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Notes bibliographiques

PLET, Françoise, édition sélective présentée et commentée par, Une géographie de l’Amérique du Nord à la fin du xviiie siècle. Saint-John de Crèvecoeur. Voyage dans la Haute Pennsylvanie et dans l’État de New York depuis l’année 1785 jusqu’en 1798 (Montréal/Saint-Denis, XYZ éditeur/Presses universitaires de Vincennes, 2002), 390 p.

  • Nelson-Martin Dawson

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  • Nelson-Martin Dawson
    Département d’histoire et de science politique
    Université de Sherbrooke

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Ce récit fut rédigé par un noble normand, Michel-Guillaume Jean de Crèvecoeur, et publié en France au début du xixe siècle. Contrairement aux traditionnels récits de voyage, ce texte n’est pas un itinéraire, on ne saurait donc suivre géographiquement l’auteur à la trace. Celui-ci, par ailleurs, ne désirait pas laisser de trace et se dissimula derrière le titre de traducteur d’un mystérieux récit sauvé d’un naufrage. Ce choix littéraire lui permettait quelque négligence du point de vue narratif, en prétextant que la suite d’une anecdote ou d’une réflexion avait malheureusement été effacée par les eaux. Malgré un tel caractère inachevé, cette oeuvre brosse un saisissant portrait de ce Nouveau Monde qui n’avait pas fini d’étonner les hommes de la vieille Europe, en retraçant l’histoire de ceux qui pénétrèrent à l’intérieur du continent. En se promenant entre les zones peuplées et les espaces neufs, l’auteur rend compte des différentes dynamiques de peuplement et des relations avec les Indiens. On réalise alors que le regard européen de la fin du xviiie siècle n’est pas très éloigné de celui que portaient les jésuites de la première moitié du xviie siècle. Qu’il suffise de lire : « Quel dommage que cette nation […] se soit constamment opposée à tous les efforts qu’on a faits pour lui inspirer le goût de la vie sédentaire et cultivatrice ! Comme tant d’autres, elle disparaîtra, et ne laissera après elle que les noms qu’elle donna jadis aux rivières et aux montagnes de ce beau pays. » (p. 271)

Comme l’indique le titre, il s’agit d’une édition sélective, Plet ayant choisi de sabrer dans les redites et dans les jugements que portait l’auteur sur les Indiens (p. 91) ou sur la politique (p. 211). Ce titre est toutefois quelque peu généreux en annonçant une édition critique (couverture) et commentée (page-titre). Hormis les passages retranchés et résumés, l’intervention de l’auteure demeure plutôt modeste. Cartes et croquis auraient pu être plus nombreux, afin de faciliter la lecture du texte. L’identification des personnages mentionnés aurait également ajouté à la qualité de la publication. Quant à l’index, une rapide vérification en fait découvrir les nombreuses lacunes.