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Compte rendu du 18e Congrès d’Études InuitSummary of the 18th Inuit Studies Conference

  • Laura Fleming-Sharp

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  • Laura Fleming-Sharp
    Assistante de recherche, Arctic Studies Center, National Museum of Natural History, Smithsonian Institution, 10th and Constitution Avenue, Washington, D.C., 20013, USA
    FlemingLA@si.edu

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Du 24 au 28 octobre, la Smithsonian Institution, à Washington, a accueilli le 18e Congrès biennal d’Études Inuit dans divers locaux situés le long du National Mall. Ce congrès, organisé par le Arctic Studies Center de la Smithsonian Institution, a reçu l’appui de nombreux partenaires et organismes de soutien, parmi lesquels se trouvaient la National Science Foundation, le Conseil de recherches en sciences humaines du Canada, le Conseil des Arts du Canada, la Banque TD, la U.S. Arctic Research Commission, la Oak Foundation, la section canadienne du Woodrow Wilson International Center, l’Ambassade du Canada, le Bureau du Québec à Washington, l’Ambassade de Russie, la Smithsonian Institution, le Trust for Mutual Understanding, la U.S. Arctic Research Commission et de nombreux autres. Le 18e Congrès d’Études Inuit fut la plus importante des congrès d’études inuit qui aient jamais été organisées, en même temps qu’elle était la première à se tenir dans les États-Unis contigus. Elle a réuni près de 600 spécialistes de l’Arctique, scientifiques, anthropologues, linguistes, archéologues, historiens, outre des enseignants, des travailleurs de la santé et des spécialistes gouvernementaux, ainsi que des artistes, cinéastes et activistes culturels inuit, venus du Canada, du Groenland, de l’Alaska et de la Russie.

Le thème du congrès — Arctique/Inuit/Connexions: Apprendre depuis le Toit du Monde — s’est concentré sur les graves problèmes auxquels sont confrontés les Inuit et sur la durabilité de leur culture et de leur mode de vie. Ces thèmes étaient: la rapidité du changement climatique; les problèmes de gouvernance dans l’Arctique; la mondialisation et le Nord; l’art inuit; les études culturelles; l’enseignement; le patrimoine; et le rôle des musées. Parmi les points forts de ce congrès, on peut citer les conférences plénières du lieutenant-gouverneur de l’Alaska, Mead Treadwell, de Mark Serreze, du National Snow and Ice Data Center, de Nellie Cournoyea, de l’Inuvialuit Regional Corporation, et d’Aron Crowell, de l’Arctic Studies Center de l’Alaska. Le programme du congrès annonçait 73 sessions de quatre à six communications chacune, ce qui représentait un total de près de 300 présentations réparties en huit thèmes. Le 18e Congrès d’Études Inuit a également présenté un programme artistique exhaustif.

Audience et impact sur le public

Le Arctic Studies Center avait largement publicisé le 18e Congrès d’Études Inuit; celui-ci a, de fait, obtenu une forte participation du public local et international, et a connu un certain retentissement dans la région de Washington, dans les communautés nordiques, les musées et les différents médias nord-américains. Le Congrès d’Études Inuit a pour la première fois été diffusé simultanément en ligne (voir http://inuit.smithsonianconference.org/), grâce au site du Arctic Studies Center; en diffusant les séances plénières des orateurs ainsi que plusieurs communications des différents symposiums, elle a attiré une large audience en ligne. Le congrès par Internet a touché un public de plus de 1000 personnes de 17 pays, y compris de nombreux auditeurs dans le nord.

