Comptes rendus : Afrique

ANGO ELA, Paul (dir.). La prévention des conflits en Afrique centrale : prospective pour une culture de la paix. Paris, Karthala, 2001, 224 p.[Record]

  • Joseph Vincent Ntuda Ébodé

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titudes : Dahomey au lieu de Bénin ; « Ivory Coast » au lieu de Côte d'Ivoire, Porto Novo indiqué comme capitale du Bénin, « Yaound » à la place de Yaoundé. Le lecteur doit-il voir dans ces approximations l'irréductible résurgence d'un traitement subalterne de l'Afrique que les auteurs dénoncent pourtant avec tant de fougue ?

Daniel C. Bach cnrs-cean, Université de Bordeaux iv, France

La prévention des conflits en

Afrique centrale : prospective

pour une culture de la paix.

Ango Ela, Paul (dir.). Paris, Karthala, 2001,224 p.

Depuis la fin de la guerre froide, l'axe des conflits en Afrique, qui, dans les décennies 70 et 80, se situait dans les régions d'Afrique occidentale (Mali, Libéria, Sierra Leone, Burkina Faso, Guinée Bissau) et australe (Afrique du Sud, Mozambique, Namibie), s'est progressivement déplacée vers l'Afrique centrale. Pratiquement, aucun des onze pays de cette sous-région ne peut aujourd'hui s'estimer à l'abri des turbulences génératrices de confrontations armées. L'on observe ainsi que sept des onze connaissent ou ont connu récemment une situation de guerre civile (Angola, Burundi, Congo, rca rdc Rwanda Tchad) Au moins trois sont en situation de paix sociale relative (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale). Un est en situation de paix sociale réelle (Sao Tome et Principe). Un vit sous la pression d'une guerre inter-étatique (le Cameroun face au Nigeria). Sept sont impliqués directement (Angola, Burundi, rdc, Rwanda) ou indirectement (Congo, rca, Tchad) dans ce qu'il est désormais

convenu d'appeler la première guerre mondiale africaine.

Un tel phénomène ne pouvait laisser indifférent. Et c'est tout le mérite du jeune Centre d'Analyse et de Prospective Géopolitique de l'Afrique centrale (capgac) et de son promoteur, feu Paul Ango Ela, de s'être penchés, dès 1998, en organisant à Yaoundé, autour de treize experts, un colloque sur le thème « Prévention des conflits en Afrique centrale. Prospective pour une culture de la Paix ». Ce sont les quatorze communications faites à cette occasion qui viennent d'être publiées aux éditions Karthala. Elles tournent autour des trois questions qui justifient la structuration du livre : les causes de ces conflits, leur gestion et leur prévention.

Cinq contributions relatives aux origines nous sont livrées. Si Mwayila Tshiyembe de l'Institut panafricain de géopolitique de Nancy explique ces conflits par l'inadaptation de l'État importé, Atsutsé Kokouvi Agboli de l'Université de Lomé évoque la rivalité des grandes puissances. Quant à Pierre Flambeau Ngayap du Cameroun, ils sont dus aux problèmes de gouvernance. En effet, c'est la monopolisation du pouvoir par certaines élites qui est à l'origine des conflits en Afrique centrale. Feu Paul Ango Ela lui-même évoque la militarisation de la société civile, tandis qu'Isidore Ateba, administrateur, souligne le rôle de la pauvreté. En somme, ce sont les conditions de vie socio-économiques, la criminalisation de la société, la mauvaise gouvernance, les oppositions d'intérêts entre grandes puissances et les questions d'armements qui selon ces cinq intervenants sont à l'origine des conflits en Afrique centrale.

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Études internationales, volume xxxm, n° °1 mars 2002

La deuxième partie de l'ouvrage sur la gestion des conflits, très pratique et comparative, comprend quatre contributions. Elle commence par celle de Pierre Dabezies de l'Université de Paris I, sur les rivalités du couple franco-américain. Puis vient la contribution de Dominique Bangoura de l'Observatoire Politique et Stratégique de l'Afrique sur les modalités d'intervention à partir des cas libérien et centrafricain. L'avant-dernière communication est d'Ismaël A. Diallo de I'onu. Elle porte sur la gestion onusienne de la crise en République centrafricaine (minurca ...