when the previous System had a large reserve of strength and was still effective », Gorbachev, pour sa part, « took power in a System that was already exhausted and breathing its last breath » (p. 304) et des personnalités (Khrushchev était ...