Le Congrès d’Études Inuit a procuré une visibilité internationale à la sculpture, aux gravures, aux tentures, à la couture, aux films, aux chants au tambour, à la danse, etc., du monde inuit. En conjonction avec ce congrès, plusieurs expositions des divers arts inuit ont été présentées au sein du Smithsonian. Une exposition des sculptures contemporaines d’Abraham Anghik Ruben a également été proposée au public au National Museum of the American Indian, d’octobre 2012 à janvier 2013 (voir http://nmai.si.edu/explore/exhibitions/item/593/). Il s’agissait de la première exposition individuelle d’un artiste inuit à l’extérieur du Canada, et elle a fait l’objet d’une considérable attention au National Museum of the American Indian, aussi bien que de la part des médias locaux et internationaux. Deux autres expositions d’art des Inuit de Qamanittuaq (Baker Lake) et des Inuvialuit, présentant des tentures murales, des gravures à base de diverses techniques (lithographies, pochoirs) et des photographies se sont tenues du 22 octobre au 27 novembre 2012, dans le hall principal du S. Dillon Ripley Center. Ces deux expositions ont attiré un dense flux de visiteurs et ont permis une plus grande prise de conscience de la particularité des arts et modes de vie inuit à travers l’Arctique et le subarctique.

Les huit membres du groupe Paulatuk Moonlight Drummers and Dancers sont venus du village Inuvialuit de Paulatuk pour inaugurer officiellement l’ouverture du 18e Congrès lors d’une mémorable performance dans l’atrium Potomac du National Museum of the American Indian, le 24 octobre 2012. Ils ont donné un deuxième spectacle de performance culturelle durant le banquet du Congrès, qui a eu lieu dans ce même atrium, le 26 octobre, avant d’effectuer une troisième représentation le 28 octobre au John F. Kennedy Center for the Performing Arts, sous les auspices des productions Millenium Stage, qui organisent différents spectacles de niveau international d’accès gratuit pour le public. Ces danses et chants au tambour ont été pour de nombreux participants l’un des points forts du congrès, et ont permis de démontrer l’étendue et la variété des arts performatifs inuit.

Les expositions d’art inuit, et en particulier celle des sculptures d’Abraham Anghik Ruben, ont été commentées dans de multiples médias, y compris la CBC, le Globe and Mail, le Réseau des radios publiques d’Alaska, le blog du National Endowment for the Arts, le Washington Post, le Washington Post Express, le magazine Arabella – Canadian Art, Architecture & Design, et le programme matinal de la chaîne de télévision Fox-Washington. Les arts inuit ont ainsi été présentés au grand public de la région de Washington, de l’Amérique du Nord, et au-delà.

Le 18e Congrès a également présenté le tout premier programme destiné aux jeunes Inuit: Learning Pairs. Financés par une bourse de la Smithsonian Institution, six jeunes Inuit provenant de petites communautés de l’Arctique canadien, de l’Alaska et du Groenland ont eu l’opportunité de réaliser des entrevues auprès des conférenciers, et auprès les uns des autres, en plus de pouvoir s’exprimer sur les problèmes environnementaux et sociétaux qui affectent leur vie et leur culture, lors d’une session de clôture réservée aux jeunes. Le programme destiné à la jeunesse intégrait des outils des médias sociaux et des méthodes innovantes pour diffuser ces discussions critiques dans tout le Nord. Ce projet pilote est destiné à devenir un modèle d’apprentissage à distance au moyen des médias sociaux au nouveau centre d’enseignement Q?RIUS, qui doit ouvrir à l’automne 2013, dans le cadre du National Museum of Natural History; il devrait pouvoir permettre aux jeunes Inuit de faire mieux entendre leurs points de vue lors des prochains congrès d’Études Inuit.

