Comptes rendus : Études stratégiques et sécurité

Guide to igos, ngos and the Military in Peace and Relief Operations.Aall, Pamela, Lt. col. Daniel Miltenberger et Thomas G. Weiss. Washington dc, United States Institute of Peace Press, 2000, 295 p.[Record]

  • Jacques Fontanel

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  • Jacques Fontanel
    Université Pierre Mendes France
    Grenoble, France

Les opérations humanitaires et de maintien de la paix font appel à trois organisations particulières : les organisations intergouvernementales (oig), les organisations non gouvernementales (ong) et les forces armées. Souvent, elles travaillent ensemble et de leur travail commun dépend le succès de l’opération engagée. Ce livre a pour fonction de mettre en évidence le fonctionnement de ces acteurs de la vie internationale, afin de leur fournir une information complète sur les méthodes de travail de chacun d’entre eux. Si les opérations de maintien de la paix n’ont connu que 13 missions avant 1988, depuis, l’Organisation des Nations Unies s’est engagée dans de nombreuses opérations (une bonne trentaine) dans le monde. L’otan ou la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest sont aussi intervenues sur les mêmes bases. Les efforts de ce type ont fait l’objet de nombreux débats dans la communauté internationale mais, chaque fois qu’il y a une violation des droits de l’homme ou un désastre humanitaire, une large majorité existe aujourd’hui encore en faveur de ces interventions. Le nombre d’acteurs dans ces opérations est élevé, entre les ong toujours volontaires pour combattre les souffrances, les oig interpellées par leurs membres sensibilisés par une opinion publique de mieux en mieux informée et les forces militaires de pays différents, aux objectifs bien définis, ne correspondant pas toujours aux réalités du terrain. La question qui se pose est la coordination des efforts de chacun. Lorsque l’Organisation des Nations Unies appointe un représentant spécial du Secrétaire général, celui-ci prend soit la direction de l’ensemble de l’opération, soit il ne gère que ses aspects politiques et administratifs. Cette autorité reste limitée, car les ong restent souvent libres de leurs actions, parfois même critiques à l’encontre des choix officiels. Les oig assument un rôle croissant dans le domaine de l’humanitaire et du maintien de la paix, notamment depuis la fin de la guerre froide. Elles naissent lorsque plusieurs gouvernements signent un traité multilatéral pour former une organisation dont ils financeront les opérations. Elles ont une personnalité morale et une structure de commandement bien définie. Pour les opérations de paix soutenues par l’onu, les oig dépendent du Conseil de sécurité au niveau décisionnel et du bon vouloir de ses membres pour les interventions elles-mêmes. La question du financement est importante, car les contributions sont parfois obligatoires (mais les retards de paiements sont considérables, notamment ceux des États-Unis) et volontaires (pour la plupart des activités humanitaires). Certaines crises reçoivent rapidement les ressources nécessaires (notamment pour les opérations en Europe), alors que d’autres subissent des tragédies sans attirer pour autant les financements nécessaires réclamés. La culture des personnels des oig n’est pas homogène. Il existe même une certaine concurrence entre ces organisations, avec une coordination de leur action bien insuffisante. Il n’y a pas de ligne hiérarchique directe, comme dans le secteur militaire. Ainsi, les ordres viennent de chaque oig et pas nécessairement de l’onu, lorsqu’elle est pourtant directement concernée. Le nombre d’organisations concernées est élevé, de nature soit globale, soit régionale : Les ong sont des organisations privées, à but non lucratif. Elles souhaitent promouvoir la paix, l’éducation, la santé, l’alimentation, la protection de la nature, les droits de l’homme ou le développement économique. Elles sont très nombreuses (17 000 dans le monde). Leur budget est assuré par les subventions des fondations, les contrats, les donations, les aides multiples, les bourses gouvernementales ou internationales. Leur fonctionnement est très hétérogène, pas d’ailleurs toujours aussi démocratique que leurs statuts l ...