Comptes rendus

Guy Jalbert, Problématique de l'humanisme contemporain. Coll. « Hier-Aujourd'hui », no. 6, Paris-Tournai, Desclée & Cie ; Montréal, Bellarmin, 1971, (14 X 21 cm), 138 pages[Record]

  • Martin Blais
COMPTES RENDUS rationnelle. Celle-ci, instrument des systèmes, est une réflexion objective sur le réel dans le dessein de dégager les structures fondamentales unifian­ tes. Celle-là met l'accent sur l'existence concrète de l'individu, l’essentiel, à ses yeux, qui échappe à la première (ch. 1). Chacune de ces pensées s’attache à l'une des deux dimensions de l’être : la pensée existentielle, au sacré; la pensée ration­ nelle, au profane (ch. II). Soeren Kierkegaard a donné naissance à la philosophie existentielle. Avec lui, la philosophie quitte le terrain de la réflexion sur les objets pour explorer de façon cohérente l'univers de la subjec­ tivité et faciliter à l'homme la découverte de la voie d'une existence authentique (ch. III). Cette préoccupation étant celle de tout humanisme, l'Auteur est amené à étudier les humanismes contemporains et leurs fondements (ch. IV). Si la réflexion sur Dieu est toujours l'aboutis­ sement d'une réflexion radicale sur l'homme, l’humanisme est représenté par deux types princi­ paux : l’humanisme athée (ch. V) et l'humanisme chrétien (ch. VI). Le progrès de la conscience existentielle et la montée de l'humanisme vont modifier de façon importante l'interprétation globale de l’univers des philosophies rationnelles. L 'Auteur illustre cette opinion par Marx et Teilhard de Chardin (ch. VII). L’opposition que l’Auteur institue entre la pensée existentielle et la pensée rationnelle em­ prunte plus à l’esprit qu’à la réalité. La ligne de partage entre ces deux pensées est plutôt floue. · Il y a de tout dans tout»: de l’existentiel dans le rationnel, du rationnel dans l’existentiel. L’Au­ teur oppose les philosophies du plaisir, de l'amour et du devoir, mais le lecteur ne doit pas se croire obligé de renoncer au plaisir de l'amour ni à l’amour du devoir. Martin COMPT auxquels il aboutira: c’est là qu’on peut se demander si un certain type de discours sociologi­ que n’est pas, tout compte fait, un discours théologique honteux et si le choix de la documen­ tation ainsi que celui de la méthode d’analyse ne sont pas foncièrement des choix de théologien. Compte tenu des modèles auxquels l'analyse de l'auteur aboutit, on doit reconnaître à sa réflexion théologique à la fois une excellente rigueur et une ouverture courageuse et originale. Mais les conclusions et les applications qu'il énonce sont, bien sur, celles que postulent son analyse préalable. À cet égard, on reste sur sa faim, en ce qui concerne par exemple l’intégration des modèles de conflits dans une ecclésioiogie et le mode d’autorité que pourrait tolérer une Église nouvelle image. Dans la mesure où le pouvoir est précisément l'un des leitmotive de la constitution des petits groupes, on se serait attendu à un exposé plus étendu et plus circonstancié de cette question au sein de l’Église. Mais l’auteur est l'un des premiers à se lancer dans une réflexion aussi ardue ; on doit lui savoir gré d’avoir ouvert le chemin ; on doit souhaiter qu’il fourbisse davantage ses armes et revienne ultérieurement sur sa réflexion. J . Th. E MSRNSDT Guy UMOrSRNa Problématique de l ’humanisme contemporain. Coll. « Hier-Aujourd’hui », no. 6, Paris-Toumai, Desclée & C ie; Montréal, Bellarmin, 1971, (14 X 21 cm), 138 pages. Dans ce petit livre de lecture facile et agréable, Guy Jalbert s'assigne la tâche de ramener le problème de l'humanisme contemporain à quel­ ques concepts fondamentaux, comme doit faire, selon lui, la réflexion philosophique. Il distingue d’abord deux types de réflexion philosophique : la pensée existentielle et la pensée 328