Évènements publics

Du 24 au 27 octobre, de nombreuses sessions ont accueilli des présentations orales sur divers sujets, dans différents lieux: le S. Dillon Ripley Center; le National Museum of the American Indian; le National Museum of Natural History; et le Woodrow Wilson International Center. Une session en deux parties sur les politiques de l’Arctique s’est tenue au Woodrow Wilson International Center, présentant des conférences de représentants du U.S. Department of the Interior, du National Parks Service et de l’Inuit Circumpolar Council, ainsi que du lieutenant-gouverneur Mead Treadwell et de nombreux autres. S’ajoutant au dense programme de ce symposium, l’intégralité de la dernière journée du 18e Congrès a été consacrée à un festival du film inuit au cinéma Rasmuson du National Museum of the American Indian. Ce festival a présenté 13 films inuit portant sur des sujets et thèmes variés; ces films ont attiré une assistance nombreuse, où ne se trouvaient pas que les participants au congrès, mais également le grand public. Le 28 octobre, une démonstration de couture faite par des Yupiit s’est tenue au National Museum of the American Indian, ainsi qu’une performance instrumentale et culturelle d’un groupe de jeunes Groenlandais. Durant toute la durée du congrès, Chuna McIntyre, Yup’ik de l’Alaska, a proposé, dans le cadre du service d’assistance du musée, des consultations au sujet des collections du Smithsonian.

Conclusion

Le 18e Congrès, accueilli par le Arctic Studies Center de la Smithsonian Institution à Washington, fut, de tous les congrès d’Études Inuit organisés depuis le premier en 1978, celui qui a eu la plus nombreuse assistance (600 personnes), la plus forte représentation de chercheurs (plus de 300) et la plus grande audience en ligne (plus de 1000 personnes réparties dans 17 pays). Le succès de ce 18e Congrès est grandement redevable à l’appui, aux contributions et à l’aide apportée par la générosité de ses partenaires et organismes de soutien.


From October 24 to 28 the Smithsonian Institution in Washington, D.C. hosted the 18th biennial Inuit Studies Conference (ISC) at multiple venues throughout the National Mall. Organised by the Smithsonian Institution’s Arctic Studies Center, the ISC was supported by many partners and sponsors, including the National Science Foundation, the Social Sciences and Humanities Research Council of Canada, the Canada Council for the Arts, the TD Bank, the U.S. Arctic Research Commission, the Oak Foundation, the Woodrow Wilson International Center’s Canada Institute, the Canadian Embassy, the Quebec Government Office in Washington, D.C., the Russian Embassy, the Smithsonian Institution, the Trust for Mutual Understanding, the U.S. Arctic Research Commission, and many others. The 18th ISC was the largest-ever ISC meeting as well as the first in the Lower 48. It included almost 600 Arctic scientists, anthropologists, linguists, archaeologists, and historians, as well as educators, health workers, and government specialists, and Inuit artists, filmmakers, and cultural activists from Canada, Greenland, Alaska, and Russia.

The conference theme—Arctic/Inuit/Connections: Learning from the Top of the World—focused on the acute challenges to the Inuit people and the sustainability of their culture and ways of life: rapid climate change; issues of Arctic governance; globalisation in the North; Inuit art; cultural studies; education; heritage; and the role of museums. Among the conference highlights were the plenary talks by Lt. Governor Mead Treadwell of Alaska, Mark Serreze of the National Snow and Ice Data Center, Nellie Cournoyea of the Inuvialuit Regional Corporation, and Aron Crowell of the Arctic Studies Center, Alaska Office. The conference program featured 73 sessions of four to six papers each for a total of approximately 300 presentations on eight themes. The 18th ISC had also a comprehensive Inuit arts program.

Audience and public impact

The Arctic Studies Center avidly promoted the 18th ISC and engaged a wide local and international audience, including the Washington area public, northern communities, museums, research institutes, and local and North American media outlets. The first-ever concurrent online Inuit Studies Conference (see http://inuit.smithsonianconference.org/) hosted by the Arctic Studies Center attracted a broad online audience and featured plenary speakers and several symposia presentations. The online conference reached an international audience of over 1,000 participants from 17 countries, including several northern audiences.

