Comptes rendus : Afrique

DUNN, Kevin C. et Timothy M. SHAW (dir.). Africa's Challenge to International Relations Theory. Basingstoke and New York, Palgrave, 242 p.[Record]

  • Daniel C. Bach

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Études internationales, volume xxxm, n° °1 mars 2002

faire utilement le point sur cette dimension importante du partenariat transatlantique que constituent les relations entre les États-Unis et l'Union européenne. 11 répond à un besoin évident car c'est, à notre connaissance, le premier ouvrage qui, à la fois, analyse systématiquement les structures et les processus décisionnels au cœur du cadre que constitue aujourd'hui le Nouvel agenda transatlantique et offre une évaluation des résultats politiques atteints.

Philippe Braillard

Institut européen de l'Université de Genève

AFRIQUE

Africa's Challenge to International Relations Theory.

Dunn, Kevin C. .t Timothy M. Shaw

(dir.). Basingstoke and New York,

Palgrave, 242 p.

On ne peut que se féliciter du point de départ de cet ouvrage, le statut subalterne des relations internationales africaines, et de l'ambition des éditeurs de contribuer à l'élaboration d'un « nouveau langage et [d'June nouvelle façon de penser les relations internationale »(p. 6). Consacrée à la discussion des concepts, une première série de contributions aborde différents aspects de l'État. Une inadéquation de la théorie des relations internationales est d'abord suggérée (Malaquias) au regard d'évolutions africaines jugées comparables à celles qui en Europe donnèrent naissance au système étatique westphalien. L'idée pour être stimulante n'est malheureusement pas étayée - la présentation sommaire de l'histoire du mouvement angolais de I'unita est suivie de con-

clusions qui semblent même aller à l'encontre de l'argumentation initiale quand l'auteur affirme que « Minimiser l'État dans l'analyse et la praxis africaniste ne.. .résoudera pas les problèmes du continent » (p. 28). La contribution suivante est consacrée aux thèses de Jackson et Rosberg sur la « quasi-souveraineté » , qui continuent de façonner et d'encadrer les réflexions sur l'État africain (Grovo-gui). En développant les critiques formulées par Clapham, l'auteur met en parallèle les conditions d'établissement de l'État du Congo avec celles de la Belgique et de la Confédération helvétique au xixe siècle. Le plaidoyer pour un changement du comportement normatif de la société internationale à l'égard du continent, va de pair avec une dénonciation plus imprécise de « l'usurpation de la volonté populaire par des dirigeants despotiques » qui serait « le seul handicap à l'auto-détermination de l'Afrique et à sa souveraineté positive » (p. 43). C'est toujours afin de repenser l'État souverain qu'une revue minutieuse des difficultés que rencontrent les africanistes pour conceptualiser l'État est également présentée (Dunn) un exercice qui révèle au-delà de la multiplicité des qualificatifs employés une vision réifiée de l'État occidental délégitimante pour les formes jugées déviantes (p 47) De stimulants développements sur ce thème débouchent sur une discussion de l'intérêt d'une approche sociale et transactionnelle de l'État à partir de trois exemples : les formes d'extraversion liées à l'incidence des institutions financières internationales sur les processus de gestion et d'allocation de ressources ; les phénomènes de déterritorialisation véhiculés par les réseaux régionaux

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trans-étatiques ; enfin la rationalité fonctionnelle des logiques néo-patrimoniales pour les entreprises multinationales opérant en Afrique -les exemples retenus sont ceux de la sécurité privée et des industries extractives. Les conclusions quant à la multiplicité des registres sur lesquels se construit l'État africain sont bienvenues, même si l'on ne partage pas nécessairement l'ensemble des postulats (constructivistes) de l'auteur. Ultime chapitre consacré à de concepts clés de la théorie des relations internationales, l'étude du pouvoir international de l'État (van der Westhuizen) est traitée à partir de la notion de pouvoir de marketing, préférée à celle de « soft power », jugée trop exclusivement ...