Livres et revues

HAGAN, William T., Indian Police and Judges: Experiments in Acculturation and Control. New Haven and London: Yale University Press, 1966.[Record]

  • Elizabeth Nish

Indian Police and Judges est le treizième volume de la collection Yale Western Americana. Il s'agit d'une étude plus ou moins articulée sous révolution de la loi et de sa mise en vigueur dans les réserves indiennes à l'ouest du Mississipi. Les centaines d'anecdotes éparpillées dans ce livre tendent à distraire du thème principal plutôt qu'à l'étayer. Et ce thème ne commence à se dessiner qu'après les premiers chapitres. Dans son chapitre d'introduction, l'auteur explique l'attitude officielle et celle des réformateurs à l'égard des Indiens nouvellement conquis. Au fond, tout le monde s'entendait sur le besoin d'instruire et de christianiser l'Indien et de le détourner de la chasse pour le convertir à l'agriculture. On tenait pour acquit qu'il fallait leur fournir une loi. On le ferait à la manière civile plutôt que militaire; les militaires croyaient qu'on ne viendrait à bout des Indiens que par la force. Quant à la politique du gouvernement de distribuer les Indiens dans les réserves, d'y nommer un agent indien ou des agences comme représentant du gouvernement, les réformateurs en général l'ont approuvée.

Les réformateurs, le gouvernement et l'armée ont mal compris nombre d'aspects de la vie indienne. On a réuni dans une réserve tous les villages et les clous d'une tribu en vue d'obtenir une cellule d'une plus grande cohésion alors qu'en réalité les clous individuels avaient été les cellules les plus stables. Il a été difficile d'établir Tordre et d'appliquer les lois à cause de l'idée si différente que s'en faisaient les Blancs et les Indiens : on ne s'entendait pas sur la nature même du crime. Il en allait ainsi du sens de la propriété : les Indiens, habitués à la propriété communale et au partage du territoire, ne pouvaient voir que

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peu d'infractions contre le droit de propriété. Par ailleurs, ils regardaient comme de graves offenses l'homicide, l'adultère et les violations des lois de chasse communale; mais il existait entre les Tribus beaucoup de variations quant à la gravité et à la fréquence de ces crimes et à leur punition. Les mêmes différences existaient quant à l'application de la loi, parce que, parmi les Indiens, la raillerie (ridicule), l'exil ou l'exécution étaient chose commune alors qu'on ignorait l'emprisonnement. De même, les coupables pouvaient-ils, dans certaines tribus, se réfugier au milieu des objets sacrés (ce qui suggère quelque ressemblance avec les sanctuaires religieux d'Europe), et, pour les Indiens, le transgresseur se trouvait ainsi hors d'atteinte de la justice humaine. Certaines tribus se sont adaptées rapidement au système des Blancs, beaucoup plus facilement que d'autres : par exemple, les cinq tribus civilisées, (les Cherokes, les Cris, les Seminoles, les Chactas et les Chicachas) ont tôt rempli des fonctions, comme les Blancs, dans l'administration de la justice. Ils ont bâti des prisons, écrit des codes de lois, nommé des shérifs, par exemple. Les Indiens des Plaines, toutefois, ont été plus tenaces à leurs anciennes coutumes, et c'est parmi ces derniers que furent faites les expériences sur la police indienne et sur les juges indiens.

Le détachement de police indien a d'abord pris corps dans la réserve indienne des Apaches à San Carlos. Le jeune agent, John P. Clum, a mis sur pied un détachement de police indigène et, de 1874 à 1877, ses succès ont contrebalancé ses échecs. Son expérience a démontré qu'un agent indien pouvait se dispenser ...