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Documentation

Lathey, Gillian (2016) : Translating Children’s Literature. Abingdon, New York : Routledge, 161 p.[Record]

  • Audrey Canalès

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  • Audrey Canalès
    Université de Montréal, Montréal, Canada

L’ouvrage s’inscrit dans la collection des guides pédagogiques de Routledge « Translation Practices Explained », conçue pour accompagner étudiants, professeurs et traducteurs en complément de leurs cours, recherches ou travaux, et dirigée par Kelly Washbourne. Lathey y aborde différents aspects et stratégies de traduction en littérature enfantine, et propose à la fin de chaque chapitre, conformément à la construction des ouvrages de la série, des sujets de discussion et des exercices thématiques, ainsi que des lectures théoriques pour approfondir chaque sujet d’étude. Le guide s’articule autour d’une double trame constituée de sept chapitres traitant respectivement de la communication narrative avec le jeune lecteur (p. 15-36), de la rencontre avec « l’inconnu » (p. 37-54), des images (p. 55-70), des dialogues et des dialectes (p. 71-92), des sons (p. 93-112), des versions, de la retraduction et de la traduction-relais (113-126), et enfin de l’édition, de la mondialisation et du lectorat enfantin (p. 127-144). Les chapitres sont recoupés de grandes thématiques transversales : le discours, l’étranger, le rapport entre texte et images, la traduction en tant que projet, le rôle du traducteur et la réponse d’un jeune public rien moins qu’actif dans sa réception de l’oeuvre traduite et parfois dans sa participation à la traduction. Le discours est le premier grand fil conducteur de l’ouvrage, la communication narrative présentant plusieurs défis de taille : la nécessité de s’adresser à la fois aux lecteurs enfants et adultes dans la version cible si cette dualité discursive est présente dans l’original, la quête de la « voix narrative » juste, permettant de préserver la proximité avec la langue orale ou la richesse de l’ironie et de la connivence sous-entendues et la narration enfantine, défi que le traducteur surmontera en nourrissant sa propre culture en matière de littérature enfantine, et au contact d’enfants de l’âge du narrateur. L’altération du discours par la censure au moment de la traduction ne concerne pas que les histoires émaillées de détails violents ou scatologiques comme les contes des frères Grimm, cette tentation persiste dès que les tabous et les sensibilités culturelles sont différents (p. 27). Les dialogues, dialectes, l’argot et le parler enfantin sont abordés en détail dans le chapitre 4. La traduction vers l’arabe ou l’hébreu soulève par exemple des problématiques comparables par l’existence d’une langue classique, de variantes de la langue parlée et d’une résistance historique à la vernacularisation, illustrée par la polémique autour de l’utilisation de l’« e-arabe » (Daoudi, 2011) dans le roman Banat Al Riyadh d’Al Sanea, et du choix des contraintes imposées aux traducteurs de Lindgren en hébreu (p. 73-74). Si l’argot mérite le respect de son contexte historique et de son origine sociale tout autant que le parler courant, comment rendre sa provenance géographique en traduction ? Lathey évoque entre autres les défis de la traduction de l’argot berlinois des années 1920 d’« Émile et les détectives » de Kästner en comparant trois versions de la traduction vers l’anglais d’un court extrait du roman (p. 77) : la version de Goldsmith (1931), caractérisée par un changement de registre langagier, celle de Massee (1930), la plus fidèle à l’original, et celle de Martin (2014), qui prend l’initiative de remplacer le parler enfantin du Berlin des années 1920 par celui des enfants américains d’aujourd’hui. La juste stratégie se décide au cas par cas, le sens de l’oeuvre et la sensibilité du traducteur faisant loi. Si le « verlan » français de Kiffe Kiffe demain (Guène, 2004), traduit par Ardizzone, est remplacé dans sa version anglaise par l’argot du sud de Londres avec l’aide de « slang advisors » (p. 82), Bell choisit quant à elle …

Appendices