The Inuit Studies Conference provided an international platform for Inuit sculpture, print, tapestry, sewing, film, drumming, dance, and more. In conjunction with the 18th ISC, several Inuit arts-focused exhibits were held across the Smithsonian. Abraham Anghik Ruben’s contemporary sculpture exhibit was featured at the National Museum of the American Indian from October 2012 to January 2013 (see http://nmai.si.edu/explore/exhibitions/item/593/). It was the first-ever solo Inuit artist exhibit outside Canada and attracted considerable attention at the National Museum of the American Indian and in local and international media. Two exhibits of Inuit artwork, including Qamanittuaq (Baker Lake) and Inuvialuit wall hangings, stone-cut, stencil, and lithograph prints, and photographs, were on display in the S. Dillon Ripley Center main concourse from October 22 to November 27, 2012. Both exhibits attracted a consistent flow of visitors and increased public awareness of Inuit arts and ways of life across the Arctic and sub-Arctic.

The eight-member Paulatuk Moonlight Drummers and Dancers troupe came from Paulatuk (Inuvialuit Settlement Region) to officially open the ISC ceremonies with a stunning performance at the Potomac Atrium of the National Museum of the American Indian on October 24, 2012. They performed a second time as the featured cultural performance at the ISC banquet, which was held in the same Atrium on October 26, 2012. A third show took place on October 28, 2012 at the John F. Kennedy Center for the Performing Arts under the auspices of Millennium Stage Productions, which hosts various international performances free to the public. These drummers and dancers were a conference highlight for many participants, and their presence at the ISC helped showcase the scope and diversity of Inuit performing arts.

The Inuit art exhibits, particularly Abraham Anghik Ruben’s sculptures, were featured in multiple public media outlets, including the CBC, the Globe and Mail, the Alaska Public Radio Network, the National Endowment for the Arts blog, the Washington Post, the Washington Post Express, the magazine Arabella – Canadian Art, Architecture & Design, and the local Washington Fox TV morning program. Inuit arts were thus showcased to the general public within the Washington, D.C. area, across North America, and beyond.

The 18th ISC also featured the first-ever Inuit youth program: “Learning Pairs.” Funded by a Smithsonian Institution grant, six young Inuit from small Arctic communities in Canada, Alaska, and Greenland had an opportunity to interview conference speakers and each other and also to speak about how environmental and societal issues are affecting their lives and culture at a closing youth panel. The youth program integrated social media tools, using innovative methods to communicate these critical discussions within and across the North. This pilot project is expected to be a model for long-distance learning via social media at the National Museum of Natural History’s new education center, Q?RIUS, slated to open in the fall of 2013, and may give the views of Inuit youth more exposure at future Inuit Studies Conferences.

Public events

From October 24 to 27, numerous sessions featured oral presentations on various topics at several locations: the S. Dillon Ripley Center; the National Museum of the American Indian; the National Museum of Natural History; and the Woodrow Wilson International Center. A two-part Arctic policy session was held at the Woodrow Wilson International Center and included talks by representatives of the U.S. Department of the Interior, the National Parks Service, and the Inuit Circumpolar Council, as well as by Lt. Governor Mead Treadwell and many others. In addition to the robust conference symposia program, the entire final day of the ISC was devoted to an Inuit Film Festival at the Rasmuson Theater in the National Museum of the American Indian. The festival featured 13 Inuit films on various topics and themes, the film showings being well attended and open not only to conference attendees but also to the general public. On October 28, a Yup’ik sewing demonstration was held at the National Museum of the American Indian as well as an instrumental and cultural performance by a Greenlandic youth group. Throughout the entire conference, Alaskan Yup’ik Chuna McIntyre offered live consultations of the museum’s collections at the Smithsonian Museum Support Center.

Conclusion

The 18th ISC hosted by the Smithsonian Institution’s Arctic Studies Center, Washington, D.C. had the highest attendance (600), the most scholarly presentations (more than 300), and the broadest online audience (over 1,000 from 17 countries) of all Inuit Studies Conferences since the first one in 1978. The success of the 18th ISC was made possible by support, contributions, and assistance from its generous partners and sponsors.