You are on Érudit's new platform. Enjoy! Switch to classic view

Comptes rendus : Théories, méthode et idées

Introduction to International Relations.Jones, R.J.B., P. Jones, K. Dark et J. Peters. Manchester, Manchester University Press, 2001, 207 p.

  • Hugo Loiseau

…more information

  • Hugo Loiseau
    Candidat au doctorat en science politique
    Université Laval

Article body

La complexité des relations internationales ne cesse d’augmenter ces dernières années. L’incertitude règne dans le monde, de nouvelles écoles de pensées et de nouvelles théories apparaissent, les événements internationaux semblent se bousculer... Devant ces faits, est-il justifié d’écrire un autre livre d’introduction aux relations internationales de nos jours ? Cette question est d’emblée posée par les auteurs qui proposent avec ce livre introductif un aperçu des conditions historiques et contemporaines ainsi que des courants intellectuels que mettent en lumière les changements les plus importants à l’échelle internationale. Le but du livre n’est pas d’entrer dans les débats philosophiques et méthodologiques sous-jacents aux études internationales des dernières années, mais plutôt de fournir aux lecteurs (lire étudiants et néophytes des relations internationales) les outils conceptuels et les théories développés par la discipline durant le dernier siècle. Tout cela en offrant une connaissance générale des événements qui se sont produits dans le monde au cours des dernières années ainsi qu’une évaluation de ce que sera le xxie siècle.

Afin de remplir ces objectifs, le livre se divise en deux parties. La première inclut les quatre premiers chapitres et propose aux lecteurs une revue sommaire des principaux courants théoriques de la discipline au moyen des trois niveaux d’analyse habituellement utilisés en relations internationales et savamment décrit par Waltz en 1959. Les chapitres 2, 3 et 4 sont donc consacrés à l’analyse des relations internationales respectivement du point de vue de l’individu, de l’État et du système. La deuxième partie aborde les problèmes contemporains qui peuplent les relations internationales de nos jours. Ainsi, les chapitres 5, 6, et 7 débattent respectivement de la mondialisation, de la régionalisation et de la fragmentation des affaires internationales.

Le fil conducteur de l’ouvrage prend la forme de discussions avec des questionnements, des exemples et des contre-exemples puisés dans l’histoire récente ou passée sur des sujets particuliers des relations internationales. La présence d’encadrés récapitulatifs des grands concepts, même si parfois superflue, a été appréciée. L’approche adoptée par les auteurs expose la théorie, ses origines et ses résultats dans le monde réel. Elle souligne ensuite les problèmes de cette théorie puis propose des solutions aux problèmes théoriques soulevés. Une bibliographie commentée complète chaque chapitre. Toutefois cette présentation n’est pas uniforme et certains chapitres n’ont pas de conclusion. En somme, le livre laisse une impression d’inégalité entre les parties ce qui est souvent le lot des ouvrages aux auteurs multiples. Par exemple, le chapitre sur le système international et l’équilibre de la puissance (chap. 4) est d’une grande qualité par sa clarté et son exhaustivité, alors que celui sur la mondialisation (chap. 5) ne présente pas les fondements théoriques du phénomène qu’il décrit.

En réalité, le problème avec cet ouvrage est qu’il se qualifie d’innovateur dès les premières pages. Mais en quoi est-il innovateur alors qu’il ne semble rien apporter de nouveau à la vulgarisation des connaissances des relations internationales ? Il est difficile de comprendre comment les auteurs peuvent passer sous silence des notions fondamentales comme la stabilité hégémonique, l’anarchie, la distinction entre politique étrangère et relations internationales et bien d’autres notions encore. Comment expliquer que les auteurs présentent (très mal d’ailleurs) les fondements de la théorie néo-réaliste avant de présenter le paradigme idéaliste ? Cette façon de procéder escamote les débats fondamentaux en théories des relations internationales ce qui rend leur compréhension et leur vulgarisation encore plus difficile. Il semble bien que cet ouvrage constitue plutôt une histoire de la politique internationale du xxe siècle avec quelques pistes de réflexions théoriques qu’un livre d’introduction aux relations internationales proprement dit. En ce sens le but initial des auteurs est raté. Il ne faut pas non plus taire la présence des nombreuses coquilles (même dans la table des matières et dans le nom d’un auteur !) qui parsèment les pages de ce volume. Enfin, la conclusion générale semble complètement inutile et sans rapport avec le reste de l’ouvrage.