Revisiter l’approche des sources historiques au XXIe siècle

Introduction

  • Rosalie Grimard-Mongrain and
  • Gordon Blennemann

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  • Rosalie Grimard-Mongrain
    Candidate au doctorat en histoire, Université de Montréal-Canada, Université Paris 8—France

  • Gordon Blennemann
    Professeur agrégé au département d’histoire, Université de Montréal, Canada

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Cover of Revisiter l’approche des sources historiques au XXI<sup>e</sup> siècle, Volume 37, Number 1, Fall 2019, pp. 7-245, Cahiers d'histoire

Ce recueil d’articles se distingue des volumes thématiques précédemment parus chez Les Cahiers d’histoire. On pourra s’étonner, par exemple, du fait que deux médiévistes signent—en tant que directeurs scientifiques—un recueil dont les contributions concernent exclusivement l’histoire moderne et contemporaine, même si le lecteur attentif relèvera sans doute quelques références à l’Antiquité et au Moyen Âge dans l’une et l’autre des contributions. Pour préserver notre légitimité par rapport à la matière rassemblée, il suffit d’attirer l’attention des lecteurs sur les objectifs du volume : explorer les défis et élargir les perspectives de critique et d’analyse de source dans les contextes de recherche actuels. Il s’agit alors d’un projet qui s’engage dans une réflexion autour de la base de travail de tous les historiens, indépendamment de leur époque de prédilection : les sources dites primaires ou historiques. Dans ces pages d’introduction, nous proposons d’abord de préciser ces objectifs. Dans un deuxième temps, nous passerons à un résumé détaillé des articles. Nous finirons sur quelques remarques de synthèse et de mise en perspective du volume. Ce n’est pas la première fois que Les Cahiers d’histoire réservent un numéro thématique à une réflexion d’ordre méthodologique. On pensera notamment au numéro de l’année 2017 codirigée par Florence Prévost-Grégoire et Carol-Ann Bellefeuille, consacré aux échelles d’étude en histoire. Les directeurs de revue ont ressenti le besoin de placer à ses côtés un volume-frère qui s’engage davantage dans une réflexion sur les méthodes en histoire tout en mettant en avant la question des interactions de ces méthodes avec les avancées récentes de la recherche scientifique. Nous espérons que ce volume-frère soit fidèle à cette idée initiale. Par intérêt pour ces points d’interaction avec l’évolution globale de l’actualité méthodologique des sciences, notre recueil contribue à un débat qui restera nécessairement ouvert puisque ses paramètres ne cesseront d’évoluer. Plus grand encore est le débat sur les similitudes et les différences entre les sciences dites humaines et sociales, et les sciences dites exactes qui nous intéressent ici surtout en regard de l’impact des nouvelles technologies sur les formes de mise à disposition, de traitement et d’analyse des sources—une thématique qui ressort dans tous les articles de ce volume. Leurs auteurs contribuent, à notre sens, avant tout à la réflexion sur les synergies potentielles entre les approches interprétatives des sciences humaines et sociales et les démarches explicatives ou descriptives des sciences naturelles. Il ne s’agira donc pas d’explorer de véritables continuités entre ces deux pôles, voire de développer des perspectives de naturalisation des sciences humaines et sociales. Soulignons aussi que ces transformations méthodologiques en histoire et leurs liens potentiels avec le cadre scientifique global n’effacent pas les traditions antérieures de critique et d’analyse des sources. Tous les auteurs développent leurs mises en perspective dans un esprit de complémentarité par rapport aux acquis méthodologiques de notre discipline. Ils demeurent ainsi attachés à des catégories et des démarches établies de l’analyse historique comme le croisement des sources, la contextualisation ou encore l’inscription des phénomènes historiques dans l’espace et dans le temps. Tous les auteurs se montrent aussi hautement conscients du fait que la pertinence des formes de traitement du matériel historique à l’aide du numérique et de l’informatique dépend fortement de la qualité de la documentation ancienne. Cette recherche de complémentarité entre l’ancien et le nouveau émane d’un pragmatisme méthodologique face aux exigences de la documentation. Elle rejoint en même temps des idées formulées, par exemple, dans le Manifeste des Digital Humanities de 2010. Une redéfinition de la discipline historique dans le cadre des humanités numériques nous permet parfois de reconsidérer des questions méthodologiques très anciennes. Les procédés informatiques de mise en …

Appendices