Présentation[Record]

  • Harold Bérubé
Présentation Mens poursuit son effort de rattrapage avec ce numéro double qui, bien qu’il paraisse à l’hiver 2016, couvre l’ensemble de l’année 2014 et commence l’année en beauté. Le lecteur y trouvera ample matière à réflexion avec un dossier consacré à la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, mieux connue sous le nom de commission Laurendeau-Dunton ou de commission BB. Cette commission d’enquête représente un tournant majeur dans l’histoire intellectuelle et politique du Canada, et, même si ses échos se sont beaucoup atténués un demi-siècle après sa mise en place par le gouvernement libéral de Lester B. Pearson, elle lègue un héritage complexe. Je laisse au responsable de ce dossier, François Charbonneau, de l’Université d’Ottawa, l’honneur de présenter chacun des six articles qui composent ce dossier dans l’introduction qui suit cette présentation. Je me contenterai de souligner que ce dossier permet de constater que tout n’a pas été dit sur cette commission d’enquête, ses antécédents et ses suites. Au fil des textes rassemblés ici, le lecteur aura notamment l’occasion d’explorer les efforts entrepris entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et la Révolution tranquille, de part et d’autre de la frontière linguistique, pour rapprocher les deux solitudes canadiennes, des efforts souvent ignorés par l’historiographie, mais qui préparent le terrain à la commission Laurendeau-Dunton. Le lecteur pourra également constater que, tant du côté anglophone que francophone, il y a d’importantes tensions entre le passé et l’avenir lorsque vient le moment d’examiner la nature des contributions d’acteurs des deux communautés linguistiques aux travaux de la Commission. Qu’il s’agisse de l’héritage impérialiste britannique ou des mémoires divergents des différentes communautés francophones, la Commission est loin d’être un simple dialogue entre deux solitudes aux idées ou aux aspirations monolithiques. Enfin, le lecteur pourra constater que, même si l’influence des travaux de la Commission sur la vie politique et intellectuelle canadienne est indéniable, elle est loin d’être consensuelle. Qu’il s’agisse des ambitions des commissaires pour ce qui est de la capitale et de la fonction publique fédérales ou, encore, de la protection des communautés francophones hors Québec, les recommandations de la Commission ont inspiré demi-mesures et résistances, qui rendent son héritage pour le moins ambigu. Pour conclure, ajoutons que l’équipe de la revue continue à évoluer. D’une part, c’est bien à regret que nous disons au revoir à Martine-Emmanuelle Lapointe, qui quitte le comité et ses fonctions de secrétaire de rédaction. C’est Karine Hébert qui prendra la relève à ce poste. D’autre part, l’équipe est heureuse d’accueillir en son sein François-Olivier Dorais, qui est doctorant à l’Université de Montréal et qui s’intéresse actuellement à la genèse, au travail et à l’influence de l’« École historique de Québec ». Il prendra la relève de Mathieu Noël comme responsable des comptes rendus. Rappelons que François-Olivier Dorais a mérité le Prix en histoire politique – Meilleur article de langue française 2015 pour son texte sur l’historien franco-ontarien Gaétan Gervais, publié dans le numéro du printemps 2013 de Mens. Ce prix est remis par le groupe d’histoire politique, un comité associé à la Société historique du Canada. Harold Bérubé Pour le comité éditorial