Comptes rendus

The Development Dance: How Donors and Recipients Negotiate the Delivery of Foreign Aid, Haley J. Swedlund, 2017, New York, Cornell University Press, 188 p.

  • Charles Oriol

…more information

  • Charles Oriol
    École nationale d’administration publique Québec, Canada, École nationale d’administration et de politiques publiques, Port-au-Prince, Haïti

Access to this article is restricted to subscribers. Only the first 600 words of this article will be displayed.

Access options:

  • Institutional access. If you are a member of one of Érudit's 1,200 library subscribers or partners (university and college libraries, public libraries, research centers, etc.), you can log in through your library's digital resource portal. If your institution is not a subscriber, you can let them know that you are interested in Érudit and this journal by clicking on the "Access options" button.

  • Individual access. Some journals offer individual digital subscriptions. Log in if you already have a subscription or click on the “Access options” button for details about individual subscriptions.

As part of Érudit's commitment to open access, only the most recent issues of this journal are restricted. All of its archives can be freely consulted on the platform.

Access options

Les travaux publiés sur l’aide au développement mettent généralement l’accent sur les conditionnalités asymétriques, les constats d’inefficacité, de non-durabilité et d’échec qui caractérisent les coopérations Nord/Sud. Il est très rare de voir des recherches s’attarder sur les causes profondes de ces résultats connus d’avance. Négocier l’aide étrangère, c’est comme danser le tango. Pour le faire, il faut être deux, un meneur (donateurs) et un mené (bénéficiaire) : il faut un dialogue d’invitation à danser (dialogue diplomatique, technique et de politiques publiques), une piste (niveau institutionnel), une mélodie entraînante (Plan stratégique de développement national), et le meneur mène la danse à sa convenance. C’est en fonction de cette rhétorique qu’Haley J. Swedlund se propose de décrire et d’analyser la crédibilité des engagements pris par les parties prenantes dans les négociations relatives à la distribution de l’aide au développement. Son travail vise à démontrer que les échanges préalables à l’aide étrangère ne peuvent générer que des engagements mutuels non crédibles, lesquels sont responsables de l’inefficacité, de l’inconsistance et du caractère labile de ladite aide. D’où son souci de comprendre comment se passent ces négociations. En quoi affectent-elles les choix relatifs à l’octroi de l’aide ? Et qu’est-ce qui peut déterminer la durabilité des mécanismes de donation ? L’auteure définit le mécanisme de donation comme étant le moyen par lequel une quantité donnée d’aide étrangère est livrée par un donateur à un pays bénéficiaire, à la suite d’un processus de négociation incessant. Elle présente aussi une typologie des donateurs (officiels ou privés), car la crédibilité des compromis négociés peut reposer sur celle-ci. L’image de la danse qu’elle met de l’avant pour appuyer son argumentation se justifie tant par les approches théoriques qu’elle développe que par le cadre expérimental choisi. Swedlund démontre que l’aide étrangère est volatile, fongible et labile. C’est pour cela qu’elle vante les vertus des règles institutionnelles comme seuls garde-fous capables de contraindre les parties prenantes à respecter leurs engagements. En l’absence de telles règles, il est presque impossible pour les deux parties engagées dans une relation d’aide de tenir des engagements crédibles et durables tant l’échiquier politique et le cadre socioéconomique sont changeants et imprévisibles. Pour tester son hypothèse, Swedlund a privilégié une base de comparaison complexe (le traçage des processus) en organisant une enquête transnationale, de 2009 à 2015, dans quatre pays d’Afrique subsaharienne qui sont en décollage économique. Les résultats des analyses documentaires et des entrevues montrent que l’Ouganda, la Tanzanie, le Rwanda et le Ghana ont réussi leur décollage, non pas grâce à l’aide fondée sur des engagements non crédibles, mais grâce à une exploitation autonome de leurs ressources naturelles intérieures et à un virage vers une nouvelle philosophie de coopération. L’enquête de Swedlund révèle que plus de 16 milliards de dollars promis dans le cadre de l’aide internationale à l’échelle mondiale n’ont pas été décaissés. De 1995 à 2005, un écart de 2 % est constaté entre les promesses d’aide et les montants réellement décaissés en Afrique. Forte de ce constat, Swedlund présente dans les derniers chapitres des pistes alternatives en termes de mécanismes modernes pour une meilleure gestion de l’aide internationale. En effet, en raison des motifs d’insatisfaction générés par la gestion de l’aide dans le cadre de projets gérés exclusivement par des ONG d’une part, et à travers des programmes coordonnés par les gouvernements d’autre part, les parties prenantes se sont entendues pour coopérer sur les nouvelles bases que sont l’appui budgétaire et l’aide basée sur les résultats. D’un côté, l’appui budgétaire, en tant que mécanisme de financement intégré des programmes publics du gouvernement par les donateurs à travers le budget national, accordait l’autonomie …