Comptes rendus

Olivier Roy, Leibniz et la Chine, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 1972, (11 X 17 cm), 176 pages[Record]

  • Jaromir Danek
COMPTES RENDUS fondation métaphysico-linguistique de la Langue générale et philosophique. Le · noyau » de sa conception est monadique : chaque peuple est une partie du plan de Dieu et reflète, dans une vue particulière, tout l'univers. Selon l’expression de Leibniz, · dans un siècle qui tâche d’approfondir les choses. . . pour approfon­ dir l’Histoire du genre humain · (Opuscules. . . pp. 224-225), il faut contribuer à la perfection des hommes car «c’est plus faire que gagner cent batailles » (cité par l’A. p. 49). La tâche principale est alors de réaliser le passage de la théologie naturelle à la théologie rationnelle — la base d’un dialogue scientifique. Ce dialogue sera possible grâce à la constitution du langage universel réalisant les règles du raisonnement logique — le langage de l'irénisme. Le livre Leibniz et la Chine est divisé de la manière suivante: I. La Chine et l’Europe au temps de L. — II. L. et la mission de Chine. — III. L. et la pensée chinoise. — IV. L. et la langue chinoise. — V. L. et le Yi King (livre classique, contenant, selon l’interprétation de Leibniz, une combinatoire des binarités susceptible de repré­ senter tout l’univers). Un riche choix de docu­ ments et un examen précis de sources ont précédé l’élaboration du texte ; l’auteur a travaillé selon un plan rigoureux. La littérature leibnizienne possède maintenant l’explicitation d’un important aspect général de l’œuvre du philosophe. Je ne suis toutefois pas certain si, dans ses conclusions, le livre donne une appréciation juste de la vraie valeur des projets de Leibniz. En tant que projets, ils sont ouverts vers l’avenir de la science et du monde dans son développement continu, et cela, malgré le fait qu’ils n’ont pas réussi de trouver, entre autres, une vérification complète face à la réalité du modèle chinois (dans les limites de l’époque de Leibniz et de notre époque). Le projet d’une élaboration de la clavis sinica (p. 146) n’est- il pas accompagné par les mêmes difficultés que celui des autres < clefs caractéristiques », et n’ouvre-t-il pas alors les mêmes perspectives pour le monde humanisé, grâce à son « sens rationnel »? Jaromir D anek Pierre G r e l o t , De la mort à la vie éternelle. Études de théologie biblique. Collection Lec- tio divina, 67, Paris, Éditions du Cerf, 1971, (14 X 23 cm), 276 pages. Il s’agit d’un groupe d’études que l’auteur publia entre les années 1961-69 dans diverses revues. Les s’y reconnaît plus du tout. Le processus de sécularisation atteindrait-il alors la théologie de B. jusqu’à ses principes et à sa méthode? L’é­ nigme du dernier B., on le voit, est loin d’être résolue ! lean R ic h a rd Olivier Roy, Leibniz et la Chine, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, 1972,(11 X 17 cm), 176 pages. La magnifique idée de l'intégration du monde moderne est essentiellement l’idée de Leibniz. Cette idée est née des conditions spirituelles de l’époque des Lumières, conditions qui ne se limitaient pas uniquement à la partie occidentale du monde (bien que ce soit dans son contexte que s’est constituée la réflexion du « métaphysicien monadologique»): au contraire, elles marquaient la situation générale du monde entier. L’Europe ainsi que la Chine s’ouvraient à la communication et à la meilleure connaissance possible de leurs cultures; sur ce terrain, aucune «conquête» et aucune « soumission » n’étaient justifiables. Il s’a­ gissait, pour les hommes comme Leibniz, de chercher les sources originaires de ces cultures pour retrouver ce qui unifie, d’une part, le monde synthétisant l’héritage de la pensée grecque avec le christianisme et, d’autre part, le monde oriental ...