Chronique

Littérature et histoire du christianisme ancien[*][Record]

  • Paul-Hubert Poirier

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  • Paul-Hubert Poirier
    Faculté de théologie et de sciences religieuses
    Université Laval, Québec

Se poursuivant à un très bon rythme, la publication du lexique d’Augustin aborde le troisième tome consacré à la suite de la lettre F, à la lettre G et au début de la lettre I. Il comporte 55 articles, dont 11 sont dévolus à des oeuvres d’Augustin : Contre Gaudentius, évêque des Donatistes ; La Genèse au sens littéral ; La Genèse au sens littéral, livre unique inachevé ; La Genèse, contre les Manichéens ; Actes de la conférence avec Éméritus, évêque des Donatistes ; Sur les actes du procès de Pélage ; La grammaire ; La grâce du Christ et le péché originel ; La grâce et le libre arbitre ; La grâce du Nouveau Testament ; Sur les hérésies, à Quodvultdeus. Parmi les autres articles, mentionnons ceux qui portent sur la grâce (gratia), probablement le plus développé de ce double fascicule, sur la notion augustinienne d’hérésie (haeresis, haeritici), sur la notion de finis ou sur le terme gentes. La préface de cette livraison annonce que l’édition des prochains fascicules sera accélérée du fait de la sortie d’une nouvelle version du CD-ROM C(orpus) A(ugustinianum) G(issense) et de la mise sur support informatique de la littérature augustinienne secondaire par le « Zentrum für Augustinus-Forschung ». Par ailleurs, on sera heureux d’apprendre que la bibliographie de l’Augustinus-Lexikon est désormais accessible sur le site . Rappelons que ce dictionnaire d’Augustin déborde largement ce qu’annonce son titre et qu’il intéresse tous les chercheurs travaillant sur l’Antiquité tardive. Née à Constantinople en 1896 et décédée à Paris en 1989, la byzantiniste et arménisante Sirarpie Der Nersessian a connu une carrière aussi longue que riche. Émigrée à Genève puis à Paris, elle s’inscrit à l’École pratique des hautes études, où elle suit les conférences de Charles Diehl, Henri Focillon et Gabriel Millet, dont elle devient l’assistante en 1922. Dès les débuts, elle s’oriente vers l’étude des manuscrits enluminés, arméniens bien sûr, mais aussi slavons — sujet de son mémoire de diplôme de l’ÉPHÉ, en 1926 — et grecs. Sa thèse principale de doctorat, soutenue en 1936, porte sur L’illustration du roman de Barlaam et Joasaph. À partir de 1930, la carrière de S. Der Nersessian se déroulera principalement aux États-Unis, où elle enseignera au Wellesley College (1930-1945), et surtout au Dumbarton Oaks Institute, antenne byzantiniste de l’Université Harvard à Washington (Georgetown), où elle est nommée en 1946 professeure d’art et d’archéologie byzantine, poste qu’elle occupera jusqu’en 1963. À sa retraite, elle s’installe à Paris, où elle continue à mener une vie d’intense activité scientifique, dont l’ultime manifestation sera la publication posthume de ses Miniature Paintings in the Armenian Kingdom of Cilicia from the Twelfth to the Fourteenth Century (« Dumbarton Oaks Studies », vol. XXXI, 1993). Ces trois-quarts de siècle de recherche et d’enseignement se sont traduits par de très nombreuses et très importantes publications, ainsi que par la constitution, au fil des ans, de riches archives scientifiques et personnelles. Avant son décès, S. Der Nersessian avait légué sa bibliothèque et ses « dossiers de manuscrits » au Maténadarn d’Érévan, en Arménie. Mais avant leur transfert, Me Michel Nafilyan, exécuteur testamentaire de la disparue, avait obtenu la permission de faire des doubles des archives, qui ont été déposés à Paris à l’« Institut de recherche sur les miniatures arméno-byzantines. Fonds Sirarpie Der Nersessian », créé en 1991 pour rendre celles-ci accessibles au plus grand nombre de chercheurs. Cette initiative visant à la conservation du fonds a été heureusement doublée d’un effort de diffusion, qui se matérialise par la publication de ce premier volume ...

Appendices