Comptes rendus

MERQUIOR, José Guilherme, L’esthétique de Lévi-Strauss[Record]

  • Jean-Dominique Robert

COMPTES RENDUS

José Guilherme MERQI'IOR, L'esthétique de Lévi­Strauss (" Croisées,,). Un vol. 22 x 13 de 157 pp.. Paris, PUF, 1977.

La collection" Croisées" est dirigée par Jean­Marie BenoIst, auteur de: Marx l'SI mort (Galli­mard, 1970), de Figures de t oppre.H/OI1 (même collection, 1972), etc. Cette collection entend substituer" au culte pénmé du scientIsme ratio­naliste le défi d'un gal savoir qui se recherche à travers les réseaux du symbolique et de l'imagi­naire". On entend donc rassembler des auteurs venus d'horizons fort divers. de façon à réaliser un travail interdisciplinaire. Dans son il1lroduction J,G.M. indique le but et les limites de son travaIl. Des concepts de l'anthropologie structurale ont été définis à l'aide d'analogies relevant du domaine artistique. et l'on sait comment Lévi-StrauS' a comparé mythe et musique dans des pages deve­nues célèbres. Toutefois, voulolT proposer de l'anthropologie structurale une lecture qui cn fasse une" métaphysique esthétIque» serait réducteur et unilatéral. L'auteur, lui, veut ici considérer des pages consacrées par L.-S., « soit à la considération de l'art en soi, soit à l'étude des arts" (p. 7). Par ailleurs. il s'agira de comparer le rcsultat avec des «thèses de l'esthétique contemporaine H, Cela «permettra de constater que le structuralisme, tout cn s'opposant à certaines tendances de l'idéologie artistique de notre époque, rejoint vigoureusement quelques-unes de ses notions les plus pénétrantes" (p. g), Trois types de considé­rations vont restreindre l'étendue du propos. Seront considérés: i) L'activité artistique dans ses rapports avec la sociéré; 2) La définition de l'an

en tant que manifestation ou culturel spécifique; 3) La "théorie de la musique" ou l'art comme cntique de la culture. En bref: un livre attachant sur des points révélateurs d'une pensée qui a fait beaucoup parler d'elle et qui a forcé tant de philosophes et de scientifiques à réfléchir sur ce qu'ils font, commel1l ils le fonT.

Jean-Dominique R()[lIR 1

Raymond M'''Cil '5. Entretiens sur Bonhoeffer, Paris, Beauchesne, Coll. "Le Point théo­logique ", n. 29, c. 1978, (21 x 13.5 cm), SO p.

Ce petit livre possède un caractère bien spécial. Il est fait de quatre entretiens sur Bonhoeffer, entretiens aœordés à l'auteur par des personnages qUI ont tous connu de près l'homme de pensée ct d'action que fut Bonhoeffer. Chaque entrctiéll est précédé d'une brève introduction,

Dans une courte présentation, l'auteur invoque

certaines raisons destinées à justifier ce genre

d'ouvrages. Nous ne les discuterons pas, malS unI? remarque s'impose. Ce genre dl? «document .. ne

peut avoir d'intérêt et d'importance que pour celui

qui déjà connaît bien le personnage et la doctflne qui font le sUJct de l'entretien. Il est diftïcile de VOir quel intérêt il pourraIt avoir pour les autres. Autrement dit, pareil document est essentiellement le compagnon d'un ouvrage principal qu'il complète: il ne saurait servir d'introduction il une doctrine ou à un personnage.

Le premier entretien SI? fait avec Helmul Gollwitzer. un « théologien engagé H. Celui-ci voit avant tout le théologien que fut Bonhoeffer: il signale en particulier que la préoccupation éthique traverse toute l'œuvre de Bonhoeffer. théologien moraliste avant tout. Mais, pour Bonhoeffer (et Gogarten), le renouveau de la théologie passait par une critique de l'idéalisme allemand. Contrai­rement à Barth, Bonhoeffer soutenait qu'une élucidation philosophique était nécessaire avant d'entreprendre une œuvre théologique. Selon Gollwitzer, l'étrange assertion de Bonhoeffer: «Sans Dieu. vivre devant Dieu ", n'entend aucunement congédier Dieu, mais seulement ...