Comptes rendus : Analyse de politique étrangère

Jan Orbie (dir.), Europe’s Global Role. External Policies of the European Union, 2008, Aldershot, Ashgate, 267 p.[Record]

  • Alessia Biava

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  • Alessia Biava
    Faculté des sciences économiques et sociales
    Université de Genève

L’ouvrage collectif dirigé par Jan Orbie s’insère dans le cadre de la littérature qui étudie le rôle de l’Union européenne (ue) sur la scène internationale. En se focalisant sur la dimension soft power de l’action extérieure de l’ue, l’analyse consiste en une approche originale, car elle traite des politiques extérieures qui relèvent du premier pilier. Il s’agit en effet d’un champ de recherche peu étudié jusqu’à présent, car la littérature sur le rôle international de l’ue se base en grande partie sur l’étude de la politique étrangère et de la sécurité commune ainsi que de la Politique européenne de sécurité et de défense. Le texte se concentre ainsi sur les aspects de low politics, cruciaux pour comprendre la globalité du rôle de l’ue sur la scène internationale. Par ailleurs, l’ouvrage s’appuie sur un cadre analytique original qui met en relation les instruments dont dispose l’ue avec les objectifs politiques qu’elle se fixe pour évaluer de manière critique chaque domaine politique étudié. Le chapitre introductif de Jan Orbie commence par parcourir les principales étapes de la littérature sur le rôle international de l’ue. Il clarifie par la suite le concept d’Europe puissance civile, depuis la définition de François Duchêne. Sur la base de ce concept, ce premier chapitre précise ainsi le cadre analytique utilisé dans l’intégralité de l’ouvrage collectif, se fondant sur l’articulation entre les instruments d’action et les objectifs politiques de l’ue dans chaque domaine. En effet, l’auteur considère qu’il faut prendre en considération à la fois les ressources de puissance et les objectifs politiques de toute action extérieure de l’ue pour pouvoir dresser une évaluation critique de son rôle sur la scène mondiale. Les chapitres successifs sont consacrés à la réflexion sur la dimension extérieure de l’ue dans plusieurs domaines, qui relèvent tous du premier pilier. Il s’agit du commerce (Jan Orbie), de la politique de développement (Jan Orbie et Helen Versluys), de l’aide humanitaire (Helen Versluys), de la politique sur l’asile et la migration (Steven Sterkx), de la politique sociale (Tonia Novitz), de la politique environnementale (Edith Vanden Brande), de la politique de la concurrence (Angela Wigger), de la politique énergétique (Andrei V. Belyi), de la politique de voisinage (Viktoriya Khasson, Syuzanna Vasilyan et Hendrik Vos) et de la politique d’élargissement (Eline De Ridder, An Schrijvers et Hendrik Vos). Dans les limites du cadre analytique défini dans le chapitre introductif, chaque contribution se penche spécifiquement sur un de ces domaines. L’objectif est d’étudier chaque fois quelles sont la nature et l’importance des instruments dont dispose l’ue, par exemple ses ressources budgétaires et ses compétences. Par la suite, la recherche se focalise sur la manière dont ces instruments sont effectivement utilisés pour atteindre les objectifs normatifs affichés par l’ue. En adoptant la dichotomie rhétorique-réalité, l’étude vise à évaluer la cohérence entre ces objectifs normatifs et d’autres objectifs politiques qui découlent de la réalité politique. Les contributions permettent aussi de juger de manière critique l’action extérieure de l’Union européenne dans le cadre des domaines du soft power, qui sont essentiels dans sa définition d’acteur global. Les résultats des analyses des différentes contributions montrent que, dans le cadre du premier pilier, la nature et l’efficacité des instruments de l’ue diffèrent. Si la puissance économique de l’Union européenne joue un rôle déterminant en tant qu’instrument d’action dans chaque domaine analysé, l’influence de sa ...