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La Déclaration de Laeken… Et après ?Annales d’études européennes de l’Université catholique de Louvain, Bruxelles, Bruylant, vol. 6, 2002, 272 p.

  • Catherine Wihtol de Wenden

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  • Catherine Wihtol de Wenden
    cnrs, ceri, Paris

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Ce dossier, en forme d’ouvrage, est organisé en trois parties : les réformes institutionnelles et la protection des droits fondamentaux dans l’Union européenne, les évolutions de la gouvernance européenne, quel modèle de société pour l’Union européenne ? L’objet de cette publication collective est de faire le point sur l’avenir de l’Union européenne un an après la déclaration de Nice de 2000. Celle-ci avait souhaité qu’un large débat s’ouvre sur l’avenir de l’Union et convoquait une Convention préparant la cig de 2004.

La Déclaration de Laeken pose diverses questions : celle de l’élection directe du Président de la Commission et de la rotation semestrielle de la présidence du Conseil, celle du rôle des parlements nationaux dans leurs rapports avec le Parlement européen (déficit démocratique, respect des droits fondamentaux), intégration de la Charte des Droits fondamentaux de Nice dans une Constitution européenne et dans les traités de l’Union, adhésion de la Communauté à la Convention européenne de sauvegarde des droits fondamentaux.

Le thème de la gouvernance est aussi amplement abordé : définition, analyse de la prise de décision à partir de deux études de cas, la gestion de l’eau et l’industrie alimentaire. De jeunes chercheurs y étudient les différents niveaux d’intérêts, les objectifs poursuivis, l’évaluation de la politique menée et ses perspectives, une méthode qui commence à s’imposer selon les critères de l’analyse des politiques publiques.

Enfin, le volume se termine sur l’identité de l’Europe et le mode de société auquel aspirent les Européens : quelle société, entre régionalisme et globalisation est proposée par la politique agricole commune et, de façon plus littéraire, un très beau texte sur l’identité à partir des réflexions de Paul Valéry et d’un livre de Jacques Derrida consacré à l’Europe, L’autre cap 1939-1990 : complexité des mécanismes de décision (la gouvernance), zones d’incertitude, espoir de droits nouveaux, protection des droits fondamentaux, avec, en point d’orgue cette notation de Derrida : « ce qui manque à l’Europe, comme aux sans papiers, c’est exactement la même chose, des papiers d’identité ».

Au-delà de la qualité des textes recueillis, de la finesse des analyses et des études de cas, ce volume présente l’intérêt de s’arrêter sur une étape de la construction européenne, dans son versant politique, à mi-chemin entre le traité de Nice et le projet, aujourd’hui reporté, de Constitution européenne. L’Europe, avec ses modes propres de décision, avec les valeurs qu’elle cherche à promouvoir, avec son identité en recherche de définition, avance à petits pas, avec des hésitations, des doutes, une certaine lourdeur parfois peu lisible au quotidien (le déficit démocratique et la gouvernance). Mais elle est aussi porteuse d’un projet politique original, construit pour affronter la mondialisation sans oublier tout à fait les citoyens.