Comptes rendus : Canada

STEVENSON, Brian J.R. Canada, Latin America, and the New Internationalism. Montréal I Kingston, McGill-Queen's University Press, 2000, 288 p.[Record]

  • Georges Labrecque

s'il y a lieu, l'analyse de la spécificité canadienne dans ce contexte général. En d'autres termes, le manque de mise en contexte exagère la nouveauté ou l'originalité de la position du gouvernement Mulroney. L'auteur adopte peut-être trop facilement, sans regard critique, la propre évaluation du gouvernement canadien sur le caractère innovateur de sa politique.

Finalement, il y a peu d'apport théorique dans cette étude. La distinction faite entre certains déterminants intérieurs ou extérieurs dans le processus d'élaboration de la politique étrangère est assez standard, tout comme l'analyse des dynamiques articulant les différentes variables évoquées (groupes de pression, sondage d'opinion, etc.). De ce point de vue, l'étude offre peu de nouveautés aux observateurs de la politique étrangère canadienne. Par contre, il s'agit d'un exemple réussi d'étude de cas, où l'analyse empirique d'un dossier de la politique étrangère canadienne est menée de façon assez systématique et complète.

Pierre Jolicœur

Chercheur associé au cèpes Université du Québec à Montréal

Canada, Latin America, and the New Internationalism.

Stevenson, Brian J.R. Montréal é

Kingston, McGill-Queen'' University

Press, 2000,288 p.

Le Sommet des Amériques, tenu à Québec au printemps 2001, a révélé un intérêt peut-être insoupçonné des Canadiens pour la politique étrangère de leur pays. À ce sujet, Canada, Latin America, and the New Internattonalism constitue un précieux ouvrage de réfé-

rence pour quiconque, et non seulement le spécialiste, voudrait comprendre ce que l'auteur appelle le quatrième pilier de la politique étrangère du Canada, les trois premiers étant les États-Unis, l'Europe et l'Asie.

Brian Stevenson était particulièrement bien placé pour accumuler une mine d'informations et mener à terme une étude aussi fouillée et complexe, étant donné l'expérience et les contacts qu'il avait su exploiter à Ottawa, alors qu'il était conseiller auprès des ministres Axworthy (Affaires étrangères) et Eggleton (Commerce international). On regrettera pourtant que cette analyse limpide et pénétrante ne couvre pas la décennie 90, ce qui n'est pas un reproche puisque l'auteur s'explique amplement sur son choix de la période retenue, soit de 1968, début de l'ère Trudeau et de son ouverture sur cette partie du monde, jusqu'à 1990, quand le Canada devient membre de l'Organisation des États américains (oea).

L'ouvrage est divisé en deux parties. La première, qui regroupe les chapitres 2, 3 et 4, comporte des considérations théoriques, de même que des préoccupations méthodologiques, nécessaires à l'analyse de la politique étrangère en général. Ainsi,

Canada, Latin America, and the New

Internationalism pourra être utile à la compréhension de la politique dans toute autre région du monde. Par ailleurs, les notions théoriques expliquées dans la première partie sont exploitées pour la recherche empirique (Amérique latine) qui est présentée en seconde partie, laquelle est constituée des chapitres 5, 6 et 7.

L'auteur démontre d'abord, au chapitre 2, comment la politique

Études internationales, volume xxxm, n° 1, mars 2002

étrangère du Canada sera, à partir de 1968, infléchie par trois nouveaux facteurs qui interagissent : le déclin relatif des États-Unis sur la scène mondiale, avec, notamment, leur retrait du Vietnam, de même qu'une nouvelle politique économique sous l'initiative de Nixon ; la prolifération de régimes et organismes internationaux, dont plusieurs échappent au contrôle étatique, et qui façonnent un monde d'interdépendance dans lequel les puissances moyennes, tel le Canada, ont un rôle à jouer qui se trouve accru ; enfin, l'importance et le nombre grandissant d'organismes non gouvernementaux et de mouvements sociaux qui fonctionnent à diverses échelles, tant internationale que nationale ...